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01/06/2007

CPE

« Le CPE est une fracture supplémentaire en France. »

François Bayrou s’est opposé au CPE, qui permettait de licencier un salarié sans justification. Il appelle à un contrat de travail simplifié et équilibré, à un financement public pour l’apprentissage de la vie en entreprise, et à une méthode de réforme fondée sur la concertation et le dialogue avec les partenaires sociaux.

«  Le CPE, contraire à tous nos engagements internationaux en matière de droit social, comportait deux points litigieux : le licenciement sans motif et la période d’essai de deux ans. Présenter comme un progrès que l’employeur puisse licencier sans la moindre explication, c’est perdre de vue les principes élémentaires de justice. Et si une réforme est injuste, elle est condamnée à échouer.

CNE et CPE concentrent toute la flexibilité et donc toute la précarité sur les plus fragiles : les plus jeunes et les plus petites entreprises. Une nouvelle fois, on a voulu séparer deux France : la France des plus protégés – la fonction publique, les grandes entreprises, les travailleurs à statut – et les "sans statut", ceux qui ne se défendront pas et qui vont devenir la variable d’ajustement des mouvements d’ emploi.
 
Si, au lieu de rechercher le passage en force, le gouvernement avait respecté la loi que cette majorité a voté le 4 mai 2004 - la loi Fillon - qui imposait la consultation des partenaires sociaux avant toute décision, on aurait évité bien des erreurs !
 
Pour aider les jeunes à entrer dans l’emploi, il faut une politique de formation et non de précarité. Arrêtons de multiplier les contrats, qui sont si nombreux aujourd’hui qu’aucun expert n’est capable de les citer tous : il faut un droit du travail simplifié, respectueux de nos principes et compréhensible par tous. Je propose donc un CDI universel à droits progressifs.
 
Et, pour les jeunes sans qualification, je propose un contrat de travail et de formation professionnelle, avec une prise en charge de la part du salaire consacrée à la formation.
 
Notre mission n’est pas de répandre la précarité, ni pour le salarié, ni pour l’ entreprise. Les Français et la France ont au cœur un tout autre modèle, où les rapports entre le salarié et l’entreprise sont équilibrés, où l’entreprise est libre et respectée. »

Lien(s):
Discours du 21 février 2006 lors du débat sur la motion de censure
Interview dans La Croix du 20 mars 2006 : "En maintenant le CPE, on prend le risque d'un accident social"
Interview par Pierre Weill sur France Inter, 27 mars 2006 : "Le contrat première embauche est une mauvaise mesure"

13:25 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emploi, syndicats, droit, travail | | |  Facebook |

Commerce

"Un autre commerce est possible"

Pour François Bayrou, si des quartiers perdent leurs commerces, si les centrales d'achat dictent leur loi, ce n'est pas une fatalité : c'est le résultat d'une politique qui ne regarde que les intérêts financiers à court terme, et ignore les besoins durables des producteurs et des consommateurs.

" Il faut soutenir les commerces de proximité, la création ou le maintien d'entreprises dans les centres-villes. Dans beaucoup de quartiers, c’est les uns d’un côté et les autres de l’autre, la ségrégation, les commerces ont disparu. En France, par rapport à d'autres pays, on a laissé se défaire le tissu urbain. Si nous avions eu dans les décennies passées une autre politique de l’urbanisme commercial, le monde ne serait pas ce qu’il est.

Il faut améliorer les conditions de travail dans la grande distribution, en particulier pour les femmes qui doivent assumer plusieurs vies à la fois. Les contrats de travail doivent être équilibrés pour protéger les salariés - une piste serait d'avoir une durée plancher pour les contrats de travail à temps partiel. Il faut favoriser la création des crèches proches des lieux de travail (les grandes surfaces sont souvent loin des centres villes) - sans être liées à l’entreprise, pour éviter que les femmes ne soient corvéables à merci.

Je suis pour qu’il y ait un jour - le dimanche - où la consommation et l’argent ne soient pas rois. Si on généralise l’ouverture des magasins le dimanche, ce sont toujours les mêmes personnes, les plus fragiles et les plus pauvres, qui ne verront plus leurs enfants le week-end - car je sais que le "volontariat" dont on nous parle sera en fait un volontariat contraint ! Et la loi permet déjà d’ouvrir cinq dimanches par an.

Les centrales d'achat sont hyper-puissantes, forment un oligopole, elles imposent leurs conditions et écrasent les fournisseurs de produits agricoles, de produits frais. Il faut permettre aux producteurs de s'organiser en face des centrales d'achat, et pour cela modifier les règles européennes. En Martinique, en deux années, l’organisation des producteurs a permis de passer le prix de vente réel, avant intervention, de quelque 235 € la tonne à plus de 430 € !

