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09/09/2011

Gouverner, ça n'est pas "prévoir" : c'est "permettre"...

bayrou, modem, etat, liberalisme, bastiat, 2012, urgenceL'Etat tout-puissant en France est ainsi un obstacle perpétuel à l'énergie de tout un pays. C'est lui qui épuise ceux qui le font vivre. C'est lui qui décourage la volonté et la créativité par son inconstance, son incapacité à fixer un cadre auquel on se tienne. Une entreprise, comme une famille, a besoin de visibilité. Pas de lubies. Pas d'un paysage juridique en perpétuel mouvement. Pas de décisions politiques constamment destinées à plastronner, manière de suggérer que celui qui l'annonce est réellement un novateur, et ses prédécesseurs des négligents et des incapables.

En matières de contraintes nouvelles, sauf dans le cas de la sécurité publique, bien sûr, il faudrait plus souvent ralentir politiques et administrations qu'accélérer leurs interventions.

François Bayrou, 2012 Etat d'urgence, p.97

31/08/2011

Le thermomètre et la fièvre...

www.usinenouvelle.com

Conjoncture : La croissance est en danger, le déficit budgétaire va s'accroître, l'euro est menacé... Quelles décisions prendriez-vous aujourd'hui... à lire aussi : Conjoncture, Entretien, Présidentielle 2012 - Presse en ligne de l'industrie

 

 

[Les] "agences de notation" [...] ne font que décrire une situation. Ne confondons pas le thermomètre avec la fièvre.

François Bayrou, 25 août 2011

22/08/2011

Dirigisme or not ?

bayrou, modem, 2012, etat, liberalisme, dirigisme, bastiat"Une des grandes lignes de clivage de la vie politique, c'est la frontière qui sépare ceux qui croient que l'Etat peut faire à la place des gens, à la place de la société, et ceux qui n'en croient rien. J'appartiens sans hésitation à la deuxième catégorie. Une des erreurs qui s'est trouvée le plus durement sanctionnée dans l'histoire du XXe siècle, c'est l'erreur dirigiste. Il faut ne rien comprendre à l'écologie des sociétés, au biotope des sociétés, pour imaginer qu'il puisse exister un pouvoir central assez intelligent, imaginatif, pour répondre tout seul aux milliers d'attentes, de besoins, de hasard qui font la vie. La vie est diverse, plus encore que nous ne l'imaginons. Elle est multiple, nous ne pouvons même pas nous figurer à quel point. La seule réponse à cette multiplication de diversité, de hasards, d'occurences, inattendues, impensées, ce sont des millions et des millions de regards affûtés, d'intelligences aux aguets, de micro ou de mégacréations qui fleurissent là où on ne les attendait pas."

François Bayrou 2012. Etat d'urgence p.72-73 

05/05/2010

Changer radicalement notre manière de penser l'Etat

59639_bayrou-new-une.jpgLe président du MoDem, François Bayrou, a parlé mercredi d'"une chaîne de dominos" pour évoquer le risque de contagion de la crise grecque au Portugal et à l'Espagne, estimant aussi que la France "n'est pas extérieure à ce qui se passe" mais se situe "au bout de la chaîne".

"La Grèce, le Portugal, l'Espagne, ce n'est pas extérieur à nous. Il y a une chaîne de dominos et quand un domino tombe, le suivant se trouve menacé aussitôt. Au bout de la chaîne des dominos, il y a la France", a expliqué sur France Inter le leader centriste.

Il a cité deux raisons : "La première, c'est que nous avons une dette en explosion et qui va atteindre des niveaux du type de ceux de la Grèce. On est à 85% de dette par rapport à la production totale du pays dans une année, ce sera 94% l'an prochain et 100% l'année d'après. C'est comme un grand vaisseau qu'on ne peut pas freiner", a-t-il poursuivi.

"La deuxième raison, c'est que dans leurs malheurs, la Grèce, l'Espagne et le Portugal ont une fiscalité légère (32% de prélèvements obligatoires en Grèce, 45% en France) et une économie souterraine très importante. Ces pays ont des réserves fiscales. Nous, nous sommes au sommet des prélèvements obligatoires et il n'y a pas ou peu d'économie souterraine. Et donc, je crois que la situation de la France n'est pas tenable dans la durée".

"Ce que nous allons vivre dans les semaines qui viennent, a prédit François Bayrou, c'est la révélation de la gravité de la situation de notre pays, plus accentuée, plus lourde de conséquences que tout ce que nous avons connu depuis la guerre".

"On ne sait jamais quand l'orage se forme à quel endroit tombera la foudre. En tout cas, ce qui se prépare au-dessus d'un certain nombre de pays européens et je le crois, en fin de course, au-dessus de la France, va nous obliger à changer radicalement notre manière de penser l'Etat, à reconstruire le pays et la politique dans notre pays", a-t-il conclu.

 

[Les Echos]

29/09/2009

Il existe un autre chemin

abus-copie-1.jpg"Lorsque le jour sera venu, la vague qui dira non aux dérives subies depuis des années devra se renforcer d'une vague qui dit oui. Donnez‑nous à espérer, disent les citoyens qui n'aperçoivent aucune issue. Or l'issue existe. Elle n'est même pas difficile à trouver. Il suffit d'en formuler les grands axes pour qu'elle s'établisse, se charpente, et entraîne l'adhésion.

Cela sera dit en peu de pages. Parce qu'il y a peu de choix à faire. Depuis des années, les gouvernements interviennent trop. Trop de lois, trop mal écrites, trop de décrets, circulaires, règlements, annonces, plans, mesures.

Le premier choix à faire est celui‑là : la force d'un pays est‑elle dans son État, dans ses politiques, dans ses gouvernants, ou bien dans la société qui le forme? Notre réponse est celle‑ci: la force d'un pays est dans sa société. La mission de l’État est donc de donner confiance à la société, aux familles, à la démocratie locale, aux entreprises, aux associations.

Au lieu de l’État toujours mis en scène, s'exposant sous les projecteurs, j'affirme la nécessité d'un État sobre. Il faut donc des règles stables et peu nombreuses, indiscutables du point de vue de la justice, qui laissent vivre la société et non pas qui l'empêchent de vivre. Il faut des principes fondateurs, respectés dans la longue durée, de manière que la société puisse peu à peu for­mer les cadres de son action, s'adapter, se rénover, inventer, comme l’oiseau fait son nid, son nid à lui, sous la poutre, s'adaptant à la forme du bois. L’État, c'est la poutre, mais c'est l'oiseau qui fait le nid. Au lieu de l'État qui s'occupe de tout, je demande des décisions qui font charpente. Pour le reste, cessez d'empêcher les gens de vivre, de créer, de faire marcher leur maison: ils savent le faire mieux que vous. Arrêtez de vous mêler de tout, à temps et à contretemps, simplement parce qu'un sondage de plus est venu alarmer la meute fiévreuse des conseillers et des attachés de presse."

François Bayrou "Abus de pouvoir" chap.8 extrait

07/06/2007

Emploi

« En réduisant les charges qui pèsent sur le travail, on libérera l’emploi. »
Pour lutter contre le chômage, François Bayrou propose une mesure immédiatement applicable : la possibilité pour chaque entreprise de créer deux emplois sans charges. A moyen terme, il propose de réfléchir au transfert des charges sociales vers d’autres bases que le travail.

« Quand il s’agit de définir des priorités en matière économique, tout le monde parle de croissance, d’emploi, et, évidemment, à juste titre. Mais la croissance et l’emploi sont des résultantes : ce qui fait l’emploi, c’est l’entreprise. L’esprit d’entreprise et l’entrepreneur.

Or, si une entreprise, à production de richesse semblable, crée des emplois, elle paye le maximum de charges ; si elle n’en crée pas, elle paye très peu. Formidable injustice. Rien ne justifie que l’ensemble du financement de la protection sociale repose sur le travail, sur l’emploi.
 
