30.06.2007
Université d'été ADLE "Différentes formes de politiques Libérales & Démocrates en Europe"
Dates de l'événement : 04/07/07 au 05/07/07
Lieu : 4 juillet - salle ASP 5G3, 5 juillet 09:00-12:00 (salle A1E201 & A1E1), 12:00-13:00 (salle ASP5G3), Parlement européen, Bruxelles
L'Université d'Eté Européenne "Différentes facettes des politiques Libérales et Démocrates" est un évènement qui devrait réunir de jeunes libéraux et démocrates de toute l'Europe.
Cette première édition de l'Université d'Eté Européenne devrait devenir un évènement clé rassemblant des jeunes leaders politiques. Elle promouvra une coopération inter-parti entre Le Parti Européen des Libéraux, Démocrates et Réformateurs (ELDR) et le Parti Démocrate Européen (PDE). L'ADLE, en partenariat avec LYMEC (Jeunesse Libérale Européenne) et le PDE Jeunesse, organisera cet évènement qui se concentrera sur les différentes approches de la pensée libérale et démocrate en Europe.
Pour plus d'informations : Vanden Broucke Willem - Tél: +32 2 284 43 80
10:30 Publié dans Stratégie économique et européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, université d'été, ALDE, ADLE
29.06.2007
Big Brother Airlines, welcome on board...
Les fonctionnaires de l'Union européenne et des Etats-Unis sont parvenus hier à un accord sur le transfert des données à caractère personnel des citoyens de l'UE voyageant en avion vers les Etats-Unis (Transfert des données personnelles des dossiers passagers, Passenger Name Records (PNR)). Ils ont également conclu un accord sur les conditions dans lesquelles le département du trésor des Etats-Unis peut vérifier les données des citoyens européens par l'intermédiaire du réseau SWIFT.
En réaction à l'état des négociations, Sophie IN'T VELD (D66, Pays-Bas), rapporteur du Parlement européen pour le dossier sur l'accord PNR, est très préoccupée quant à la menace sur la vie privée des Européens que constitue cet accord PNR : "L'accord PNR est purement et simplement mauvais. Les occasions permettant l'utilisation des données personnelles ne sont pas suffisamment définies. De plus, les données sont utilisées non seulement dans le cadre d'enquêtes mais également pour les exploiter via un système informatique automatisé à des fins de profilage d'individus ".
"En outre, les autorités des Etats-Unis peuvent stocker les données pendant plus de15 ans (3 ans et demi dans l'accord actuel), elles pourront se connecter directement sur les systèmes de réservation européens et les Etats-Unis peuvent renoncer à l'accord unilatéralement." L'accord conclu hier doit remplacer un accord provisoire déjà trés contestable en vigueur depuis octobre 2006.
Sophie In't Veld est moins critique quant à l'accord SWIFT : "L'objectif est strictement limité à la lutte contre le terrorisme, les données ne seront pas utilisées pour dresser des profils, la période de conservation est plus courte et le contrôle de conformité est légèrement meilleur. De toute manière, les parlements nationaux n'ont aucun autre choix que d'approuver."
"Il reste inacceptable qu'un accord si sensible ait été traité comme une simple formalité administrative négociée par des fonctionnaires sans discussion avec le Parlement européen, ni même avec les Parlements nationaux."
Alexander Alvaro MEP (FDP, Allemagne), auteur d'un rapport parlementaire sur les transactions financières internationales, a également considéré que l'accord SWIFT est "largement acceptable".
"C'est un accord équilibré avec des contraintes fortes sur les conditions dans lesquelles les données sensibles pourraient être transmises aux autorités non directement en charge de la lutte contre le terrorisme. Il prévoit également une surveillance accrue et un auditeur externe pour s'assurer d'une mise en oeuvre correcte."
PNR et SWIFT ne sont que les parties immergées de l'iceberg; chaque mesure individuelle est non seulement une atteinte à la vie privée mais leur effet cumulé fait que les pouvoirs publics disposent désormais d'un accès quasi illimité à un large éventail de données, avec Google, @mail, les données contenues dans les cartes de crédit, celles connues des compagnies d'assurance, celles figurant dans les dossiers médicaux, etc...