Le commerce équitable est une des réponses les plus intéressantes qu'on ait trouvées ces dernières années. Il repose sur l'organisation des producteurs, et sur une distribution qui intègre les nécessités du développement, qui prend en compte les problèmes concrets des producteurs. Cela rend possible une garantie des prix, de la qualité, de la commercialisation. Cela montre qu'un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que les intérêts financiers à court terme. »

Lien(s):
- Chez FOG, France 5, 4 février 2007
Émission Le Duo BFM, sur BFM TV et Radio BFM, 7 décembre 2006
Discours au colloque "Co-développement et coopération partenariale", 30 janvier 2007
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux", 11 février 2006
Discours à l'Université d'été de Seignosse, 30 août 2003
Visite à Poitiers, 16 février 2007

13:20 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : commerce, entreprise, prix, famille, femmes, loisirs, travail | | |  Facebook |

Civisme

« Le civisme, c’est recevoir, c'est aussi donner. »

François Bayrou appelle le pays à une « révolution civique » pour faire revivre « le projet français libéral, égalitaire et fraternel ». L’apprentissage du civisme doit commencer à l’école ; le service civique universel permettra à tous les jeunes d’en faire l’expérience concrète.

«  Les insultes dans la rue, les bras d'honneur, quand on "traite" quelqu’un, une femme, un prof, on dit "ce sont des incivilités" : je dis que ce sont des délits, punis comme tels par le code pénal !

La lutte commence à l' école. Et il faut prendre le taureau par les cornes. Chaque citoyen doit savoir ses droits et ses devoirs. Je propose qu'à l'école, plus spécialement au collège, on n’enseigne pas seulement l’éducation civique, mais que l’on enseigne aussi les rudiments de la loi, et qu'on se donne les moyens de les sanctionner au premier manquement. Si l'on sanctionne au premier manquement, peut-être n'y en aura-t-il jamais de second.
 
Je propose, depuis 2001, la création d'un service civique universel, concernant les garçons et les filles, qui amènera chacun à donner un moment de sa vie aux autres, aux plus fragiles, sur notre sol ou à l'extérieur. Je suis heureux d'avoir été le premier à proposer cette idée et j'ai été heureux de voir cette idée reprise… Tant mieux si ça peut faire avancer les choses !
 
Les jeunes ont besoin de sortir des ghettos, ghettos pauvres et ghettos riches, pour donner quelque chose d'eux-mêmes à la communauté civique. Et il y a des domaines entiers d’activité civique ou sociale qui ont besoin de ce don de quelques mois : la sécurité dans les transports en commun dans les grandes agglomérations, la surveillance des massifs forestiers, l’aide aux personnes âgées ou handicapées
 
La révolution civique, c’est aussi l’ activité universelle, pour sortir les exclus de l’ exclusion. Cela demandera une mobilisation d’énergies collectives sans précédent.
 
C’est le vote obligatoire, parce que dans un pays où l’ école est obligatoire, où l’assurance sociale est obligatoire, la participation aux choix de la cité ne peut pas être optionnelle.
 
Le civisme, ce ne sont pas seulement des droits, mais aussi des devoirs. Le civisme, ce n'est pas seulement recevoir, c'est aussi donner. C’est l’une des conditions pour recoudre et réparer la France, socialement, territorialement. »

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Discours "La révolution civique" au conseil national du 10 juin 2006
Discours "Le nouveau modèle français" au conseil national du 16 janvier 2002

13:15 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : civisme, scrutin, école, collège, service, activité | | |  Facebook |

Citoyenneté

« Je veux rendre le peuple acteur, remettre les citoyens au cœur du pouvoir. »

Pour François Bayrou, notre démocratie est malade, car les citoyens sont mis à l’écart. Remettre les citoyens au cœur du pouvoir, c'est leur permettre d'être représentés, c'est également leur permettre de participer directement aux décisions qui les concernent.

« Je suis très sévère sur la manière dont fonctionne la démocratie française. Nous sommes, comme peuple, exclus de la plupart des décisions. Si le peuple ne devient pas acteur, les puissants ne bougeront pas.

Il y a la manière démagogique de voir, et il y a la manière démocratique. La manière démagogique cherche des boucs émissaires, ou dit "je vous suivrai où que vous irez, vos décisions seront les miennes". L'autre manière, démocratique, consiste à prendre le peuple des citoyens comme un acteur de premier plan, à le placer en face du pouvoir, en situation de partenaire.