En 1798, un fiscaliste, à la recherche d’une base fiscale juste, vérifiable, non délocalisable, avait trouvé ‘l’idée géniale’ : le nombre de portes et de fenêtres de chaque bâtiment. Ça a marché … 50 ans. Puis, un peu partout, on a muré les portes et les fenêtres. Quand vous concentrez un prélèvement sur une seule base, elle a tendance à s’enfuir. Ce qui s’est passé pour les portes et les fenêtres se passe aujourd’hui pour l’emploi.
 
Je propose cinq pistes pour transférer ces charges : une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, une hausse de la CSG, la TVA sociale, une taxe sur la consommation de carburants fossiles, enfin une taxe sur les mouvements financiers.
 
C’est une réflexion de long terme qui demande la participation de toute la société française. Mais il y a urgence, c’est pourquoi je propose une mesure immédiate : permettre à chaque entreprise de créer deux emplois sans charges (avec les charges de retraite : 10% en tout et pour tout). Tous les chefs d’entreprise que j’ai rencontrés m’ont dit : "dans ce cas, demain j’embauche". Il y a un continent des emplois gelés : je propose de les dégeler.
 
Ce qui recréera l’emploi, ce n’est pas l’augmentation continue de la précarité, c’est un coût de l’emploi redevenu abordable. En réduisant les charges qui pèsent sur le travail, on libérera l’emploi : les chefs d’entreprise auront à nouveau envie d’embaucher, et ils y auront intérêt. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006
Discours "La révolution civique" au conseil national du 10 juin 2006
Discours à l'université d'été de Giens, 30 août 2005

Elections : modes de scrutin

« Tous les Français doivent être représentés à l’Assemblée. Y compris ceux dont j’ai toujours combattu les opinions. »

La démocratie représentative supppose une juste représentation des citoyens au Parlement. Tous les grands courants d’opinions doivent donc être présents à l’Assemblée. Le mode de scrutin doit inciter à une juste représentation de la majorité féminine du peuple, comme des origines, des expériences professionnelles ou culturelles dans leur diversité.

«  Tous les citoyens français ont un droit égal à se voir représenter au Parlement. Aujourd’hui, 19 % d’entre eux sont représentés par 63 % des sièges, tandis que 50 % de ceux qui sont allés voter au 1 er tour des présidentielles ne sont représentés par personne ! Tous les courants d’opinion principaux, au-dessus de 5 % des voix, doivent être représentés par des élus à l’Assemblée nationale.

Les idées extrémistes, je préfère les combattre à découvert, àl’Assemblée, plutôt que de les voir progresser à bas bruit dans la frustration de la représentation et la facilité du silence.
 
Je propose d’attribuer 50 % des sièges par circonscription – des députés qui représentent les territoires ; et 50 % des sièges à la proportionnelle par liste nationale, comme en Allemagne. Ainsi, la réalité territoriale de la nation et sa réalité politique, sont-elles représentées à égalité.
 
Au point de désaffection de la démocratie où nous sommes arrivés, il faut franchir un autre pas. Je suis partisan d’instaurer le vote obligatoire, avec pour contrepartie la reconnaissance du vote blanc : on ne peut plus laisser d’infimes minorités décider à la place des majorités. Dans un pays où l’école et l’assurance sociale sont obligatoires, la participation aux choix de la cité ne peut pas rester optionnelle. 
 
Je suis, aussi, plutôt favorable au vote des étrangers aux élections locales : il est normal qu’une personne, quelle que soit sa nationalité, qui réside depuis dix ans en France et participe à la vie locale puisse aussi exprimer ses choix dans la vie de la cité.
 
Il s’agit d’ouvrir une époque nouvelle : remettre de la démocratie dans notre République. »

Egalité des chances

« Ma vision de la France dans dix ans : un pays où l’égalité des chances est devenue une réalité. »
Pour François Bayrou, c'est l’égalité des chances qui fonde notre pacte national. Tout se joue d'abord à l’école, qui doit redevenir l’incarnation du modèle républicain français.

« Mon projet, c’est une nouvelle synthèse entre la modernité et notre modèle républicain français. Egalité des chances et égalité des droits, je suis convaincu que dans le monde de la modernité, nos valeurs de société les plus généreuses peuvent s’épanouir.

Un exemple : hier, l’information était limitée, donc l'égalité des chances n'était pas une réalité ; aujourd’hui, internet met à la portée de tous, dans tous les collèges et tous les appartements, de tous les HLM de France, une information abondante. L'égalité des chances y gagne, progresse en actes.

Notre aspiration à l’égalité des chances, à la justice, à la solidarité, est un atout dans la compétition de la globalisation. Un peuple se bat mieux s’il est soudé et qu’une certaine idée de la justice règne en son sein.

À tous les collégiens de tous les quartiers, de toutes les petites villes qui forment la France républicaine, nous devons, quelle que soit leur origine, quelle que soit leur situation sociale et de fortune, quelles que soient leurs relations, nous devons les chances de réussir aussi bien que dans les 6e et 7e arrondissements de la capitale.

Nous avons pour cela un outil : la carte scolaire. Elle signifie l’obligation que s'impose l’Éducation nationale de garantir cette égalité des chances. Je sais très bien que c’est un idéal, mais je revendique cet idéal.

La France a relevé ce défi pendant des décennies. Ce défi relevé a été la chance de millions de jeunes Français qui ont découvert à l’école des horizons qui, autrement, leur seraient demeurés fermés. Ce n’est pas parce que cette obligation n’est pas satisfaite aujourd’hui, qu’il faut y renoncer. Au contraire ! Il faut donner à notre système éducatif les moyens concrets de rétablir partout les deux éléments qui font l’égalité des chances.

Le premier devoir, c'est le respect dans l’école, respect des enseignants et respect des élèves entre eux, l’ordre de l’école face à l’ordre de la rue ; c'est-à-dire l'ordre assuré par des enseignants et des surveillants, et non pas par des policiers.

Deuxième élément, l’excellence des parcours, pour les élèves qui le méritent. Au lieu de la médiocrité pour tous, médiocrité qui est mortelle là où ça va mal, je veux défendre le principe de l'excellence scolaire, comme une réévaluation de la mission républicaine de l’école républicaine, au lieu du ghetto accepté, auquel on se résigne. »

Lien(s):
Discours au conseil national du 12 novembre 2006
Discours de Lille, 14 décembre 2006

Ecole

« Mon objectif : diviser par deux l’échec scolaire, multiplier par deux la réussite. Partout dans le pays. »
Le défi de la mondialisation, c’est le défi de la recherche et de l’éducation. Juger de la responsabilité des dirigeants du pays, c’est regarder quelle place ils accordent à l’école dans leur action. Pour François Bayrou, elle est la première.

« L’éducation est la priorité absolue de mon projet.

Presque un enfant sur cinq est en échec dès le plus jeune âge et sort de l’école sans diplôme ; et un sur cinq sort diplômé au niveau de la licence. Nous devons nous fixer un objectif : diviser par deux l’échec scolaire, et multiplier par deux la réussite scolaire, dans tous les milieux sociaux, particulièrement les moins favorisés.
 
La première condition pour y parvenir, c’est que 100 % des élèves sachent lire et écrire à l’entrée en sixième. S’ils ne savent pas, qu’on leur apprenne. Garantir la lecture, c’est changer le collège.
 
Retrouver un collège paisible ne se fera pas avec des policiers, mais avec des éducateurs. Il faut reconstruire l’autorité du professeur et du surveillant. Pour l’élève, ou les deux élèves qui mettent la classe par terre, il faut des éducateurs et des psychologues, sans doute dans des internats. Tout le monde comprendra le message.La présence d’adultes à l’école, pour les études surveillées, l’accompagnement, je la prévois dans le cadre du service civique et de l’activité universelle.
 
Il faut repenser la carte scolaire pour l’ égalité des chances : en défendre le principe, lui redonner son sens. Là où plusieurs établissements sont identiquement accessibles, il faut construire des réseaux et ouvrir aux élèves, peut-être aussi aux enseignants, la possibilité d’accéder à tous les établissements du réseau.
 