"Chacun devrait davantage s'inquiéter de toutes ces informations que les autorités recueillent sur tous. Depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis d'Amérique, la liste des personnes surveillées à leur insu ne cesse de croître des listes de quelques milliers à désormais presqu'un demi-million d'individus. C'est une surveillance indue qui exige un débat public, " a conclu Sophie In't Veld.
10:15 Publié dans Libéralisme et démocratie, Stratégie économique et européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, droits de l'homme, états-unis
25.06.2007
"Libéral ?" par Daniel Riot
L’un des « scandales » (un mot qu’adorait Marchais !) de la campagne référendaire française vient du fait que des esprits intelligents ont réussi à transformer le mot « libéral » en « gros mot », en insulte, en repoussoir. C’est aussi l’un des signes les plus inquiétants sur l’état des esprits dans nos démocraties en crise.
Je dis « crise », oui. Une crise économique et sociale, c’est évident. Une crise médiatique et politique : c’est un truisme de le dire. Une crise identitaire : c’est flagrant. Une crise de la pensée, surtout. Une crise qui naît de cette « défaite de la pensée » que Finkielkraut dénonçait voilà près de vingt ans. Une crise qui se traduit bien sûr dans le vocabulaire. Par des détournements sémantiques.
Le mot libéral notamment est complètement détourné de sa signification, des valeurs qu’il incarne, comme ses dérivés, libéralisation et libéralisme.
Sans doute les indispensables traductions accentuent-elles les difficultés... Les mots n’ont pas le même sens, ni la même valeur, d’une langue à l’autre, surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux, qu’à des réalités, des faits, des choses... Il n’est pas « honteux » de s’afficher « libéral » en Belgique, en Allemagne, en Italie. On connaît l’importance du Parti libéral au Canada... Au Parlement européen, il existe un groupe « libéral ». En France, l’étiquette politique « libéral » ne fait pas recette, sans doute pour des raisons historiques. Le mot a été caricaturé, ou détourné, à la fois par ceux qui s’en sont réclamé et par ceux qui l’ont diabolisé.
Piégés, les mots ! A prendre « comme les ailes d’une mouche », redirait Pascal Guignard.
Les difficultés sont aggravées aussi par la confusion des genres : on confond trop volontiers libéralisme politique, libéralisme moral et libéralisme économique. Les trois expressions ont des racines communes, mais elles ne sont pas synonymes. Qui plus est, en France surtout, on leur donne souvent des significations qu’elles n’ont pas.
Le libéralisme moral se fonde sur les vertus de la tolérance : ce qui ne veut pas dire qu’il se traduise par un laxisme sans borne. La tolérance suppose les limites du tolérable. Le fais ce que voudras de l’abbaye de Thélème du bon Rabelais s’arrête au respect de la liberté des autres. L’Homme est un animal social. En cela, le libéralisme n’est pas l’individualisme. « L’humain est un être qui n’est pas a priori indépendant ; il est un être social, intégré dans cette société, et c’est ce caractère social qui est le moteur naturel de l’interaction humaine et de la coopération volontaire. », comme l’écrit Hayek dans Vrai et faux individualisme. Le libéralisme est un humanisme, voire un personnalisme.
Le libéralisme politique n’est pas non plus la loi de la jungle et du plus fort. Avec dépérissement de l’Etat ? John RAWL, par exemple, n’est pas assez lu. Il n’y a pas de libéralisme politique sans droit et sans état de droit. Car c’est le droit qui donne du sens aux valeurs qui fondent le « vivre ensemble ». Or, qui dit droit dit structures, et procédures d’arbitrage, et moyens de les imposer.
Le libéralisme économique est plus difficile à définir, puisqu’il a inspiré des doctrines différentes. Entre sa version classique, qui s’est constituée en théorie aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous l’influence des philosophes des Lumières, principalement britanniques (John Locke, David Hume, Adam Smith) et français (Turgot, Condillac, Montesquieu), et sa version dite de l’école de Chicago, de Milton Friedman, en passant par l’utilitarisme de Bentham ou par les adeptes du « darwinisme social », qui déformaient déjà, à leur manière, le mot libéral.