La démocratie a deux aspects : représentation et participation des citoyens.
Le temps où l'on pouvait gouverner sans la participation des Français, ou contre eux, est révolu.

Chaque citoyen doit pouvoir se faire une idée des enjeux, des choix. Lui, citoyen, elle, citoyenne, ont le droit de savoir. C'est pour que les cartes soient sur la table que des règles - la séparation et l'autonomie des pouvoirs - ont été fixées depuis des siècles. Elles interdisent l'arbitraire et imposent la transparence.

Sous cette Vème République épuisée, les vraies cartes sont sous la table : un réseau opaque d' intérêts partisans, claniques, économiques, médiatiques, impose son influence à l'État. Victime directe : le peuple français.

Je suis un défenseur du concept d' éducation populaire. Le film d’Al Gore sur le changement climatique, c'est de l' éducation populaire : prendre le citoyen au sérieux, faire de lui le premier responsable du pays dans lequel il vit.

Je suis partisan de réhabiliter le référendum pour donner la base populaire nécessaire à de grands projets. Le référendum, sur un grand sujet, c'est le moyen de donner conscience des enjeux et d'entraîner la mobilisation. Le référendum place le citoyen en position de responsabilité, de gouvernant. Et non pas en position de consommateur qui ne pense qu'à sa situation personnelle.  »

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Discours au colloque "Développement durable : passer aux actes", 21 octobre 2006
Discours "La révolution civique" au conseil national du 10 juin 2006

Chômage et délocalisations

"Je ne raconterai pas d'histoires : celui ou celle qui vous dira "je vais interdire les délocalisations" ne vous dira pas la vérité."

À Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) le 10 avril, après avoir visité plusieurs usines qui avaient subi des crises - l'une reprise avec succès, d'autres à l'abandon - François Bayrou a présenté ses propositions pour notre industrie : contre les délocalisations financières, pour associer flexibilité et sécurité, pour un comportement exemplaire des dirigeants envers leurs salariés.

Reprise d'activité
La première stratégie, c'est de rendre non seulement possible, mais obligatoire, la reprise quand il y a un repreneur. Il y a des entreprises qui ferment des usines, et dont la stratégie est d'empêcher ces usines d'être reprises. J'ai vécu le drame de Stora Enso,  immense papeterie qui arrête trois sur quatre de ses lignes de fabrication. Les salariés inventent un projet de reprise, consistant à fabriquer un papier de très grande résistance à partir de la fibre de chanvre qui peut être cultivée localement, et ils trouvent des financiers. Et on leur met des bâtons dans les roues. On avait, au début, parlé d'une reprise à l'euro symbolique ? On leur dit : "un million d'euros." Ils mettent un million. Cela ne suffit pas : "cinq millions", puis "neuf millions", ils mettent neuf millions et on s'aperçoit que ce qui est refusé, c'est le principe même de la reprise. Nous devrions avoir une législation qui dise : si vous voulez fermer l'entreprise, au moins, vous ne pouvez pas empêcher des repreneurs de faire repartir cette entreprise en acquérant les machines.

Deuxièmement, il faut que cette recherche de repreneurs soit une priorité des pouvoirs publics. J'ai promis aux ouvrières et aux ouvriers de Samsonite que, élu Président de la République, je nommerai une autorité en charge de rechercher les repreneurs. A Saint-Étienne, j'ai visité la première forge industrielle de France. Elle était, il y a dix ans, en liquidation. Une équipe courageuse l'a reprise, avec vingt-cinq salariés, et ils ont multiplié l'effectif par douze, parce qu'ils peuvent garantir à leurs clients des petites séries dans un temps très court.


Flexi-sécurité
Ce qui est frappant, c'est le risque de tout perdre. Les salariés de Samsonite m'ont dit : "on est entièrement adaptables. Le travail que l'on a fait dans l'entreprise, cela a toujours été de faire face à tous les postes de travail". Comment utiliser leurs compétences pour passer un cap difficile ?

Ni les Pays-Bas, ni la Suède, ni le Danemark n'ont réussi à empêcher les délocalisations, pas plus que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. En revanche, chacun de ces pays a réussi à faire descendre son taux de chômage très bas. Les pays scandinaves ont réussi à faire en sorte que l'on puisse à la fois remettre en cause le contrat de travail, et offrir une sécurité nouvelle aux salariés, en lui permettant de garder son salaire plus longtemps, ou en lui permettant de suivre une formation qu'il aura choisie, ou d'être embauché sur le même bassin de travail par des entreprises qui, au fond, auront mutualisé leurs capacités d'emploi.