Donnons un égal accès à tous les établissements aux filières d’excellence, au lieu de créer des filières de ‘discrimination positive’ alibi (et conservons un volant de places offertes à un concours national ou académique pour ne pas pénaliser à rebours les bons élèves). Dès lors, chaque famille, au lieu de chercher une grand-mère ou un collatéral dans le 5ème arrondissement, cherchera la même grand-mère ou le même collatéral dans un lycée provincial ou de banlieue.
 
La clé de tout cela, c’est l’innovation, l’évaluation et la communication de l’innovation. Le grand corps qu’est l’Éducation nationale a besoin d’autonomie à tous les niveaux, de gestion des ressources humaines, de co-responsabilité, de concertation transparente avec les femmes et des hommes qui font vivre l’Éducation nationale. Et les étudiants candidats au Capes ou à l’agrégation ont raison de le dire : nous ne pouvons pas jouer les recrutements à l’accordéon. Je suis partisan d’une loi de programmation sur dix ans des recrutements.
 
Sur cet enjeu national, il faut fixer de grands objectifs, discutés et votés de manière transpartisane, sur lesquels le président de la République s’engage. »

Lien(s):
Discours au colloque "Ecole, université, recherche : pour l'avenir", 11 mars 2006
François Bayrou et la réforme "en continu" de l’Education nationale
Discours à l'université d'été de la Grande Motte, 2 septembre 2006
Discours de Dijon le 20 février 2007

Energie nucléaire

"Contre l'effet de serre, la France a besoin de ses centrales nucléaires"

Avant le développement de nouvelles sources d’énergie renouvelable, le nucléaire est la principale filière disponible de production énergétique sans émission de gaz à effet de serre. Le débat sur le nucléaire, ses risques, ses déchets, doit pouvoir avoir lieu : François Bayrou demande donc la transparence.

"Les Français ne veulent ni des émissions de gaz à effet de serre, ni des déchets nucléaires.

Or il n’existe guère aujourd’hui qu’une énergie non émettrice de gaz à effet de serre, c’est l’électricité, pourvu qu’elle soit d’origine éolienne, solaire (dans ses débuts seulement aujourd’hui), hydro-électrique (importante en France bien que mise en difficulté par la baisse de la pluviométrie), ou nucléaire.

Je pense indispensable et juste de rechercher et de mettre en œuvre toutes les sources d’énergie renouvelables. Mais si nous voulons respecter nos engagements, ne racontons pas d’histoires sur le remplacement prochain du nucléaire.

Et méfions-nous en particulier d’un mouvement qui est en train de se développer : la mise en exploitation de nouveaux gisements de charbon à destination des centrales électriques. Car, avec un pétrole plus rare et un gaz plus loin, c’est le retour en force de l’ancien charbon. Et là où le gaz pollue 100, le pétrole pollue 150 et le charbon plus de 200 !

Nous avons fait de lourds investissements et maîtrisé, nous qui n’avons pas de réserves fossiles, une filière de production énergétique de haute qualité. Certes, le nucléaire ne résoudra pas tous nos problèmes énergétiques. Ne nous cachons pas la vérité : cette énergie n’est certes pas sans risque. Les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs -actuellement confinables et qui, espérons-le, pourront être un jour retraités. Mais, dans l’ordre des urgences, au moins cette énergie nous permet-elle pour les prochaines années de moins charger l’air de CO2.

Et il y a, à propos du nucléaire, une zone de consensus possible entre les 'pro' et les 'anti', alors même que c’est un sujet passionnel. Cette zone de consensus, c’est l’obligation de transparence. Je ne vois pas ce que les pro-nucléaires auraient à en craindre. Sur ces 4g1/2 de déchets nucléaires par an et par Français, qui sont déjà à La Hague, les pro nucléaires, affirmant que les problèmes sont maîtrisés, n'ont rien à craindre de la transparence.

La transparence, avec la publication des rapports, la possibilité de saisine directe de l’instance de sécurité nucléaire par les associations, avec obligation de réponse, c'est un devoir pour ceux qui considèrent que le nucléaire est une arme dans la bataille économique.

Les conditions du débat public concernant le projet de nouveau réacteur nucléaire EPR (Réacteur pressurisé européen) n'ont pas été satisfaisantes. J'en ai beaucoup parlé avec des experts. Je pense qu'une pause de réflexion est nécessaire avant de poursuivre. C'est une décision extrêmement importante, il faut être sûr que l'on prend la bonne décision."

Lien(s):
Déplacement à Caen, 1er mars 2007
Colloque "Environnement : pour un avenir durable", 22 avril 2006
"Projet d’espoir", mars 2007.

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Energie

« Le marché de l’énergie est aujourd’hui un marché politique et pas seulement économique : la France doit avoir une politique nationale de l’énergie. »
François Bayrou propose un plan pour une croissance sobre agissant dans quatre directions : une politique d’économies d’énergie, les potentialités de l’agrochimie, un contrôle national de l’énergie et une politique commune européenne.

« Dire la vérité sur la crise énergétique, c’est avoir le courage de dire aux Français qu’il faut changer notre modèle de développement. C’est en fait une chance, car la société vivra mieux si elle vit plus sobrement.

Une crise des énergies fossiles s’annonce, en raison de la progression de la consommation par de pays comme la Chine et l’Inde, mais aussi une crise climatique due aux gaz à effet de serre. A ce moment critique, l’Etat ne doit pas abandonner l’outil qu’il s’est forgé pour la politique énergétique. C’est pourquoi j’ai refusé les privatisations d’EDF et de GDF. Une entreprise à majorité publique, garantie par un pays tout entier, est mieux armée en face de ces risques d’instabilité. L’Etat doit conserver un instrument pour défendre l’intérêt général.
 
Nous devons diviser par 4 notre consommation en 50 ans, c’est-à-dire baisser notre consommation de 25 % à l’horizon 2020.
 
La première clé d'une politique sérieuse en matière d’économie d’énergie, c’est la formation de la population, par les media et l’Éducation nationale. Deuxième clé de cette politique, il faut que polluer ait un coût, ce qui implique une fiscalité écologique, une fiscalité des carburants.
 
En même temps, les biocarburants, bientôt l’utilisation de la biomasse, l’agrochimie, font apparaître l’espoir d’un débouché écologique, rémunérateur et extensible, pour notre agriculture.
 
Enfin, la dimension européenne est essentielle, pour garantir la sécurité de nos approvisionnements et la diversification de la production énergétique. Il faut une politique de l’énergie européenne, qui ait les moyens d'induire ce changement réel de comportement, et en même temps de faire exemple et convaincre les autres puissances. »

Lien(s):
Interview dans La Tribune du 7 septembre 2006 : "Il faut garder le contrôle de l'énergie"
Discours "Environnement : pour un avenir durable" du 22 avril 2006
Discours "Développement durable : passer aux actes" du 21 octobre 2006
Discours "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux" du 11 février 2006

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Emplois francs

" Toute entreprise aura le droit de créer deux emplois nouveaux sans charges pendant cinq ans ".

Répondant le 3 février au site commentonfait.fr d'Alexandre Jardin, François Bayrou a fait "l'explication de texte" de la mesure d'urgence qu'il propose pour l'emploi.

"Je veux inciter à créer plusieurs centaines de milliers d’emplois dans les entreprises françaises en quelques mois, pour sortir notre pays de la dépression du chômage.

Toute entreprise : quel que soit son secteur d’activité, et quelle que soit sa taille. C’est évidemment très peu de chose pour une très grande entreprise, mais une aide déterminante pour une petite ou très petite entreprise. Or sur 2,7 millions d’entreprises en France, 1,5 million n’ont aucun salarié, 1 million ont entre 1 et 9 salariés.

Deux emplois nouveaux : on prendra le nombre d’emplois dans l’entreprise au 1 er juin et la mesure s’appliquera à deux emplois qui viendront en supplément de ce chiffre : si l’entreprise a 5 salariés au premier juin, la mesure s’appliquera au 6 e et 7 e emplois lorsqu’ils seront créés ; si elle en a 45, au 46 e et 47 e ; si elle n’en a aucun, au premier et deuxième.

Sans charges : sauf 10 % destinés à améliorer le financement des retraites, pendant cinq ans.