Par paresse, on réduit le libéralisme économique aux convictions de l’Ecossais Adam Smith qui, en 1776, dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, voulait que tout se passât comme si une « main invisible » organisait les échanges et harmonisait les intérêts individuels et collectifs, ou aux idées de David Ricardo qui, dans Des principes de l’économie politique et de l’impôt, (1817), avancera sa célèbre théorie du libre-échange mutuellement avantageux (théorie des avantages comparatifs) pour tous les pays participant au commerce international.
Mais on oublie une chose essentielle : les règles d’or du libre marché définies par les pères du libéralisme ne se réduisent pas à la suppression des entraves en tous genres. Le « laisser-faire laisser-passer » n’est pas laisser faire et passer n’importe quoi n’importe comment. Ces règles d’or sont de vraies règles du jeu : transparence du marché, bonne information des acteurs, égalité des chances, obligation du meilleur rapport qualité-prix, absence de situation dominante donc monopolistique.
Plus précisément, en termes plus théoriques, ces règles du jeu prennent soin de garantir :
L’atomicité des agents : aucun d’entre eux n’est assez important pour influencer le marché par son seul comportement. Ceci suppose non seulement un nombre élevé d’offreurs ou de demandeurs, mais surtout l’absence, parmi eux, d’un « gros » agent capable d’agir sur le marché
La rationalité des agents : chacun d’entre eux est caractérisé par une « fonction de satisfaction » qui exprime sa satisfaction en fonction des quantités de chaque bien qu’il possède, et son comportement consiste à chercher à maximiser cette fonction
L’homogénéité du produit : seul le prix permet de distinguer les produits qui ont tous des caractéristiques identiques
La transparence du marché : tous les prix sont connus de tous, ainsi que toutes les quantités disponibles : l’information est supposée parfaite
La libre entrée sur le marché : seul le prix décide les agents à entrer sur le marché et aucune autre barrière juridique (brevet), technique (savoir-faire) ou économique (capitaux) ne s’y oppose
La mobilité des facteurs : en fonction du prix qui rémunère chaque facteur, les agents peuvent réorienter leurs capitaux ou leur travail vers les secteurs ou les activités les plus rémunérateurs.
Cela n’entraîne évidemment pas la suppression de l’Etat, de pouvoirs d’arbitrages, de forces de stimulation. La dénonciation de l’étatisme n’est pas la négation de l’Etat. Dans notre pays centralisé, caractérisé par un « césaro-républicanisme », comme le dit Legendre, les vieux débats sur « moins d’Etat ou plus d’Etat » devraient depuis longtemps être dépassés par une question : comment faire un « mieux Etat », selon la formule d’Edgar Pisani.
Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un « déficit de culture économique et politique » : libéralisme, capitalisme, libre-échangisme...
Le premier congrès de la « Gauche européenne », qui vient de se terminer par une « Déclaration d’Athènes », généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations, illustre trop bien ces détournements de sens, ce kidnapping des réalités, et les fuites qu’ils trahissent...
Ce qui est nommé politiques néo-libérales et néo-libéralisme désigne en fait l’ hyper-capitalisme, ce « capitalisme financier et prédateur » qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, ni dans les traditions socialistes, humanistes, personnalistes, qui ont fait ce que « l’Europe » a de meilleur en elle.
Nous ne le disons pas assez ; Les États-Unis, par exemple, ne sont pas une puissance libérale, mais un empire capitaliste. Les néo-conservateurs de Londres, de Chicago et d’ailleurs, ne sont pas des libéraux mais des... conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes : la Chine l’illustre trop bien.
L’autre confusion bien entretenue en France vient du fait qu’on considère le mot libéral comme un synonyme de conservateur. Pourtant, même Hayek, penseur libéral, traçait radicalement la différence entre les libéraux et les conservateurs : le libéral ne croit pas aux solutions collectivistes, totalitaires, pas plus de « droite » que de « gauche ». « Le libéral n’impose tout simplement pas ses valeurs aux autres ».