Les centrales syndicales que j'ai rencontrées disent, et aussi le patronat évidemment : l'entreprise doit pouvoir en cas de baisse d'activité, remettre en cause le contrat de travail (sinon elle hésite à embaucher), et dans le même temps, cette flexibilité peut s'accompagner de sécurité. Pour la CGT, cela s'appelle la Sécurité Sociale professionnelle, pour d'autres, la sécurisation des parcours professionnels, d'autres encore emploient le mot de flexi-sécurité, mais tout cela veut dire la même chose. Cela veut dire que les droits du travailleur doivent être attachés au travailleur lui-même, et pas seulement au contrat de travail.

Il va falloir qu'on mette ces organisations au pied du mur, car c'est au pied du mur qu'on voit le maçon. Je mettrai à profit le mois qui sépare l'investiture du nouveau Président, de l'élection de la nouvelle Assemblée, pour ouvrir ce dialogue social, dire à l'ensemble des organisations représentatives : comment fait-on pour apporter du concret aux salariés ? Une négociation efficace, cela prendra le temps que cela prendra, mais c'est indispensable.


Assurance-chômage incitative (bonus-malus)
Il faut qu'il devienne, pour l'entreprise, intéressant financièrement de garder les salariés, et dissuasif de se débarrasser des salariés. Il n'est pas juste de faire payer les mêmes cotisations d'assurance-chômage aux entreprises qui font tout pour défendre l'emploi, et aux autres. Je propose que l'on mette en place un système de bonus/malus. Après tout, cela se fait pour les accidents du travail, et pour l'assurance auto. Je pense que cela doit se faire en matière d'assurance-chômage.


Le capitalisme financier : intéressements aux bénéfices et stock-options
On ne peut pas demander aux petits, aux ouvriers, aux salariés, de respecter les règles, et faire que les grands responsables d'entreprise se donnent, à eux-mêmes, des avantages tellement choquants que cela détruit l'image de l'entreprise auprès des citoyens.

Je souhaite une réflexion sur la manière dont, en France, on donne des stock-options, des parachutes dorés. Je suis pour qu'on invente un autre modèle, européen et français, un modèle d'exemplarité de l'entreprise par rapport aux salariés et au reste de la société. Au lieu de pousser dans le sens des stock-options, je souhaite qu'on pousse le sens de l'intéressement des salariés aux bénéfices. Comme, en matière de licenciement, il faut que défendre l'emploi rapporte à l'entreprise, il faut de la même manière que l'entreprise ait intérêt à partager son bénéfice avec les salariés.


Politique industrielle et commerciale européenne
L'Europe s'est beaucoup occupée de concurrence, sans doute avec raison, mais l'obsession de la concurrence va parfois trop loin. C'est notamment le cas pour la Poste, qui mérite d'être défendue en tant qu'une entreprise en charge d'un service public.

Je n'ai jamais trouvé génial que l'on remplace le 12, qui marchait, par une multitude de numéros dont je ne sais même pas à quoi ils correspondent, et vous non plus d'ailleurs. Ce que je sais, c'est que des centaines d'emplois sont partis à l'étranger.

Je pense nécessaire que l'Europe fasse son boulot de protection, défende le tissu des entreprises industrielles européennes. Car les usines c'est de l'exportation, et c'est de l'emploi. Il n'est pas imaginable que les Allemands soient en train de réussir un miracle économique et que les Français soient incapables d'envisager ce même miracle économique.
Il y a deux choses à faire.

La première est d'aborder la sous-évaluation de la monnaie chinoise, savamment entretenue. Évidemment si la France seule pose cette question, les Chinois vont nous dire que nos Airbus, nos voitures, on peut les garder ... Mais si nous tous, pays européens, premier marché de la planète, bientôt première monnaie de la planète, nous disons quelque chose, la musique changera.
La deuxième, c'est que l'Europe fasse respecter, par ses concurrents, les règles environnementales qu'elle impose à ses propres entreprises.

Cela ne s'appelle pas du protectionnisme au sens où l'on fermerait les frontières, cela s'appelle la loyauté des échanges. Si vous me choisissez comme président de la République, j'appellerai l'Europe à défendre ses industries et ses emplois, à imposer au moins la loyauté. "

Lien(s):
Rencontre de Noyelles-Godault, 10 avril 2007
Conférence de presse "Pour une social-économie", 23 février 2007

Chine

"Je suis du côté des défenseurs des droits de l’homme et des principes de liberté."

François Bayrou s'est indigné de la complaisance de certains à l'égard de la "rapidité" de la justice chinoise, ou du "modèle" de développement économique que représenterait ce pays.

