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25/06/2007

"Libéral ?" par Daniel Riot

Pourquoi l’aversion d’une majorité, dans l’opinion, pour le mot "libéral" ?

70ebc857b953eca8ffb37be8af8b0255.jpgL’un des « scandales » (un mot qu’adorait Marchais !) de la campagne référendaire française vient du fait que des esprits intelligents ont réussi à transformer le mot « libéral » en « gros mot », en insulte, en repoussoir. C’est aussi l’un des signes les plus inquiétants sur l’état des esprits dans nos démocraties en crise.

Je dis « crise », oui. Une crise économique et sociale, c’est évident. Une crise médiatique et politique : c’est un truisme de le dire. Une crise identitaire : c’est flagrant. Une crise de la pensée, surtout. Une crise qui naît de cette « défaite de la pensée » que Finkielkraut dénonçait voilà près de vingt ans. Une crise qui se traduit bien sûr dans le vocabulaire. Par des détournements sémantiques.

Le mot libéral notamment est complètement détourné de sa signification, des valeurs qu’il incarne, comme ses dérivés, libéralisation et libéralisme.

Sans doute les indispensables traductions accentuent-elles les difficultés... Les mots n’ont pas le même sens, ni la même valeur, d’une langue à l’autre, surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux, qu’à des réalités, des faits, des choses... Il n’est pas « honteux » de s’afficher « libéral » en Belgique, en Allemagne, en Italie. On connaît l’importance du Parti libéral au Canada... Au Parlement européen, il existe un groupe « libéral ». En France, l’étiquette politique « libéral » ne fait pas recette, sans doute pour des raisons historiques. Le mot a été caricaturé, ou détourné, à la fois par ceux qui s’en sont réclamé et par ceux qui l’ont diabolisé.

Piégés, les mots ! A prendre « comme les ailes d’une mouche », redirait Pascal Guignard.

Les difficultés sont aggravées aussi par la confusion des genres : on confond trop volontiers libéralisme politique, libéralisme moral et libéralisme économique. Les trois expressions ont des racines communes, mais elles ne sont pas synonymes. Qui plus est, en France surtout, on leur donne souvent des significations qu’elles n’ont pas.

Le libéralisme moral se fonde sur les vertus de la tolérance : ce qui ne veut pas dire qu’il se traduise par un laxisme sans borne. La tolérance suppose les limites du tolérable. Le fais ce que voudras de l’abbaye de Thélème du bon Rabelais s’arrête au respect de la liberté des autres. L’Homme est un animal social. En cela, le libéralisme n’est pas l’individualisme. « L’humain est un être qui n’est pas a priori indépendant ; il est un être social, intégré dans cette société, et c’est ce caractère social qui est le moteur naturel de l’interaction humaine et de la coopération volontaire. », comme l’écrit Hayek dans Vrai et faux individualisme. Le libéralisme est un humanisme, voire un personnalisme.

Le libéralisme politique n’est pas non plus la loi de la jungle et du plus fort. Avec dépérissement de l’Etat ? John RAWL, par exemple, n’est pas assez lu. Il n’y a pas de libéralisme politique sans droit et sans état de droit. Car c’est le droit qui donne du sens aux valeurs qui fondent le « vivre ensemble ». Or, qui dit droit dit structures, et procédures d’arbitrage, et moyens de les imposer.

Le libéralisme économique est plus difficile à définir, puisqu’il a inspiré des doctrines différentes. Entre sa version classique, qui s’est constituée en théorie aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous l’influence des philosophes des Lumières, principalement britanniques (John Locke, David Hume, Adam Smith) et français (Turgot, Condillac, Montesquieu), et sa version dite de l’école de Chicago, de Milton Friedman, en passant par l’utilitarisme de Bentham ou par les adeptes du « darwinisme social », qui déformaient déjà, à leur manière, le mot libéral.

Par paresse, on réduit le libéralisme économique aux convictions de l’Ecossais Adam Smith qui, en 1776, dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, voulait que tout se passât comme si une « main invisible » organisait les échanges et harmonisait les intérêts individuels et collectifs, ou aux idées de David Ricardo qui, dans Des principes de l’économie politique et de l’impôt, (1817), avancera sa célèbre théorie du libre-échange mutuellement avantageux (théorie des avantages comparatifs) pour tous les pays participant au commerce international.

Mais on oublie une chose essentielle : les règles d’or du libre marché définies par les pères du libéralisme ne se réduisent pas à la suppression des entraves en tous genres. Le « laisser-faire laisser-passer » n’est pas laisser faire et passer n’importe quoi n’importe comment. Ces règles d’or sont de vraies règles du jeu : transparence du marché, bonne information des acteurs, égalité des chances, obligation du meilleur rapport qualité-prix, absence de situation dominante donc monopolistique.