Dans cette perspective, l’hyper-capitalisme qui accroît les inégalités et voit la finance devenir une fin en sois et non un moyen, cet « économisme », comme le dit Jean-Claude GUILLEBAUD, qui fait que l’Homme lui-même est « marchandisé », est anti-libéral. La société actuelle « d’individualisme possessif de masse » n’est pas libérale.
Il est temps de réapprendre que le mot libéral se rapporte à la liberté et aux libertés.
Liberté : un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter ? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la liberté est un combat incessant, et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer. Que l’on se situe à droite, à gauche ou au centre.
Si « J’écris ton nom : LIBERTÉ », comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots « libéral » ou « libéralisme » ? Si les mots sont piégés, c’est la plupart du temps parce que, par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux « doxa » à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages...
Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit, un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux, tous les ennemis de la liberté et des libertés, de droite et de gauche.
L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement individuel et solidarité collective.
Que la géo-finance internationale et cette « économie casino », favorisées par les nouvelles technologies, une « globalisation » mal maîtrisée et une mondialisation... insuffisante, portent atteinte à ces mariages de la liberté et de la solidarité, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’est une évidence.
Que les « maîtres du monde » (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que l’Homme doit rester -ou être mis- au centre de toute activité, c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux, pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs, et pour placer l’Homme au coeur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.
Mais la diabolisation du mot libéral et la mode de l’anti-libéralisme trahissent en fait des peurs et des refus. J’en retiens trois, qui sont souvent tus :
1) Une peur de la LIBERTE, associée à la RESPONSABILITE. C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation, qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui ne devienne pas synonyme de régression.
2) Une peur de l’économie de marché, une méfiance devant cette économie de marché qui, dans une partie de l’opinion (de récents sondages le confirment), est plus subie qu’applaudie, qu’on accepte avec résignation plus qu’avec conviction.
3) Pire, peut-être, la caricature du mot libéral, en France plus qu’ailleurs, traduit un refus de la démocratie pluraliste. Le philosophe Pierre Legendre a raison de souligner que nous n’avons pas assez approfondi la question de « ceux qui démocratiquement renoncent à la démocratie ». Comme il a raison de dire qu’Hitler a été vaincu par les armes, et non par les arguments. Comme ont raison ceux qui, tel Alain Besançon, soulignent que les mirages des fausses démocraties, dites, faussement, populaires, restent dans bien des têtes qui se rassurent à peu de frais en estimant que le communisme d’Etat né du stalino-impérialisme soviétique n’est qu’un détournement d’idéal. Il suffit de voir, cette semaine, la levée de boucliers déclenchée par l’initiative du Conseil de l’Europe, qui veut enfin condamner les crimes commis au nom du communisme.
Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du mot liberté, sont en fait le reflet d’un détournement du regard : ce sont les réalités qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire, qui nourrit la pensée idéologique, et le réel. Ce réel, on peut le changer en bien, grâce à des idéaux et à des idées qui partent des réalités, et ne les nient point. C’est sans doute à gauche, aujourd’hui, qu’il importe de réhabiliter le plus le mot libéral.
Je finirai en citant John Kenneth Galbraith, économiste, auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004. « La philosophie libérale est profondément humaniste et optimiste, elle croit au potentiel de l’individu et aux bienfaits de la conjonction des actions humaines [...] Le libéralisme est l’antithèse de l’impérialisme, c’est l’humilité de se dire qu’on n’est pas parfait, et qu’on n’a pas à imposer ses valeurs, même celles qui ont trait à la démocratie, aux autres [...] La philosophie libérale est aussi essentiellement créatrice, axée vers l’avenir. » Autant dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, si tant est que ces distinctions aient encore un sens aujourd’hui, alors que les vraies frontières séparent aujourd’hui ceux qui ont confiance en l’Homme et ceux qui fondent leur comportement sur la méfiance, ceux qui ont un esprit d’ouverture et ceux qui un esprit de fermeture, ceux qui pensent que l’Homme est authentiquement une personne, avec tout ce que cela implique. Mais nous entrons là dans un autre débat.