"Je suis du côté des défenseurs des droits de l’homme et des principes de liberté, non du côté du Parti communiste chinois. Je refuse d’être soumis aux puissances qui ne respectent pas les droits de l’homme. Du Tibet à Tien-an-Men, chacun sait ce qu’il en est de la réalité des droits de l’homme, et de la main de fer qui interdit même la liberté sur internet.

Il faut oser dire, de France et en Chine, que nous n’acceptons pas ces manquements qui ne correspondent pas à nos principes. Depuis des années, les gouvernants français croient à tort que, pour faire du commerce avec la Chine, il faut se taire sur les violations des droits de l’homme. Je pense au contraire qu’ on est d’autant plus respecté qu’on est capable de défendre des principes.

Sur le plan économique, je n’accepte pas le silence sur les conditions du commerce international et je refuse une accélération des transferts de technologie. N’oublions pas que la si forte sous-évaluation de la monnaie chinoise fausse les conditions de l’échange.

La France ne doit pas être silencieuse devant des enjeux aussi lourds et qui la concernent. La France doit faire entendre une voix différente, qui défend ses intérêts bien sûr, mais aussi les intérêts des faibles, des opprimés, des oubliés, ceux qui n’ont pour allié que le droit. Voilà ma conception du message international de la France."

Lien(s):
François Bayrou au Grand Rendez-vous Europe 1/TV5 Monde/Le Parisien Aujourd’hui en France, 8 janvier 2007
Vœux de François Bayrou, 9 janvier 2007

Chasse

« Chasseurs et écologistes demandent identiquement la protection des espèces. Il faut sortir de la guerre de religion ! »

La question de la chasse illustre, pour François Bayrou, les dégâts des décisions opaques et des clivages artificiels. Il lui semble nécessaire de réconcilier chasseurs et écologistes pour une gestion scientifique et efficace des espèces.

« Sur la chasse, il me paraît simple de trouver la voie de l’apaisement, au travers d’une gestion efficace des espèces. Chasseurs et écologistes demandent identiquement la protection des espèces !

Il faut donc mettre en place un plan dans lequel des scientifiques indépendants auront pour charge d’analyser l’évolution des espèces. Dans le cas où l’espèce évolue positivement, on peut être large et ouvert en matière de chasse ; dans le cas où l’espèce évolue négativement, il faut être drastique. Et si l’accord est réalisé à l’avance sur les marges que l’on se donne, la question est réglée et ne demande plus le déchaînement de passions entre les deux groupes.

La fameuse directive européenne sur la chasse, pour la protection des oiseaux migrateurs, c’est la France qui l'avait souhaitée  - et ceux qui l’avaient demandée l’ont ensuite piétinée ! On peut regretter que les députés européens français aient été absents au moment de l’examen de cette directive : nous aurions aisément empêché qu’elle  ne heurte certaines traditions des régions françaises. Je n'ai aucun besoin que l’Europe s'occupe de la chasse dans la Somme ou dans les vallées pyrénéennes.

Dans les Pyrénées, nous avons en cinq ans considérablement amélioré la remontée de saumons dans les gaves, simplement par une gestion participative avec les pêcheurs professionnels.

Associer les acteurs, écologistes, bergers, agriculteurs, chasseurs … cela fonctionne,
on a pu mettre en place des plans de protection efficaces, tandis que les démarches venues du sommet ne fonctionnent jamais.

Je veux qu’on sorte enfin de la guerre de religion de la chasse, en prenant comme arbitres les espèces elles-mêmes, et comme guides des experts scientifiques reconnus dans les deux camps. »

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Discours d'Amiens, 2 décembre 2001

12:40 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chasse, pêche, biodiversité, rural, Pyrénées | | |  Facebook |

Autoroutes

« La privatisation des autoroutes est contraire à l’intérêt général. »

François Bayrou, premier opposant à la privatisation des autoroutes, a demandé – en vain – que le Parlement se prononce, comme la loi le prévoit pour la privatisation d’entreprises appartenant à l’État. Quand le PDG de Vinci, M. Zacharias, a demandé une prime de 8 millions d’euros pour avoir racheté les Autoroutes du Sud de la France, c’est devenu évident pour tous : la France avait, comme le disait François Bayrou, « bradé ses bijoux de famille ».

«  La privatisation des sociétés d’autoroute est illégitime. S’agissant de biens appartenant au peuple français, seuls les représentants du peuple français peuvent décider de les aliéner. Le Parlement avait consacré à la question un grand débat fin 2004, sous l'impulsion de Gilles de Robien, le ministre de l'équipement de l’époque : tous les groupes s’étaient exprimés contre la privatisation. »

Mais six mois plus tard, le gouvernement suivant « sacrifie l’avenir au présent. Les sociétés autoroutières sont un des seuls biens de la nation dont les revenus sont garantis et croissent dans le temps. Elles sont le bien national qui rapporte le plus à l'État. L'affaire est si attrayante que dix-huit grands groupes européens ont fait acte de candidature !