De quels emplois s’agit-il ? Tous les emplois sans exception, en CDI avec une période d’essai, avec un plafonnement pour éviter les abus (par exemple la mesure pourrait être plafonnée à 5000 €). Cela favorise évidemment les premiers emplois pour étudiants diplômés, et les emplois pour plus de cinquante ans, les uns et les autres étant souvent considérés comme coûtant trop cher à l’entreprise.

C'est une mesure compréhensible par tous, et on vérifiera en quelques mois, selon ses résultats, si oui ou non la question des charges pesant sur le travail est déterminante pour la création d’emplois. "

Lien(s):
Le site commentonfait.fr
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006

00:45 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emploi, charges, entreprise, retraite | | |  Facebook |

06/06/2007

EDF-GDF

« Il faut une politique nationale de l’énergie, sous contrôle public à EDF comme à GDF. »
La fourniture d’énergie est stratégique. Cela appelle la construction d’un acteur public majeur de l’énergie. La privatisation partielle crée un conflit d’intérêt entre le public et les actionnaires privés. François Bayrou a refusé l’ouverture du capital d’EDF, critiqué la fusion GDF-Suez, et préconisé un rapprochement EDF-GDF.

« La privatisation d’EDF ne sert pas les intérêts de la France. L’électricité, avec nos centrales nucléaires, est un enjeu majeur du siècle. Dans le domaine de l'énergie, on a le devoir et la responsabilité de conserver de grands acteurs publics. Nous sommes sur le point de vivre une crise des énergies fossiles, du fait de la forte progression de la consommation, dans des pays comme la Chine et l’Inde.

Dans le même temps, une crise climatique s’annonce, due au rejet des gaz à effet de serre provenant de la combustion de ces carburants fossiles. A ce moment critique, l’Etat ne doit pas abandonner l’outil qu’il s’est forgé pour la politique énergétique.

Avant la privatisation, nous avions la chance d’avoir un courant électrique vendu sur le marché français 60 % moins cher que sur le marché libre. De ce simple fait, des entreprises étrangères étaient enclines à s’installer en France plutôt qu’ailleurs.

La privatisation d’EDF va créer un conflit d’intérêt entre l’Etat et la logique privée. Une entreprise privée travaille pour ses actionnaires et recherche le meilleur rendement financier. Je défends un principe : il faut garantir que, sur un sujet aussi sensible, l’intérêt du peuple français sera pris en compte et pas seulement l’intérêt des actionnaires.

La fusion GDF-Suez crée des risques, car une entreprise à majorité publique, garantie par un pays tout entier, est mieux armée en face des risques d’instabilité du marché du gaz. La logique politique l’a emporté dans cette affaire - alors que, ministre de l’Economie, Nicolas Sarkozy s’était engagé en 2004 à conserver à l’Etat une large majorité dans EDF et dans GDF !

La meilleure mesure aurait été un rapprochement d’EDF et GDF : nous aurions eu une entreprise nouvelle, instrument de la politique de l’énergie de l'État.

EDF et GDF ont été édifiés par les Français. C’est l’effort des Français qui a construit le réseau, jusqu’au plus petit village. Il n’y a aucune raison de l’oublier. »

Lien(s):
Interview sur RTL "L'Etat abandonne l'instrument qu'il s'est forgé", 7 septembre 2006
Interview dans La Tribune, "Il faut garder le contrôle public de l'énergie", 7 septembre 2006

03/06/2007

Dissuasion nucléaire

« Ce qui serait rationnel, c’est de discuter d’un désarmement nucléaire de long terme. »

François Bayrou expose sa vision de la dissuasion dans l’équilibre international, et de la menace de prolifération nucléaire, en réponse à Nicolas Voisin du "PoliTic’Show".

« Ce qui se joue, dans les jours où nous sommes, est une question terrible pour l’humanité : si on accepte la prolifération nucléaire, un jour un fou s’en servira. La question est celle des détenteurs des armes, de leur caractère stable ou instable. Le droit d'ingérence se lit à l'aune de cette stabilité ou instabilité.

Déjà, ce n’est pas rassurant que cinq, six grands États aient l’arme nucléaire. On voit ce qui se passe en Iran : ce sont des technologies à la portée d'un appareil scientifique convenable. Il y a des risques de fuite.
 
Ces États qui ont l'arme nucléaire considèrent comme légitime qu'ils la détiennent, et que les autres ne la détiennent pas ; tandis que l’Iran ou la Corée du Nord disent ‘‘et pourquoi pas nous ?’’.
 
Une politique rationnelle et juste serait de discuter d’un plan de désarmement nucléaire de long terme. Il permettrait de répondre, à tous les pays qui veulent la prolifération nucléaire, que nous allons - à pas programmés - vers un monde dans lequel cette arme serait bannie.
 
La dissuasion a changé de visage. Il est donc nécessaire que nous reformulions notre doctrine en matière nucléaire.
 
Les intérêts vitaux de la France ne sont pas définis uniquement par les frontières hexagonales ou même l’Outremer. L'intérêt vital de nos alliés les plus proches est une part de notre intérêt vital.
 
Mais le caractère dissuasif de l'arme atomique vient de ce qu’elle est une arme de dernier recours : ce n'est pas une arme de maintien de l'ordre international, ou de lutte contre le terrorisme international. »

Dette et déficits

« Faire payer nos dépenses par nos enfants est irresponsable et criminel. »
Faire payer nos dépenses par nos enfants est irresponsable et criminel. François Bayrou propose de résorber le déficit de fonctionnement en trois ans, et, hors les années de récession, de l’interdire à l'avenir.

« Le combat pour l'équilibre des finances publiques n'est pas un caprice de théoricien, c'est le premier geste social que nous pouvons faire.

Les Français les plus fragiles et les plus démunis sont les premières victimes de la dette. Le déficit actuel de l’État ne soutient plus la croissance, il la freine. Il crée un climat d’incertitude face à l’avenir. Toute remontée des taux d’intérêt aurait des effets désastreux sur les finances publiques.

Depuis vingt-cinq ans, tous les gouvernements ont été coupables de ce laisser-aller. Tous les jours, l'État dépense 20 % de plus que ce qui rentre dans ses caisses. Malgré ce constat, que tout le monde fait, les candidats du PS et de l'UMP promettent plus de soixante milliards d’euros de dépenses nouvelles. Cette attitude est irresponsable.

C'est pourquoi je ne prendrai aucun engagement qui ne soit financé par une économie correspondante. Notre projet représente 21 milliards d’euros de dépenses nouvelles avec, en face, 21 milliards d’euros d'économies :

* concentrer en trois ans les exonérations de charges sur les PME et sur les salaires en dessous de 1,3 SMIC (9 milliards d’euros d'économies),

* plafonner progressivement le montant global des niches fiscales (4 milliards d’euros) ;

* des actions de modernisation de l'État pour un montant de cinq milliards d’euros d'économie ;

* et des économies au niveau des collectivités locales pour 3 milliards d’euros en trois ans.

Modernisation de l'État et économies dans les collectivités locales vont de pair : jusqu'ici, aucune décentralisation des compétences n'a entraîné la diminution du nombre des fonctionnaires des services correspondants !

Je propose d'inscrire, dans la Constitution, l'interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficit de fonctionnement, hors période de récession. L'État s'interdira ainsi de financer ses dépenses courantes par la dette.

Je propose la suppression de ce déficit de fonctionnement, 21 milliards environ, en trois ans. En retenant une prévision de croissance raisonnable, 2 % par an, et 1,8 % d'inflation, l'augmentation des recettes de l'État est de 14 milliards d’euros par an. En consacrant 7 milliards par an à la diminution du déficit, on retrouve au bout de trois ans l'équilibre de fonctionnement. Alors la part de la dette dans la richesse nationale se met à baisser, et l'État et les collectivités locales retrouvent des marges de manœuvre. »

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Interview dans Les Echos, 6 novembre 2006 : "Ma stratégie économique pour la France"
Discours de Lille, 14 décembre 2006
Discours à l'université d'été de la Grande Motte, 2 septembre 2006
Conférence de presse "Pour une social-économie", 23 février 2007

01:40 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dette, état, impôts | | |  Facebook |

Développement

"Une nouvelle politique du développement, fondée sur un respect réciproque"

François Bayrou, en clôturant le 30 janvier le colloque "Co-développement et coopération partenariale", a défini la nouvelle conception politique qu'expriment ces termes : assurer ensemble l'équilibre de la planète, qui est à la fois l'équilibre des pays riches et celui des pays pauvres.