Daniel RIOT
janvier 2006
Extrait d’une conférence donnée dans les Tribunes et Débats de L’UNGE Péchine Alysé, Paris (12e)
[source]
Liens :
relatio, l'Europe en revue
19:05 Publié dans A la Une, Libéralisme et démocratie, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : libéralisme, politique
24.06.2007
Le Plan B... comme Bruxelles.
"Un accord a été trouvé à Bruxelles, qui sauve les apparences et permet de sortir de l'impasse où se trouvait l'Union européenne" juge François Bayrou dans un communiqué, "mais le prix à payer est lourd" : au lieu d'un "traité court, lisible, compréhensible par tous", "nous aurons une série d'amendements à des traités anciens qui rendent le texte une fois de plus illisible", au lieu d'"un traité simplifié, on aura un traité plus compliqué encore", déplore le président de l’UDF. Autre regret : "on devra attendre 2017" pour que le "mécanisme de décision soit complètement en place, et 2014, après les décisions très importantes de ces prochaines années, pour qu'il commence à peine à produire son effet". "Toutes les innovations du traité constitutionnel qui visaient à rendre l'Europe compréhensible par les citoyens et à lui donner de l'âme ont été abandonnées", déplore François Bayrou. Par exemple, le préambule sur les valeurs de l'Europe ou les symboles d'unité (drapeau, devise, hymne).
En revanche, il considère que "des dispositifs intéressants ont été sauvegardés" comme la présidence stable, le haut-représentant pour la politique étrangère. Il approuve également "l'affirmation de la solidarité en matière énergétique et de l'objectif de protection des citoyens européens". "On est sorti de l'ornière, mais en retardant pour une décennie ou en abandonnant" des "objectifs précieux et des progrès essentiels pour les citoyens européens", conclut François Bayrou.
Saluant l'accord sur l’ébauche d’un mandat pour la prochaine conférence intergouvernementale, Graham Watson (président des démocrates et des libéraux pour l’Europe au Parlement européen) a déclaré :
"Tout va se jouer dans le détail. C'est un pas en avant pour l'Europe mais une victoire pour personne."
"La difficulté d’arriver à un accord entre 27 pays souligne le besoin d’un Traité révisé."
"L’intégration européenne continuera a être guidée par les développements du monde extérieur plutôt que par un idéalisme interne."
"Nous devons créer une Union adaptée pour les objectifs et nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre."
Andrew Duff (LibDem ; Royaume-Uni), et porte-parole de l’ADLE pour les affaires constitutionnelles) a quant à lui déclaré :
"C'était un accord difficile à atteindre, et le Conseil, forcé de travailler à l'unanimité, s’est montré médiocre. La CIG, maintenant programmée pour débuter le mois prochain et sous le consentement du Parlement européen, devra faire mieux que les chefs de gouvernement afin d’aboutir à un meilleur traité pour une Union européenne plus forte et plus démocratique."
"Le grand choc de cette nuit était la détermination de Tony Blair à se retirer de la charte européenne des droits fondamentaux dont le seul but est de protéger le citoyen contre tout abus d’autorité de l'Union européenne."
"La dispense britannique de la charte représente juridiquement un vice de forme et est politiquement injustifiable. Le fait que le Royaume-Uni a un système de droit coutumier renforce plutôt le besoin de davantage de protection des droits de l'homme et de codification des principes de la démocratie sociale."
Liens :
Site de l'UDF
Site de l'ADLE
14:00 Publié dans Stratégie économique et européenne | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : europe, plan B, union européenne, ALDE, ADLE
23.06.2007
Les Echos à la tribune : le pluralisme, condition de la démocratie.