D’ici à 2032, durée de la concession des autoroutes, on estime que ces sociétés auront engrangé 40 milliards d’euros de bénéfices. Ces revenus auraient dû servir à financer les grands équipements dont la France a besoin dans le domaine du transport, dans le cadre d’une politique du développement durable : les trains à grande vitesse, le ferroutage, les voies fluviales et maritimes, pour lutter en particulier contre l'effet de serre et doter notre pays de l'équipement qu'il mérite.

Ce gouvernement a sacrifié l'avenir au présent. Tout l’argent de la privatisation des autoroutes va disparaître dans le "tonneau des Danaïdes" du déficit public. Il n'en restera plus rien dans quelques mois. Selon les enquêtes d’opinion, les Français sont opposés à ce bradage, à plus de 70 %.

Cette affaire concentre tous les visages du mal français : gestion imprévoyante, revirements constants, gaspillage, oubli de l'intérêt général pour le plus grand bénéfice d'intérêts privés, mépris du Parlement et désinvolture à l'égard de la loi. C'est une preuve de plus qu'il faut changer les choses en profondeur. »

Lien(s):
Interview dans Le Figaro, 25 juillet 2005 : "La privatisation en catimini des autoroutes est un scandale"
Discours à l'Assemblée nationale lors du débat sur les infrastructures de transport, 11 octobre 2005
Interview par Thomas Hugues sur TF1, 25 août 2005

Associations

L’Etat doit trouver en face de lui une société civile organisée

Pour François Bayrou, le mouvement associatif est un acteur essentiel d'une société de l'autonomie, d'une démocratie vivante. Il doit être mieux reconnu, représenté et entendu.

"Nous avons à construire une société dans laquelle l’Etat assume son rôle d’impulsion et assure l’équité, et trouve en face de lui une société civile organisée, et en particulier organisée par le mouvement associatif. L’Etat n’a pas la capacité d’être le recours universel. 

La question de la représentation des associations est très importante. Si l’on veut une France qui s’exprime non pas à partir du haut mais à partir du bas, à partir des attentes que, dans les quartiers, les villages, les gens expriment, il faut un dialogue organisé. Le Conseil économique et social devrait être le lieu du dialogue entre la société civile organisée et l’Etat, les décideurs politiques : éludé par l’ensemble des pouvoirs politiques depuis des décennies, il faut le restaurer dans sa légitimité et dans sa force. 

L’organisation de la concertation avant toute décision publique est capitale. C’est aux politiques d’assumer la responsabilité des décisions, mais il faut auparavant une réflexion partagée avec ceux qui seront les utilisateurs, qui assumeront les décisions prises. Je suis favorable à un délai incompressible de trois mois, sauf urgence, avant toute décision publique, en particulier les décisions législatives et réglementaires. 

S’agissant du financement des associations, il faut élaborer une définition législative de la subvention. Il faut pour les associations une visibilité de leur avenir, et cela ne peut se faire que dans le cadre de conventions pluriannuelles, évaluées, et que je propose glissantes. C’est-à-dire qu'au lieu d’avoir une période de trois ans, au bout de laquelle tombera un couperet, on aura une visibilité, avec l’expression d’exigences et une évaluation. 

Cette pérennisation des crédits doit s’appliquer tout particulièrement dans le domaine de la formation, qu’il s’agisse des associations qui assurent une fonction de formation ou de celles qui ont besoin de former leurs bénévoles et leurs cadres. 

Un certain nombre d’associations, qui sont en réalité les supports de politiques publiques et pas seulement le fruit de la vie associative spontanée, se plaignent du manque de dispositions juridiques qui leur permettent d’exercer pleinement leur action. La question se pose d'une évolution de leur statut".

Lien(s):
Discours devant la conférence permanente des coordinations associatives (CPCA), 20 janvier 2007

Antisémitisme

« L’antisémitisme n’appartient pas au passé. »

Au lendemain du 11 septembre 2001 et des actes de malveillance qui ont suivi, commis contre des synagogues, François Bayrou disait son inquiétude à "Tribune juive".

« Quelle que soit la personne attaquée, que ce soit un musulman, un catholique ou un juif, un Français et une communauté intégrée du peuple français méritent la même attention et la même émotion, le même bouleversement, et la même solidarité.