Plus précisément, en termes plus théoriques, ces règles du jeu prennent soin de garantir :

L’atomicité des agents : aucun d’entre eux n’est assez important pour influencer le marché par son seul comportement. Ceci suppose non seulement un nombre élevé d’offreurs ou de demandeurs, mais surtout l’absence, parmi eux, d’un « gros » agent capable d’agir sur le marché

La rationalité des agents : chacun d’entre eux est caractérisé par une « fonction de satisfaction » qui exprime sa satisfaction en fonction des quantités de chaque bien qu’il possède, et son comportement consiste à chercher à maximiser cette fonction

L’homogénéité du produit : seul le prix permet de distinguer les produits qui ont tous des caractéristiques identiques

La transparence du marché : tous les prix sont connus de tous, ainsi que toutes les quantités disponibles : l’information est supposée parfaite

La libre entrée sur le marché : seul le prix décide les agents à entrer sur le marché et aucune autre barrière juridique (brevet), technique (savoir-faire) ou économique (capitaux) ne s’y oppose

La mobilité des facteurs : en fonction du prix qui rémunère chaque facteur, les agents peuvent réorienter leurs capitaux ou leur travail vers les secteurs ou les activités les plus rémunérateurs.

Cela n’entraîne évidemment pas la suppression de l’Etat, de pouvoirs d’arbitrages, de forces de stimulation. La dénonciation de l’étatisme n’est pas la négation de l’Etat. Dans notre pays centralisé, caractérisé par un « césaro-républicanisme », comme le dit Legendre, les vieux débats sur « moins d’Etat ou plus d’Etat » devraient depuis longtemps être dépassés par une question : comment faire un « mieux Etat », selon la formule d’Edgar Pisani.

Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un « déficit de culture économique et politique » : libéralisme, capitalisme, libre-échangisme...

Le premier congrès de la « Gauche européenne », qui vient de se terminer par une « Déclaration d’Athènes », généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations, illustre trop bien ces détournements de sens, ce kidnapping des réalités, et les fuites qu’ils trahissent...

Ce qui est nommé politiques néo-libérales et néo-libéralisme désigne en fait l’ hyper-capitalisme, ce « capitalisme financier et prédateur » qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, ni dans les traditions socialistes, humanistes, personnalistes, qui ont fait ce que « l’Europe » a de meilleur en elle.

Nous ne le disons pas assez ; Les États-Unis, par exemple, ne sont pas une puissance libérale, mais un empire capitaliste. Les néo-conservateurs de Londres, de Chicago et d’ailleurs, ne sont pas des libéraux mais des... conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes : la Chine l’illustre trop bien.

L’autre confusion bien entretenue en France vient du fait qu’on considère le mot libéral comme un synonyme de conservateur. Pourtant, même Hayek, penseur libéral, traçait radicalement la différence entre les libéraux et les conservateurs : le libéral ne croit pas aux solutions collectivistes, totalitaires, pas plus de « droite » que de « gauche ». « Le libéral n’impose tout simplement pas ses valeurs aux autres ».

Dans cette perspective, l’hyper-capitalisme qui accroît les inégalités et voit la finance devenir une fin en sois et non un moyen, cet « économisme », comme le dit Jean-Claude GUILLEBAUD, qui fait que l’Homme lui-même est « marchandisé », est anti-libéral. La société actuelle « d’individualisme possessif de masse » n’est pas libérale.

Il est temps de réapprendre que le mot libéral se rapporte à la liberté et aux libertés.

Liberté : un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter ? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la liberté est un combat incessant, et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer. Que l’on se situe à droite, à gauche ou au centre.

Si « J’écris ton nom : LIBERTÉ », comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots « libéral » ou « libéralisme » ? Si les mots sont piégés, c’est la plupart du temps parce que, par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux « doxa » à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages...

Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit, un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux, tous les ennemis de la liberté et des libertés, de droite et de gauche.

L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement individuel et solidarité collective.

Que la géo-finance internationale et cette « économie casino », favorisées par les nouvelles technologies, une « globalisation » mal maîtrisée et une mondialisation... insuffisante, portent atteinte à ces mariages de la liberté et de la solidarité, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’est une évidence.

Que les « maîtres du monde » (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que l’Homme doit rester -ou être mis- au centre de toute activité, c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux, pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs, et pour placer l’Homme au coeur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.