Une centaine de personnalités du monde économique et politique ont tenu à manifester leur « profond attachement à l'indépendance de ce titre et de son équipe rédactionnelle ». Parmi les signataires de la pétition de soutien aux Echos : François Bayrou, Marielle de Sarnez, Corinne Lepage, présidente de la formation Cap 21, adhérente au Modem mais aussi Jean Peyrelevade et l’économiste Christian Saint-Etienne qui ont fait partie de l’équipe de campagne de François Bayrou. Le groupe Pearson a annoncé sa volonté de vendre le titre et est actuellement en discussion avec le groupe LVMH, déjà propriétaire du quotidien économique La Tribune. François Bayrou a défendu, pendant la campagne, le pluralisme dans les Médias et leur indépendance par rapport aux pouvoirs économique et financier.
Liens :
La position de François Bayrou sur l'indépendance des médias
Le texte de la pétition parue dans le journal Les Echos du 22 juin 2007
La liste des premiers signataires
15:55 Publié dans Libéralisme et pluralisme, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pluralisme, media, presse
22.06.2007
Si Daniel Cohn-Bendit le dit...
Dans un entretien à l'hebdomadaire Télérama, Daniel Cohn-Bendit, député Verts européen, revenant sur la déroute électorale de son parti, confesse :
En 2002, vous dites : « Je n’ai pas réussi à m’ancrer dans la culture verte française »…
Un an plus tôt, j’avais écrit un texte sur la « troisième gauche verte ». C’est un texte prémonitoire sur l’impasse actuelle des Verts. Sur la manière dont ils auraient dû faire de la politique, ce qu’ils n’ont pas fait, parce qu’ils sont ancrés dans la culture gauchiste. Durant toute la campagne européenne de 1999, on a fait de moi un affreux libéral, parce que je me définissais comme « libéral libertaire ». Personne ne voulait comprendre ce que le libéralisme a apporté politiquement à la démocratie. On est dans une société contradictoire : on fête les écrits de Claude Lefort, de Castoriadis, de ces déconstructeurs du marxisme qui ont réinventé autour de la pensée de Hannah Arendt une idée de la liberté et de la démocratie, et à partir du moment où on appelle ça par son nom, le libéralisme politique, ça devient une horreur…
09:45 Publié dans Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, politique, verts, cohn-bendit
21.06.2007
La France présidente
Les institutions : obstacle à la démocratie ou conditions de la démocratie ?
Retour sur un slogan de campagne :
« La France présidente » est un slogan qui mérite qu’on s’y arrête. Non parce qu’il s’agirait de stigmatiser la mégalomanie de Ségolène Royal. Tout candidat à la présidence de la république possède à coup sûr un ego qui le distingue de ses concitoyens et personne ne saurait le lui reprocher. Il est heureux que même en démocratie, le régime par définition le plus égalitaire, les ambitieux trouvent un débouché institutionnel à leurs ambitions : tout le monde ne peut, ni ne veut, incarner la nation. Ce n’est pas non plus stricto sensu l’identification que ce slogan suppose entre la France et Ségolène Royal qui pose problème. De Gaulle lui-même s’identifiait jusque dans son nom à sa patrie. Non, ce qui choque et inquiète c’est l’abandon délétère à la mode de l’immédiateté dont ce slogan témoigne. En effet ce serait encore trop de dire que Ségolène Royal « se prend pour » Marianne ou Jeanne d’Arc. Car Marianne et Jeanne d’Arc sont des symboles. Ces deux figures, pour l’une historique et pour l’autre mythique, donnent à notre pays un contenu, une identité, qui impliquent une distance entre la réalité insaisissable de la France telle qu’elle est et sa représentation idéalisée dans ces deux figures. C’est dans cette distance que peut se déployer l’action politique. Le slogan de Ségolène Royal écrase au contraire toute forme de distance symbolique et court-circuite toute médiation politique. « La France présidente » c’est le triomphe de l’immédiateté et par là même la négation du processus politique par excellence qui impose le recours à un médiateur institutionnel.