"Quand les riches imaginent que la misère est un problème pour les pauvres, ils ne comprennent pas ce qu'est désormais l'imbrication de l'humanité. Il y a un risque de non-assistance à humanité en danger.

La question de l'immigration ne peut se traiter que par le développement des pays dont la misère chasse ceux qui viennent chez nous. L'objectif, c'est que les femmes et les hommes de ces pays soient en situation de vivre et de travailler au pays. Dans le domaine agricole, si nous n'avons qu'une approche strictement économique, nous les arracherons à leur terre et les jetterons dans les bidonvilles. Conserver à la terre le plus grand nombre possible de paysans, cela impose une remise en cause du modèle des échanges agricoles.

Nous devons renoncer à des pratiques de déséquilibre comme le pillage des cerveaux - on va chercher des médecins pour pallier les carences qui sont les nôtres en France. Je mets en cause le concept "d'immigration choisie" défendu par Nicolas Sarkozy. Les meilleurs des pays africains, nous devons les encourager à porter le développement des pays africains. Les aider et non les trier.

La coopération décentralisée coûte moins cher et est infiniment plus efficace pour le développement du tissu social, que les circuits politiques : j'ai depuis longtemps l'impression que des fleuves de subventions se perdent dans les sables. Bâtir une centrale électrique, une université, c'est à l'échelle des nations, mais j'insiste pour qu'on aille vers le "micro", la coopération à la base qui prend en charge des problèmes concrets, dont on peut voir de ses yeux comment ils sont résolus.

Les migrants qui sont chez nous sont des partenaires de ce développement équilibré, en sont coresponsables. Ils sont les plus capables, et de loin, de nous expliquer les réalités des pays d'où ils viennent, et où ils ont bien raison de conserver des liens. Ces femmes et ces hommes sont en situation de construire un nouvel équilibre du monde.

Le commerce équitable, basé sur une coresponsabilité dans le développement, est une des réponses les plus riches, qu'on ait trouvées ces dernières années. Un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que des intérêts financiers à court terme. Quand nous intégrons ces autres valeurs, que l'on pourrait dire éthiques, nous servons le tissu social des pays pauvres, nous servons notre propre équilibre social, nous offrons à nos enfants un autre visage de nous-mêmes, nous devenons responsables en étant consommateurs.

Un problème de notre famille humaine est la question du climat, de l'énergie. Il faut que nous réfléchissions avec ces pays à la façon dont ils se développeront tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Cela veut dire le partage des connaissances, des techniques, de la recherche - notamment en matière d'énergie solaire.

Tous les hommes ont droit à la démocratie, pas seulement les habitants des pays riches. On doit soutenir, ne serait-ce que les écoutant, les forces qui défendent une vision démocratique dans les pays qui sont nos partenaires. Cela fera le développement de ces pays, et ce sera un plus pour nous : les réseaux, les yeux fermés, la Françafrique, ça ne correspond pas à notre idée du développement démocratique de la France. L’aide internationale au développement à laquelle participe la France doit être conditionnée au respect de l'état de droit."

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Discours de François Bayrou au colloque "Co-développement et coopération partenariale", 30 janvier 2007.
Discours de François Bayrou en clôture du colloque : "Relations internationales, défense : quelle place pour la France ?", 22 juin 2006.

Dette du tiers-monde

"Il est anormal de faire rembourser aux peuples des sommes détournées par des tyrans."

François Bayrou est l’un des rares hommes politiques à s’être prononcé, très fortement, pour la suppression de la "dette odieuse". Un principe de transparence et d'honnêteté doit guider l’ensemble de la politique de codéveloppement.

" Il est anormal de faire rembourser aux peuples des sommes qui ont été détournées par les tyrans qui les opprimaient. Cette dette doit être annulée, ce qui servira de leçon à ceux qui prêtent de bon cœur à des dirigeants, en sachant à l'avance l'usage détourné qui en sera fait.

Ce principe de transparence, d’honnêteté, doit caractériser notre politique étrangère dans son ensemble.
Je veux assainir en profondeur la politique que mène la France avec les pays du Sud, en lui donnant désormais une seule ligne : la démocratie n'est pas le fruit du développement. La démocratie c'est le développement, et même dans un grand nombre de cas, la condition du développement. Tous les hommes y ont droit, pas seulement ceux qui ont la chance d'appartenir à un pays riche."

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Discours au colloque Relations internationales, 22 juin 2006

Délinquance des mineurs

« C’est notre responsabilité de rendre aux mineurs délinquants les repères qu’ils ont perdus. »

La délinquance des mineurs nécessite une action immédiate. François Bayrou fixe une ligne : associer sanction et prévention sans faille, mobiliser l’école et la famille, instaurer une réparation systématique, donner à la justice les moyens nécessires. C’est ce qu’il a expliqué lors de sa visite au tribunal pour enfants de Bobigny, le 28 juin dernier.

" Sur ce sujet, les promesses n’ont pas été tenues par les gouvernements successifs : la multiplication des internats pour les mineurs délinquants n’a pas eu lieu, seules cent places ont été créées pour toute la France ! On a fait de la propagande, les réalités n’ont pas suivi.

Je ne me résous pas à la situation actuelle où soit les délits restent impunis, soit leurs auteurs sont placés en détention. La détention des mineurs n’est pas une solution
, car dans notre pays, la prison est un pourrissoir moral.

La question principale est celle de l'exécution des peines - non celle de leur sévérité. Il faut par exemple jusqu’à deux ans et demi pour qu’un Travail d’Intérêt Général soit mis en place ! Le mineur aura évidemment eu le temps de récidiver, puisqu’il n’y aura pas eu de suivi pendant ce délai, et qu’il n’aura connu aucune sanction de son premier acte de délinquance !
 Il faut utiliser tous les degrés de sanctions, pour non seulement punir, mais surtout transformer le jeune délinquant. Il faut mobiliser l’école et les familles, pratiquer des mesures de réparation systématiques, immédiates, qui mettent en contact le mineur et la victime. Je souhaite de vrais travaux d’intérêt général, d'une durée de 3, 6, 12 mois, par exemple effacer les tags dans les cités et dans les trains.

Je propose de mettre en place des établissements d’autorité civique pour encadrer les jeunes délinquants et leur donner les repères qui leur manquent. Il s’agit de leur montrer que dans la vie on a des droits et des devoirs, et qu’un certain nombre de règles ne peuvent pas être transgressées sans sanctions.

Beaucoup de familles sont dépassées, leurs enfants ne respectent plus l’autorité des parents. La mise sous tutelle des allocations familiales, lorsque la désinvolture des parents joue un rôle dans la perte de repères des mineurs délinquants, est déjà inscrite dans la loi.   L’éducation à la loi est une forme efficace de prévention. Il faut enseigner la loi au collège, pour que les jeunes apprennent ce qui est permis et interdit."

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Discours au colloque "Justice : retrouver la confiance", 29 mars 2006
Interview sur LCP, 1er juin 2006 : "Il faut donner des repères aux jeunes délinquants"

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Démocratie environnementale

La lutte pour la défense de la planète doit engager tous les moyens. Et en particulier tous les moyens politiques. Un développement plus sobre, c’est un changement de vie pour des millions de personnes. Et seule une nouvelle façon de gouverner pourra impulser ce changement. Une politique du développement durable, c’est une politique qui pense à long terme, et qui associe tous les partenaires, professionnels et associations, en amont de la décision. Il faut donc une démocratie environnementale, avec des associations environnementales pleinement partenaires de l’action publique.

