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01/06/2007

Afrique

« Garantir aux Africains qu'ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail »

Dans son discours de Lille du 14 décembre 2006, François Bayrou évoque l’Afrique comme l’un des quatre grands sujets de politique internationale qui devront exiger du courage de la part des gouvernants, avec le Proche et le Moyen-Orient, le climat et la biodiversité et, naturellement, l’idéal européen.

« L’Afrique devrait être notre tourment. Pas seulement le tourment des plus généreux. Mais aussi le tourment des moins généreux. Ceux que l’ immigration tracasse et tourmente, ceux qui voient sans cesse un risque de déstabilisation pour la Nation.

En matière d’immigration, je ne crois pas aux murailles. Evidemment il faut prendre toutes les décisions du contrôle et de la régulation, conduire toutes les politiques de surveillance nécessaires. Il faut les prendre davantage encore au niveau européen qu’au niveau national.

Mais depuis que le monde est monde, chaque fois que les plus pauvres campent aux portes des plus riches, chaque fois la même mécanique se met en route : les pauvres, à pied, à la nage, en payant des passeurs, en rampant s’il le faut, les pauvres s’en vont chez les riches pour y trouver la subsistance de leur pauvre vie.

Tant que vous aurez les vingt pays les plus pauvres de la planète maintenus dans leur dénuement, à quelques centaines de kilomètres des dix pays les plus riches de la planète, vous aurez des vagues migratoires.

Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout.

C’est pourquoi la politique qui a été conduite, déversant sur l’Afrique des produits agricoles à prix bradés, artificiellement effondrés par des subventions américaines et européennes qui, par ailleurs, tendent à mettre nos agriculteurs européens et américains en situation de dépendance, ces politiques – il faut les appeler par leur nom - sont criminelles. Vous arrachez les paysans à leur terre, ils perdent en quelques mois dans des bidonvilles leurs repères, et leur savoir faire, et leur dignité d’hommes ! Cette politique est à la fois criminelle et suicidaire.

Une politique sérieuse doit avoir un but : que les Africains se voient garantir qu’ils pourront eux-mêmes nourrir et équiper l’Afrique, avec aide et protection internationale, comme les Européens l’ont fait, après la Guerre, en recevant l’aide du plan Marshall et la protection du marché commun. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006
Discours de Lille, 14 décembre 2006
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux", 11 février 2006

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