Mais la diabolisation du mot libéral et la mode de l’anti-libéralisme trahissent en fait des peurs et des refus. J’en retiens trois, qui sont souvent tus :

1) Une peur de la LIBERTE, associée à la RESPONSABILITE. C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation, qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui ne devienne pas synonyme de régression.

2) Une peur de l’économie de marché, une méfiance devant cette économie de marché qui, dans une partie de l’opinion (de récents sondages le confirment), est plus subie qu’applaudie, qu’on accepte avec résignation plus qu’avec conviction.

3) Pire, peut-être, la caricature du mot libéral, en France plus qu’ailleurs, traduit un refus de la démocratie pluraliste. Le philosophe Pierre Legendre a raison de souligner que nous n’avons pas assez approfondi la question de « ceux qui démocratiquement renoncent à la démocratie ». Comme il a raison de dire qu’Hitler a été vaincu par les armes, et non par les arguments. Comme ont raison ceux qui, tel Alain Besançon, soulignent que les mirages des fausses démocraties, dites, faussement, populaires, restent dans bien des têtes qui se rassurent à peu de frais en estimant que le communisme d’Etat né du stalino-impérialisme soviétique n’est qu’un détournement d’idéal. Il suffit de voir, cette semaine, la levée de boucliers déclenchée par l’initiative du Conseil de l’Europe, qui veut enfin condamner les crimes commis au nom du communisme.

Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du mot liberté, sont en fait le reflet d’un détournement du regard : ce sont les réalités qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire, qui nourrit la pensée idéologique, et le réel. Ce réel, on peut le changer en bien, grâce à des idéaux et à des idées qui partent des réalités, et ne les nient point. C’est sans doute à gauche, aujourd’hui, qu’il importe de réhabiliter le plus le mot libéral.

Je finirai en citant John Kenneth Galbraith, économiste, auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004. « La philosophie libérale est profondément humaniste et optimiste, elle croit au potentiel de l’individu et aux bienfaits de la conjonction des actions humaines [...] Le libéralisme est l’antithèse de l’impérialisme, c’est l’humilité de se dire qu’on n’est pas parfait, et qu’on n’a pas à imposer ses valeurs, même celles qui ont trait à la démocratie, aux autres [...] La philosophie libérale est aussi essentiellement créatrice, axée vers l’avenir. » Autant dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, si tant est que ces distinctions aient encore un sens aujourd’hui, alors que les vraies frontières séparent aujourd’hui ceux qui ont confiance en l’Homme et ceux qui fondent leur comportement sur la méfiance, ceux qui ont un esprit d’ouverture et ceux qui un esprit de fermeture, ceux qui pensent que l’Homme est authentiquement une personne, avec tout ce que cela implique. Mais nous entrons là dans un autre débat.

Daniel RIOT
janvier 2006

Extrait d’une conférence donnée dans les Tribunes et Débats de L’UNGE Péchine Alysé, Paris (12e)

[source]

Liens :
relatio, l'Europe en revue

19:05 Publié dans A la Une, Libéralisme et démocratie, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : libéralisme, politique | | |  Facebook |

Commentaires

"La libre entrée sur le marché : seul le prix décide les agents à entrer sur le marché et aucune autre barrière juridique (brevet), technique (savoir-faire) ou économique (capitaux) ne s’y oppose"
Curieuse règle :
- pas de capital minimum pour les Banques et assurances ?
- pas de brevet pour les médicaments ou produits alimentaires ?
- pas de savoir-faire requis pour réparer une voiture, opérer un patient ?
Au delà des réglementations nécessaires qui entrent en contradiction avec cette règle 'surprenante', se pose aussi une autre question plus épineuse : celle des droits de douane pour les produits provenant de pays aux normes sociales inférieures, ce qui nous renvoie à notre tour à celui des subventions directes ou indirectes.
Cet énoncé des règles d'or du libéralisme montre quelles en sont les limites et combien une économie libérale ne peut constituer seule le support d'une société politique, de même qu'une société libérale et une politique libérale sont insuffisants à prendre en compte l'ensemble des aspects d'une société car la gestion du collectif, et de l'interaction du collectif et de l'individuel sont des dimensions aussi importantes que celles des libertés et droits individuels, même bien compris
Cordialement
Christophe Hénocq

Écrit par : Hénocq Christophe | 28/06/2007

@ Hénocq Christophe

Vous faites deux confusions :

Sur la première, l’auteur de l’article n’en est pas non plus exempt.