Nous autres modernes, sommes impatients. Nous ne supportons pas d’être séparés des désirs que l’on fait naître en nous. La liberté, l’égalité, le bien-être matériel et spirituel sont des promesses que la « société » et ses représentants nous font mais qu’ils peinent à tenir. Nos désirs sont des ordres et les mots d’ordre de la démocratie formelle nous installent dans la position d’un enfant-roi auquel rien ne saurait résister, pour lequel tout serait possible, tout de suite. Un enfant capricieux (et ils le sont tous) tend la main vers les objets qui l’environne et trépigne à la moindre interdiction qu’on lui oppose. Mais ce même enfant se tournera finalement vers ses parents pour obtenir l’objet qu’il convoite et, lorsque l’éducation réussit, acceptera les interdits parentaux. Les parents jouent donc un rôle ambivalent à l’égard des désirs de l’enfant : ils sont à la fois un obstacle à leur réalisation et le moyen de leur accomplissement. Les parents s’interposent entre le désir de l’enfant et son objet. Ils le mettent à distance, le médiatisent pour, in fine, mieux le réaliser.
De même, ce sont les institutions qui rendent le monde viable, et toutes les institutions sont en un certain sens des médiations entre nous et nos désirs. Dans le domaine économique, il s’agit de l’argent. L’argent est fascinant parce qu’il est à la fois un moyen d’accès aux objets convoités (lorsque nous en avons) et un obstacle dans l’appropriation de ces mêmes objets (lorsque nous en manquons), il est une médiation nécessaire à la réalisation de nos désirs matériels les plus immédiats mais aussi un moyen de mettre ceux-ci à distance, de différer leur accomplissement. Dans le domaine politique, il s’agit des élus. Ce sont eux qui, serait-ce en notre nom et avec notre consentement, décident à notre place, et à ce titre ils nous donnent ou nous barrent l’accès au bien commun, selon le jugement que nous portons sur la qualité de leur action. Ségolène Royal semble rêver d’une politique sans élu comme d’autres ont pu rêver d’un monde sans argent. Mais dans les deux cas, il s’agit d’illusions dangereuses.
Au moment des campagnes électorales le peuple se réapproprie le pouvoir qu’il délègue le reste du temps aux élus. Le nouveau slogan de Ségolène Royal fait comme s’il était possible d’abolir cette délégation et de permettre au peuple entier de conserver l’exercice du pouvoir après l’élection : « La France présidente ». Au mieux, il s’agit d’un pieux mensonge, au pire du symptôme d’une complaisance à l’égard d’un ressentiment profond de notre pays à l’encontre de ses institutions et de ceux qui les incarnent qui ne laisse rien présager de bon.
Mais s’il ne s’agissait que d’un slogan il n’y aurait guère à s’inquiéter. Cependant, les jurys citoyens ou la démocratie participative ressortissent de même à une conception de la politique qui manifeste son impatience à l’égard de toutes les médiations. A cet égard, la photographie qu’utilise aujourd’hui Ségolène Royale sur ses tracts est remarquable. Sa chevelure ne se distingue pas du fond de l’image et l’on passe ainsi sans solution de continuité à son visage comme dans l’indistinction des origines le corps de la mère et celui de l’enfant ne font qu’un. La civilisation se constitue par le recours à des médiateurs. Le premier d’entre eux est bien sûr le père qui met à distance le désir de l’enfant tout en lui donnant une forme. A l’attachement primordial d’un enfant pour sa mère succède idéalement le désir objectal (adulte), informé par le désir du père. Ségolène Royal met en scène au plan politique cette sortie du monde « patriarcal » de la médiation. Mais sans médiation la France perdra sa substance, et agiter des drapeaux tricolores n’y changera rien. La France n’a pas de réalité tangible en dehors de ses institutions. Depuis les origines, l’Eglise, la royauté, la république ont médiatisé le rapport du peuple à lui-même, et lui ont ainsi épargné le double écueil de la tautologie et du narcissisme. Autrement dit ce sont ses institutions qui ont donné une forme, évolutive au cours de l’histoire, à notre pays.
On doit donc douter que la sortie du monde de la médiation soit une avancée. Il s’agit bien plutôt d’un régression de la civilisation au stade infantile, dont le moindre mal serait qu’elle ne soit que rhétorique.