Il faut toujours se méfier, toujours être vigilant. L’antisémitisme n’appartient pas au passé. Il est prêt à se réveiller, surtout chez les esprits fragiles, surtout dans les moments de tension. C’est comme une malédiction. La vieille dérive antisémite chez les chrétiens a pratiquement disparu … et au moment où l’on s’apprêtait à respirer, on voit aujourd’hui grandir un nouvel antisémitisme, aux racines gauchistes, tiers-mondistes, qui reprend les mêmes abjections ‘relookées’. Comme si ce n’était jamais fini ! …

Le peuple juif a été le bouc émissaire de toute l’horreur et de toute la barbarie du monde. Le sort d’Israël importe non seulement aux Israéliens, ou aux Juifs, mais surtout à l’ensemble de l’humanité ! L’avenir d’Israël, c’est la pierre de touche de notre capacité à refuser la fatalité.

La sympathie qui m’est manifestée dans la communauté juive me touche beaucoup. Je refuse la démagogie et la complaisance, je n’ai pas deux langages. J’ai mis beaucoup de moi-même à réfléchir à l’histoire du peuple juif, à son destin, à sa mission. Je lis beaucoup la Bible.

Je suis moi-même un homme religieux, et c’est pour cela que je crois nécessaire de bien délimiter le domaine de la foi et de la pratique - personnelles, familiales ou communautaires - et le domaine des principes républicains qui nous permettent de tous nous retrouver. »

Lien(s):
Interview "L'invité de RTL" (après l'assassinat d'Ilan Halimi), 24 février 2006

Agriculture

« Je veux que la politique agricole soit à nouveau fondée sur les prix. »

Une politique sans vision a conduit les agriculteurs dans le mur. Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la définition d’une nouvelle politique agricole. Un modèle à inventer et faire partager, pour retrouver l’inspiration et la force de l’agriculture française et européenne.

«  Cessons d’asphyxier les agriculteurs ! Cessons de leur intenter en permanence de faux procès !

Chute du revenu, chute du nombre des exploitations, chute de l’image des agriculteurs dans l’opinion, chute de l’image de l’agriculture auprès des agriculteurs eux-mêmes, voilà la réalité.

Les agriculteurs se vivaient comme des indépendants, des entrepreneurs, et comme les meilleurs et les plus proches amis de la nature. Ils ont subi, en quelques années, une double dévalorisation : passer du statut d’indépendants au statut de dépendants, en raison de l’obligation dans laquelle ils ont été mis de dépendre des aides publiques ; passer du statut de meilleur défenseur de la nature au statut de pollueur de l’environnement. Cette double accusation est une double injustice.

Les "subventions" sont en réalité des compensations, destinées à offrir artificiellement aux consommateurs les prix de plus en plus bas pour les produits agricoles. D’autre part, les règles de l’agriculture raisonnée ont fait baisser considérablement, par exemple, l’utilisation d’engrais azotés et de produits phytosanitaires.

La voie d'avenir, c'est de défendre un grand marché d'agriculteurs avec des prix garantis aux paysans. Pour cela, il faut organiser les marchés en trouvant des débouchés, par exemple pour les céréales.

Une organisation de la production agricole mondiale et la régulation de l’offre sans chute de prix paraissent désormais possibles : grâce aux biocarburants, à l’utilisation de la biomasse, à l’agrochimie. Bientôt, on pourra produire de l’ énergie, renouvelable et peu polluante, à partir des productions végétales. Dans le même temps, à moyen terme, les besoins alimentaires de la population mondiale seront comblés.

Il faut que la France s'engage en Europe pour la défense d'un tissu agricole dense, pour que notre pays redevienne un pays à identité agricole.

Ainsi peut être traitée, pour notre pays, pour l’Europe et pour la planète, la triple exigence d’une politique agricole : la sécurité des approvisionnements en produits sains, une conduite protectrice de l’environnement et le maintien d’un tissu dense d’agriculteurs.

Sans attendre, des améliorations sensibles à notre politique agricole sont possibles : défense de la diversité (filières multiples : grandes et petites exploitations, fermes biologiques et traditionnelles) ; gestion des risques agricoles ; organisation des professions pour améliorer les conditions de marché et équilibrer la puissance des centrales d’achat ; harmonisation et simplification des labels ; simplifications administratives et réglementaires ; clarification de la rémunération des fonctions non-productives de l’agriculture (préservation de l’écosystème, paysages).