Les cinq critères énoncés présentent un modèle micro-économique théorique de Concurrence Pure et Parfaite (CPP) permettant d’équilibrer un marché uniquement par les prix. Ce modèle permet d’atteindre l’optimum dit de Pareto, c’est à dire la situation d’équilibre entre les agents économiques dans laquelle on ne peut plus améliorer la situation d’un des agents sans nuire à celle de l’autre. Ce potentiel d’optimisation idéale des satisfactions des agents économiques fait dire aux économistes libéraux que ce modèle théorique doit être recherché dans la réalité, avec ou sans intervention de l’Etat selon les écoles (néoclassique/classique).

Concernant la libre entrée sur le marché, le critère est plus formel : il s’agit de rendre un marché contestable et de le maintenir tel. Lorsque vous parlez de qualité de service, savoir-faire, de normes sanitaires ou alimentaires, de garanties financières, vous touchez au critère d’homogénéité des produits et non de libre entrée des agents.

La deuxième confusion tient à la fois du sophisme et du paradoxe : constatant les limites de l’économie libérale que vous étendez à la société libérale, vous concluez à la supériorité d’une économie non-libérale, ce qui ne constitue pas le commencement d’une preuve. Le paradoxe fréquent consiste à imputer les désordres économiques présents au libéralisme, alors même que les conditions de celui-ci sont empêchées.

Maintenant, qu’une concurrence pure et parfaite créée un marché idéal ne signifie pas pour autant que tout soit marchand.

Amicalement,
buildfreedom75@yahoo.fr

Écrit par : buildfreedom | 02/07/2007

Bonjour,
à votre tour de faire plusieurs confusions. Je ne conclue absolument pas à la supériorité d'une société non libérale, et je n'évoque pas davantage un désordre quelconque, je vous invite à relire ce que j'ai écrit.
Je fais la même distinction que l'auteur entre économie libérale, politique libérale et société libérale. Dans les 3 cas, j'affirme, effectivement sans le démontrer car celà serait long et complexe ".. sont insuffisants à prendre en compte l'ensemble des aspects d'une société car la gestion du collectif, et de l'interaction du collectif et de l'individuel ... "
La présentation de la 'Concurrence Pure et Parfaite' placée face à la réalité, à la complexité d'une société, et à un peu de bon sens est suffisament parlante de ce point de vue
Cordialement

Écrit par : Christophe Hénocq | 02/07/2007

@ Christophe Hénocq

Diable, je ne vous ai pas fait conclure à la supériorité d'une société non libérale, mais d'une économie non libérale.

Or, je le redis, le modèle économique de Concurrence Pure et Parfaite n'est qu'un outil théorique qui permet d'évaluer les marchés à l'échelle micro-économique. S'il peut être approché par les marchés financiers et ceux de certaines matières premières, pour le reste, c'est une fiction, notamment parce que c'est un modèle statique.

L’un des mérites essentiel de la concurrence, définie par la liberté d’entrer sur un marché, c’est qu’elle incite les producteurs à innover pour mieux répondre aux besoins du marché. Et si la liberté existe sur le marché, le producteur qui aura bien perçu les besoins du marché sera récompensé par un profit. Le profit est la rémunération de la prise de risque, de l’innovation. Il ne peut donc se comprendre que dans une perspective dynamique. L’erreur traditionnelle consiste pourtant à avoir une vision statique de la concurrence alors que la concurrence ne peut se comprendre que comme un processus qui se déroule dans le temps, dans une situation d’incertitude et non pas d’information parfaite. Et lorsqu’il faut "inventer le futur", celui qui invente bien le futur en est récompensé par un profit. On peut dire de ce point de vue que tout le mérite de la concurrence conçue comme un processus d’incitation à l’innovation réside dans le fait qu’elle est un élément d’incitation pour les producteurs. Il s’agit de faire mieux que les autres c’est à dire, à un moment donné, d’être les premiers à proposer un produit, ou proposer un produit à un prix beaucoup plus bas. Et par hypothèse, l’innovateur, au début tout au moins, a 100% de part de marché. Tout le mérite de la concurrence est donc d’inciter à avoir des positions de "monopole" temporaires et menacées, dans la mesure où la concurrence existe et où d’autres producteurs peuvent essayer de devenir les meilleurs.

Ca, c'est la réalité dynamique de l'économie libérale.

J'avoue ne pas comprendre en quoi la CPP la condamne pour autant, si ce n'est votre interprétation réductrice.

De même, je ne vois pas en quoi la critique, eut-elle été fondée, de l'économie libérale justifierait de facto la même condamnation d'une politique ou d'une société libérale. Comme je vous le disais, tout n'est pas marchand dans une société libérale. J'ai peur que vous ayiez à développer le "long et complexe" pour convaincre...

Amicalement,

Écrit par : buildfreedom | 12/07/2007

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