[source]
04:50 Publié dans Libéralisme et institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Institutions, médiation, démocratie, participative
13.06.2007
La TVA sociale, fausse bonne idée ?
Quelques repères :
- 26 mars 2007, "LES GRANDS DEBATS DES ECHOS". Dans le cadre de la campagne présidentielle, François Bayrou répond aux questions d'acteurs économiques et sociaux. Extrait :
Jean-Christophe Wiart : Où en êtes-vous dans votre réflexion sur la TVA sociale ?"Je ne me risquerai pas à la proposer comme "la" solution miracle. J'ai autour de moi autant d'ardents défenseurs [Jean Arthuis, Christian St-Etienne, NDLR] que d'ardents adversaires [Charles De Courson, NDLR] de la TVA sociale. La concentration des charges sur le travail est néfaste. C'est le problème de nos sociétés qu'on appelle bismarckiennes, du nom du chancelier allemand qui a inventé cette répartition des charges. Cela rappelle le vieil impôt sur les portes et les fenêtres. On l'avait inventé car c'était facile. Mais on a commencé à voir les portes et les fenêtres se murer. Pourquoi ? Parce que, comme toujours, lorsque l'on concentre une taxe sur une seule base, celle-ci a tendance à s'échapper. Sur la TVA sociale, je veux être prudent. Nous avons déjà une TVA élevée.. Le transfert d'une partie des charges sociales sur la TVA, c'est au moins cinq points d'augmentation de la taxe. Même si l'on explique qu'elle ne pénalisera que les produits importés, qui ne s'en inquiéterait ? J'examine ce qui se passe en Allemagne, où la TVA vient d'augmenter de trois points, sans créer d'inflation. On peut imaginer d'autres pistes, mais aucune d'entre elles n'est évidente..."
- Un document instructif (et confidentiel) : Séance Publique, n°3/2007 - La réforme du financement de la protection sociale
02:05 Publié dans A la Une, Libéralisme et économie, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : TVA, sociale, taxe, charges, travail, consommation
11.06.2007
Législatives 2007, 1er tour : 7,61 %
Vos analyses et nos perspectives.
L'avis de Christophe Barbier (L'Express/LCI) et de Roland Cayrol (CSA/Cevipof) :
MoDem - C dans l'Air - 110607 - L'analyse de Barbier
envoyé par buildfreedom
Pierre Giacometti (IPSOS) fait part de ses réserves quant à la stratégie électorale de François Bayrou lorsque jaillit le raisonnement lumineux de Christophe Barbier, bientôt relayé par Roland Cayrol (CSA)...
20:40 Publié dans Scrutins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Elections, législatives, démocratie, majorité
La délégation du Parlement européen au Darfour sera conduite par Thierry CORNILLET
Le Parlement européen vient de décider l'envoi d'une mission au Darfour. Cette mission de quatre députés européens sera conduite par Thierry CORNILLET (UDF - Mouvement Démocrate, France), rapporteur permanent du Parlement européen pour l'Aide Humanitaire. Elle se déroulera début juillet dès que les autorisations nécessaires du gouvernement soudanais auront été accordées.
Cette mission sur le terrain se fera en liaison avec les services de la Commission européenne sur place, ceux du Programme Alimentaire Mondial (PAM) - après la rencontre qui vient d'avoir lieu avec la Directrice Exécutive du PAM, Mme SHEERAN - et des ONG concernées.
Le conflit entres forces régulières soudanaises, milices pro-gouvernementales et rebelles a fait au moins 400.000 morts et plus de deux millions et demi de réfugiés et de personnes déplacées au cours de ces trois dernières années. Face à ce drame humanitaire, le Parlement européen, dans une résolution adoptée en février dernier à l'initiative de l'ADLE, exhorte la communauté internationale à intervenir, et en tout premier lieu l'Union européenne, et soutient le projet de l'envoi d'une force de maintien de la paix au Darfour.
02:30 Publié dans Stratégie économique et européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