Voilà pourquoi je suis favorable :

A l’institution du dialogue environnemental. Il est pour moi l’égal du dialogue social, un nouveau pilier de notre démocratie. Les entreprises, les syndicats, et les associations de l’environnement doivent construire avec l’Etat une démocratie environnementale, pour que les changements profonds qui doivent toucher nos modes de production et de consommation, soient inspirés et soutenus par la concertation permanente des acteurs économiques, sociaux et environnementaux. Il faut pour cela d’abord responsabiliser et professionnaliser les associations environnementales, particulièrement en garantissant leur financement pérenne. Il faut ensuite que l’Etat soit le garant des discussions entre partenaires : une première conférence nationale de l’environnement, « grenelle de l’écologie », associant l’Etat, les entreprises, les syndicats et les associations sera le premier acte de cette démarche. Elle abordera en particulier la question de la représentativité des associations environnementales.

A la réforme de la sécurité sociale. La France est un des pays développés où la prévention est la plus négligée dans les politiques de santé publique. C’est pourtant la clé de la maîtrise des dépenses de santé, et de l’augmentation générale de l’espérance de vie. On sait qu’aujourd’hui de nombreuses pathologies, cancer, maladies cardio-vasculaires, ont des causes environnementales. Les associations environnementales ont un rôle à jouer au sein de notre système de santé : elles pourront proposer leur expertise, des pratiques et des solutions nouvelles, participer aux études épidémiologiques. Il est donc légitime qu’elles soient des partenaires responsables au sein de notre système de santé, et en particulier dans la gestion de la sécurité sociale.

A la réforme du conseil économique et social. Le conseil économique et social doit retrouver sa vocation première, celui d’être le vecteur principal du débat public, force de proposition de la société civile, représentant les acteurs économiques, sociaux et culturels du pays. Il y manque aujourd’hui les associations environnementales. Le conseil économique et social doit devenir un des lieux où s’imagine la politique du développement durable.

Sur la question de la réforme du comité d’entreprise : Les transformations des modes de production et de consommation touchent les entreprises. L’expertise environnementale de long terme leur est nécessaire. Il faut ouvrir la discussion avec les partenaires sociaux, au sein du dialogue environnemental, pour envisager la forme de cette expertise.

01:30 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : écologie, environnement, développement | | |  Facebook |

Défense

« L’Europe sera au cœur de notre politique de défense. »

Par nature, par pesanteur, les armées préparent toujours la « guerre d’avant ». Un certain colonel de Gaulle l’avait exprimé, en son temps. François Bayrou propose une nouvelle politique de défense, intégrant l'échelle européenne, et dans laquelle la défense civile répond aux nouveaux risques, évidents depuis le 11 septembre 2001.

« Priorité à la recherche : des moyens supplémentaires massifs doivent y être consacrés. Presque toujours, la recherche militaire a des applications civiles.
  Il faut pour cela faire des économies - alors qu'on est allé en sens inverse ces dernières années (programmes de missiles nouveaux, alors que les missiles à disposition peuvent encore aider ; multiplication de strates, de structures nouvelles sans supprimer les structures existantes, d'agences européennes sans supprimer les agences françaises, création d’un Etat-major général sans supprimer les trois états-majors existants …)
  La France a besoin de combler son retard en matière d'observation et de renseignement, en particulier le renseignement économique. On a besoin non seulement de technologie, mais de la longue expérience du terrain, des moeurs, des langues, des coutumes, des cultures : c'est une démarche européenne. c'est aussi une démarche européenne qui doit être construite. Représentons-nous la capacité qu'aurait l'Union Européenne au Darfour si l'on rapprochait la connaissance française du Tchad et la connaissance britannique du Soudan !
 Nous avons besoin d' une grande politique de défense civile. Les nouveaux risques auxquels nous sommes confrontés - terrorismes, armes biologiques, surveillance accrue des sites sensibles …- l’imposent. Notre capacité de défense civile doit se construire, au cœur de la société : tout particulièrement dans le cadre du service civique universel.
 Nous devons enfin reformuler notre doctrine nucléaire. Face au risque de prolifération des armes atomiques, la question du droit d'ingérence se pose selon le degré d’instabilité prévalant dans un pays - ce dont l’analyse pourrait être confiée à la communauté internationale.
 Nous devons construire une défense européenne. Dès lors, l'Alliance atlantique aura un tout autre visage, et les réticences françaises à son égard s'effaceront.
 Les pays européens représentent ensemble près des deux tiers du budget de défense américain, et notre capacité de projection doit être de 10% de la capacité américaine ! Notre continent doit devenir capable de faire face aux crises qui nécessitent une intervention au loin ; et pour cela, se doter d’une capacité de défense commune, c'est-à-dire non pas une armée européenne commune, mais la mise en synergie de capacités militaires nationales : manœuvrer ensemble, échanger des renseignements... La défense du territoire européen, c’est notre responsabilité. »

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Discours au colloque "Relations internationales, défense : Quelle place pour la France ?", 22 juin 2006

02/06/2007

Décentralisation

« On doit simplifier le labyrinthe des collectivités locales pour obtenir l’efficacité »

François Bayrou veut simplifier « l’empilement et l'enchevêtrement » des collectivités pour en finir avec les gaspillages d’argent, de temps et d’énergie. Avec un objectif : un meilleur service aux citoyens sur tout le territoire.

«  La centralisation rend l’État sourd, aveugle et impuissant, mais le labyrinthe de l’actuelle décentralisation, personne ne s’y reconnaît plus ! Aucun citoyen n’est capable de reconnaître ses élus et leurs vraies responsabilités ! Il faut faire des choix.
  Je propose de rapprocher les conseils généraux et les conseils régionaux dans une seule collectivité locale, avec les mêmes élus. Les mêmes élus administreraient les départements et les régions au lieu de l’empilement, des incohérences et des mises en concurrence.D'abord on fera des économies ; ensuite, par une fédération des efforts, les citoyens y verront plus clair et auront un véritable interlocuteur en matière d'aménagement du territoire.
Je souhaite également l’élection du président de région au suffrage universel.
  Les régions, qui fédèreront les départements, auront la plénitude des pouvoirs d’aménagement du territoire, d’équipement et de solidarité ; l’État assumera une redistribution pour équilibrer les ressources des régions. En revanche, je suis défavorable à la régionalisation de l’Education nationale : la déconcentration des moyens est déjà effective dans ce domaine, et les présidents de conseils régionaux n’ont aucune légitimité pour mener la politique de l’Education nationale.
  Les communes, fédérées en intercommunalités, auront la plénitude des pouvoirs de proximité, y compris une autorité en matière de sécurité.
 Je suis un défenseur des 36 000 communes ! Dans ma circonscription, la plus petite avait, il y a peu, 18 habitants, la plus grande 85 000. Grâce à ce tissu serré des communes françaises, il y a un immense tissu d’élus bénévoles – et beaucoup moins d’employés municipaux, en regard de la population, dans les petites communes que dans les grandes ! Les maires sont en première ligne dans le combat contre la décomposition de la société française. »

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Allocution au congrès des Maires de France : "Vous êtes en première ligne", 21 novembre 2006
Discours aux journées parlementaires de Saint-Clément-les-Places, 12 septembre 2002
"L'Esprit public" sur France Culture, 23 juillet 2006

Darfour

« Les plus graves crimes contre l’humanité se répètent sous nos yeux au Darfour. Il faut un engagement international pour imposer la paix. »

Les coprésidents du Parti démocrate européen, François Bayrou et Francesco Rutelli, se sont rendus au Darfour en février 2005 – malgré un premier refus de visa par le gouvernement du Soudan. François Bayrou a mesuré l’ampleur du drame, et appelé à un engagement international pour imposer la fin du conflit.

« Plus de 200 000 civils morts, 2 millions de personnes parquées dans des camps à l’intérieur du Darfour, 200 000 hommes, femmes et enfants réfugiés au Tchad ! Deux millions et demi de personnes dépendent de l’aide internationale pour l’alimentation et les soins médicaux !

C’est une obligation humanitaire, politique et morale pour les gouvernants français, européens, de faire cesser le martyre du Darfour.

Le refus par le gouvernement soudanais d’accepter l’intervention de soldats de l’ONU, et la poursuite d’opérations militaires extrêmement dures, exigent que la France agisse.