On peut, on doit aussi organiser un système mettant en « symétrie » le pollueur-payeur et le protecteur-indemnisé, renforcer la politique de soutien à la production de biocarburants, et fortement impulser les politiques de recherche française et européenne dans le domaine des biomatériaux, des biotechnologies, du génome. »

 

Lien(s):
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux" 11 février 2006
À la foire agricole de Barcelonne-du-Gers, 10 février 2007

Afrique

« Garantir aux Africains qu'ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail »

Dans son discours de Lille du 14 décembre 2006, François Bayrou évoque l’Afrique comme l’un des quatre grands sujets de politique internationale qui devront exiger du courage de la part des gouvernants, avec le Proche et le Moyen-Orient, le climat et la biodiversité et, naturellement, l’idéal européen.

« L’Afrique devrait être notre tourment. Pas seulement le tourment des plus généreux. Mais aussi le tourment des moins généreux. Ceux que l’ immigration tracasse et tourmente, ceux qui voient sans cesse un risque de déstabilisation pour la Nation.

En matière d’immigration, je ne crois pas aux murailles. Evidemment il faut prendre toutes les décisions du contrôle et de la régulation, conduire toutes les politiques de surveillance nécessaires. Il faut les prendre davantage encore au niveau européen qu’au niveau national.

Mais depuis que le monde est monde, chaque fois que les plus pauvres campent aux portes des plus riches, chaque fois la même mécanique se met en route : les pauvres, à pied, à la nage, en payant des passeurs, en rampant s’il le faut, les pauvres s’en vont chez les riches pour y trouver la subsistance de leur pauvre vie.

Tant que vous aurez les vingt pays les plus pauvres de la planète maintenus dans leur dénuement, à quelques centaines de kilomètres des dix pays les plus riches de la planète, vous aurez des vagues migratoires.

Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout.

C’est pourquoi la politique qui a été conduite, déversant sur l’Afrique des produits agricoles à prix bradés, artificiellement effondrés par des subventions américaines et européennes qui, par ailleurs, tendent à mettre nos agriculteurs européens et américains en situation de dépendance, ces politiques – il faut les appeler par leur nom - sont criminelles. Vous arrachez les paysans à leur terre, ils perdent en quelques mois dans des bidonvilles leurs repères, et leur savoir faire, et leur dignité d’hommes ! Cette politique est à la fois criminelle et suicidaire.

Une politique sérieuse doit avoir un but : que les Africains se voient garantir qu’ils pourront eux-mêmes nourrir et équiper l’Afrique, avec aide et protection internationale, comme les Européens l’ont fait, après la Guerre, en recevant l’aide du plan Marshall et la protection du marché commun. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006
Discours de Lille, 14 décembre 2006
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux", 11 février 2006

Activité universelle

"Chacun peut être utile à la société"

Pour François Bayrou, l’inactivité est source d’exclusion. Donner aux titulaires de minima sociaux l’occasion de se rendre utiles à la société, c’est faire le premier pas vers la réinsertion.

"A tous ceux qui sont bénéficiaires de minima sociaux, je forme le voeu que l'on propose pas seulement un chèque mais une activité au service de l'intérêt général, dans une association, dans une collectivité locale - en dehors du secteur concurrentiel. Pour que chacun retrouve la certitude de son utilité, de sa compétence.

On sait bien, en effet, quel mécanisme exclut - et cela va très vite - ceux qui perdent le contact avec le travail, et perdent en même temps la reconnaissance de ce qu'ils sont. L'une des clés est de rendre l'estime de soi, la reconnaissance dans le regard de l'autre, à ceux qui sont dans l' exclusion. Même dans cette pauvreté, nous trouverons autant de richesses que chez ceux qui "réussissent".

L'activité universelle, c'est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, c’est une idée de révolution civique. Je sais bien que c'est extrêmement ambitieux, mais c'est à la dimension d'un pays comme le nôtre.

Tout le monde possède une compétence, un savoir-faire. Des informaticiens diplômés sont cantonnés au RMI ! Les familles de RMIstes de mon village, je les connais depuis l'enfance. Ils savent faire plein de choses. Chacun peut surveiller la sortie d'une école, veiller à la sécurité des enfants. Tout le monde peut conduire, s'il a le permis de conduire, aider des personnes pour faire leurs courses. Chacun peut jouer un rôle dans les aéroports, dans les gares ; les personnes âgées sont souvent désorientées dans ces grands ensembles. Il y a mille et une tâches que l'on peut assumer dans la société pour retrouver le sentiment de sa compétence.

Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI."

 

Lien(s):
Discours de Clermont-Ferrand, 19 janvier 2007
Discours au colloque "Nouvelles solidarités contre l'exclusion", 7 octobre 2006.

00:15 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : activité, associations, civisme, emploi, exclusion | | |  Facebook |