Il faut faire véritablement respecter l’exclusion aérienne (des attaques aériennes précèdent souvent les raids djandjawids). Des appareils radars Awacs et quelques chasseurs y suffiront.

L’Europe doit aussi accroître significativement son aide humanitaire et permettre aux ONG de travailler librement et en sécurité dans les zones de conflit. Elle doit obtenir du gouvernement soudanais qu’il cesse son offensive armée et accepte le déploiement d’une opération de maintien de la paix de l’ONU, afin de mettre un terme à la violence.

Et elle doit obtenir la réouverture en urgence de négociations afin d’aboutir à un accord politique. Cet accord devra prévoir la représentation des Darfouriens aux différents niveaux du gouvernement soudanais, une garantie réelle de désarmement, et une garantie de sécurité au retour, pour les déplacés et les réfugiés.

Nous avons le devoir de faire quelque chose pour mettre fin à cette horreur. »

Interview dans Le Figaro, 5 mars 2005.

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Discours à l'Assemblée nationale sur la situation au Proche-Orient, 7 septembre 2006

00:55 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Darfour, Soudan, ONU, Afrique, international, Europe, ONG | | |  Facebook |

Cumul des mandats

« Je suis pour un mandat unique des députés. »
Rendre à l’Assemblée nationale son rôle et sa responsabilité, cela passe, selon François Bayrou, par l’interdiction du cumul.

« Je veux restaurer dans notre pays la démocratie de représentation. Cela signifie que le Parlement soit respecté et fasse son travail, que les parlementaires participent aux débats du Parlement.

Nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! Nous ne pouvons plus continuer à délibérer avec 1 ou 2 % de la représentation nationale. La République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés. Et les députés doivent en avoir les moyens, en termes de statut et de collaborateurs - ce qui impose qu'il y ait moins de députés.

J’ai été président de Conseil général en même temps que député, et même ministre, pendant presque dix ans. C’était exténuant, mais intéressant ! Et les Mitterrand, Chaban, Lecanuet, ont été de grands cumulards ! Le temps acceptait que le patron surveille de loin, se contentant de choisir ses collaborateurs, et arrêtant seulement les grandes options, un ou deux jours par semaine.

Nous sommes entrés dans des temps plus exigeants. Le cumul empêche de s’investir calmement dans une tâche, de prendre les repères, les habitudes et les marques du débatteur et du législateur.

Je propose deux décisions drastiques, qui sont déjà la règle au Parlement Européen.

1) si l'on n'est pas là, on ne vote pas : pas de délégation de vote.
2) si l'on n'est pas là, on n'est pas payé.
Et il y a une Assemblée de notre Parlement qui doit comprendre des élus locaux, de grands responsables d’exécutif : c’est le Sénat. La République a besoin que la voix de ses collectivités locales soit représentée dans la délibération des lois et participe au contrôle du gouvernement. Le Sénat est le lieu naturel du dialogue entre les responsables des grands exécutifs locaux et les gouvernants nationaux. »

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Discours "Refonder nos institutions et notre démocratie", le 16 décembre 2005

DADVSI - Droits d’auteur sur Internet

" La copie privée est un droit "

Alors que le gouvernement essayait de faire passer "en urgence" la loi DADVSI, François Bayrou a obtenu que le gouvernement renonce à son projet de "police privée sur Internet". En résistance aux "pressions" des géants de la musique et de l’informatique, François Bayrou propose de concilier le droit à la copie privée et l’incitation à la création – y compris en matière de logiciel libre.

" Nous sommes d'accord pour que soient réaffirmés les droits d'auteur et les droits voisins*, mais nous n'acceptons pas que soit porté atteinte à d’autres droits tout aussi essentiels.   La copie privée, pour un usage personnel, familial ou amical, est un droit pour le consommateur, pour le citoyen qui se cultive et recherche un épanouissement.
 En matière numérique, ce droit se traduit d'abord par l'interopérabilité garantie par la loi, c’est-à-dire la possibilité de faire passer l'œuvre d'un support à un autre, de la faire partager dans le cercle privé.
  Cela mérite une compensation équitable : je suis favorable à une indemnisation modérée de la copie privée.
  Je crois que l'offre légale sur internet va se développer – il est vital, pour son développement, que son prix baisse. Il y a dans cette accessibilité nouvelle, dans la convivialité des sites, un gisement de développement considérable, y compris de ressources pour le monde de la création et de l’édition.
  La politique que je propose comporte cinq éléments : la transparence, le logiciel libre défendu et garanti, le droit à la copie privée consacré, le financement de la culture assuré, et les droits moraux des créateurs confortés.
 Il y a dans Internet non seulement un moyen de transmission – et donc de développement pour la création culturelle –, mais aussi un modèle de société et de développement humain. "
  * DADVSI : loi sur les droits d’auteur et les droits voisins dans la société de l’information.

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Discours pour la discussion du projet de loi DADVSI, 7 mars 2006

00:50 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : culture, Internet, droit, musique | | |  Facebook |

Culture

"La culture relève du verbe être et non du verbe avoir"

"La culture n'est pas un luxe qui vient après le nécessaire"

"Elle constitue le soubassement de nos prises de conscience, de nos comportements et des événements historiques. Au même titre que l'éducation et le recherche elle peut aussi être la clé de l'innovation dans nos sociétés à travers la création". Comme l’a dit François Bayrou venu rencontrer les acteurs culturels au Festival d’Avignon 2006, ces trois domaines qui "relèvent davantage de l’être que de l’avoir" doivent être prioritaires dans une "économie de la connaissance" .Or aujourd’hui, reflet de tout le reste, la culture est en crise. Deux objectifs fondateurs n’ont été que partiellement atteints : la démocratisation culturelle (l’accès de la culture au plus grand nombre) reste illusoire et les artistes sont en danger (cf. crise de l’intermittence)

A l’heure de la concentration des industries de loisirs, de l’influence du modèle américain, du développement très rapide des nouvelles technologies et moyens de transmission des savoirs et des œuvres dans une société qui a perdu ses repères et qui cherche du sens,   il faut refuser "l’abaissement de l’ambition culturelle pour tous" (F. Bayrou , au nom du Tiers-Etat. Il faut donc refonder nos politiques culturelles. "L’art est à la fois transmission et rupture, héritage et mouvement", ainsi le champ culturel est confronté à 4 enjeux majeurs :

- La transmission des savoirs composant notre patrimoine littéraire et artistique est un fondamental. Selon François Bayrou "La pire des fractures est la fracture culturelle". Aussi réaffirme-t-il aujourd’hui la même priorité qu’à son arrivée au ministère de l’Éducation Nationale en 1993, celle donnée à l’éducation artistique et culturelle à l’école*.

- Toute réforme profonde de la politique culturelle tient à la place que l'on fera à l'enseignement artistique dans le cadre de l'enseignement général.

- Le spectacle vivant souffre d’une diffusion insuffisante. Alors que le nombre de spectacles produits s’est fortement accru depuis une dizaine d’années, le public ne s’est pas renouvelé et élargi en conséquence : la transmission et le partage de la culture, c’est œuvrer aussi à sensibiliser et à accueillir toutes sortes de publics, de penser à des lieux qui ne soient pas tant figés dans des labels mais ouverts sur la cité et aux artistes, porteurs de projets innovants qui encouragent le croisement des disciplines et des genres, adaptés aux nouvelles technologies. C’est s’attacher aussi à ce qu’à l’ère du numérique où de nouveaux vecteurs de la culture (Internet, télévision mobile personnelle...) sont désormais disponibles, on développe une offre culturelle de qualité qui ne dépende pas de groupes monopolistiques mais repose sur la complémentarité service public-service privé.

-
L’art est héritage, il est également mouvement aussi faut il aujourd’hui repréciser la place de l'artiste dans la société, accompagner la création et soutenir la diversité culturelle, questions essentielles soulevées de façon cruciale par la crise des intermittents – non résolue aujourd’hui – et la loi sur les droits d’auteurs.

- Nous pouvons régler la question de l’emploi culturel notamment à travers une loi d’orientation du spectacle vivant proposant une véritable architecture de l’emploi artistique, par définition très diversifié, et garantissant un régime équitable et vertueux de l’intermittence . Le soutien aux créateurs dans leur diversité est une impérieuse nécessité.

Tout cela pose bien entendu la question des financements de la culture aujourd’hui en crise, et de l’organisation des territoires, aujourd’hui en panne. L’attention des médias s’est récemment portée sur le patrimoine et sur le recul de la francophonie dans le monde. Nous connaissons l’état de nos finances publiques, mais la culture est un investissement pour l’avenir afin de garantir les crédits nécessaires au rayonnement culturel de notre pays. Son budget, qui atteint péniblement les 1% de celui de l’État, doit faire l’objet d’une programmation pluriannuelle. Il faut aussi trouver les moyens de renouveler les financements de la culture dans un équilibre subtil entre la liberté de création et la pluralité des financements, publics et privés, et continuer à encourager le mécénat.

Il faut enfin sortir de cette "paralysie" et de cette instabilité que vivent les artistes, les professionnels et responsables associatifs de ce secteur. Aujourd’hui, la décentralisation n’optimise pas les financements publics : la stratification politico-administrative, au lieu d’amplifier une dynamique, la fige. La décentralisation culturelle, chantier inachevé du gouvernement, doit être organisée pour être réussie : qui fait quoi, comment et avec qui. Dans le même temps, l’État a toujours sa partition à jouer, mais un État modernisé, un ministère de mission qui renoue avec l’esprit insufflé par un Malraux et un Vilar et non de simple gestion, qui garantisse les grands équilibres, fédère, impulse dans le respect du rôle de chacun et mette en cohérence tout ce qui concourt, patrimoine comme création, à rendre la culture vivante et accessible sans démagogie ni marchandisation.

A côté de cette dimension locale de l’action culturelle qui doit viser en premier lieu à réduire les inégalités géographiques Paris-Province, entre régions, entre l’urbain et le rural (aujourd’hui un département sur 2 ne dispose pas de scène nationale alors que d’autres en dispose de 4 ou 5 ) entre les centres-villes et les cités (la crise des banlieues est aussi une fracture culturelle), il faut aussi inscrire nos politiques culturelles dans une dimension européenne, encourager la libre circulation des œuvres et des artistes, harmoniser les statuts sociaux et fiscaux des professionnels du secteur qui ne nous ont pas attendu pour construire l’Europe de la culture.

La culture n’est pas le simple chapitre d’un programme politique, elle est la composante d’un projet pour une nation : de l’enfant à l’école au citoyen dans la cité, François Bayrou veut tout mettre en œuvre pour que la culture soit le lien et le bien communs.

*(cf. protocole d’accord relatif à l’Education artistique de novembre 1993)

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Discours prononcé lors du colloque culture le 17/02/2007

00:45 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | | |  Facebook |

01/06/2007

Bombes à sous-munitions

« Je suis pour que la France adopte une loi contre les BASM. »

Handicap International a lancé une campagne "Non aux bombes à sous-munitions !" : les nombreuses sous-munitions non explosées sont, de fait, des mines antipersonnel. François Bayrou a reçu, le 27 septembre 2006, les représentants de cette campagne, et leur a dit son engagement contre cette arme barbare.

« Les bombes à sous-munitions, comme les mines antipersonnel, sont des armes barbares, car en réalité elles visent des civils, dans l'immédiat et dans le futur. Ceci est contraire à toutes les lois internationales qui organisent les règles des affrontements militaires. Donc je suis pour que la France adopte une loi contre les BASM, qu’elle les interdise sur son sol et qu’elle demande une règle internationale, adoptée comme la convention de Genève, pour interdire ces armes et empêcher qu’on en fasse usage à l’avenir.

Comme candidat à l’élection présidentielle, j’inclus cet engagement dans mon programme. »

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- Déclaration du 27 septembre 2006 (vidéo sur le site sousmunitions.org)

23:29 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : international, défense, Liban, guerre | | |  Facebook |

Bio

« L’agriculture bio doit être développée, au nom de la défense de la diversité de l’agriculture. »

François Bayrou inscrit depuis longtemps le développement du bio comme un élément de sa stratégie pour revivifier les territoires ruraux et la profession agricole. Cela suppose une nouvelle orientation de la PAC.

« Je veux développer l’agriculture biologique. La France peut sûrement faire mieux dans ce domaine, quand on voit que l’agriculture biologique représente à peine 1 % des exploitations françaises*.

Le mécanisme de la politique agricole commune (PAC) y est pour beaucoup : ce système d’aides décourage un certain nombre d’agriculteurs de se lancer dans l’agriculture biologique.

Je propose donc une nouvelle orientation de la politique agricole commune, un changement permettant une diversification plus grande de la production. 

La défense de la diversité de l’agriculture est primordiale. Il n’y a pas une agriculture, il faut qu’il y en ait autant que de secteurs, de filières, de niches, grandes et petites exploitations, fermes biologiques et traditionnelles à gestion maîtrisée. Le pluralisme, c’est la modernité, le pluralisme c’est l’avenir : c’est vrai en démocratie, c’est vrai en agriculture. »

* 2% maintenant. (Ce passage : François Bayrou, "Hors des sentiers battus", 1999).

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Discours en clôture du colloque sur l'agriculture - 11 février 2006

Bénévolat

"Le bénévolat prouve à notre société que tout n’est pas marchand"
 François Bayrou fait trois propositions pour que la société reconnaisse mieux l'activité des bénévoles : simplifier l’indemnisation de leurs frais, valider l’expérience acquise, et prendre en compte l’engagement au service des autres dans le système de retraite par points qu’il préconise.

"Le bénévolat est pour notre société une preuve que tout n’est pas marchand. Des activités indispensables, comme le sauvetage en mer, sont entièrement assurées par des bénévoles !

L’essence du bénévolat, c’est la gratuité de l’engagement.

A mes yeux, la reconnaissance du bénévolat - je préfère ce terme à celui de "statut du bénévole", qui me semble contradictoire dans les termes - doit se concrétiser dans trois domaines : simplifier l’indemnisation des frais, valider les acquis de l’expérience bénévole, valoriser l’engagement bénévole en termes de retraite.

Il faut faciliter le remboursement des dépenses que les bénévoles consacrent à leur activité : indemnisation, frais engagés. Rendre cela plus facile, moins sujet à caution que cela ne l’est pour l’instant.

J’ai défendu comme ministre de l’Education, la validation des acquis. La prise en compte de ce qu’on apprend en étant bénévole, doit entrer dans les faits. Il faut que ces expériences puissent être validées dans un CV, que chacun puisse faire valoir ce qu’il a construit en étant formateur, encadrant, écoutant, animateur, responsable bénévole d’une association ou d’un club sportif, mère de famille qui fait du soutien scolaire, responsable associatif dans l’humanitaire… 

Je propose également que des bénévoles puissent disposer, comme les élus, de droits d’absence à leur travail pour se consacrer à leurs missions au service de la collectivité.

La question des retraites n'est pas réglée, et il n’y a qu’un moyen de s’en sortir : le système de la retraite par points. Chaque citoyen a acquis au cours de sa vie un certain nombre de droits, différents selon les cas, selon la durée, la pénibilité du travail... A partir de ces droits, chacun décidera lui-même de l’âge de départ à la retraite et donc du montant de cette retraite.

Il me semble que ceux qui se seront engagés bénévolement dans la société auront droit à recevoir des points de retraite. Cette solidarité, différée dans le temps, marquera la reconnaissance de la société pour qui a été au service des autres.

La reconnaissance du bénévolat, c’est la société qui dit : "il est important que des centaines de milliers de femmes et d'hommes prennent sur leur vie pour que les associations, les clubs sportifs, les jeunes soient aidés et encadrés". C'est la conception humaniste de la société française que je veux défendre".

Lien(s):
Discours au colloque "Quelles missions pour le sport ?", 10 janvier 2007
Rencontre avec les équipes de la Société Nationale de Sauvetage en Mer au Conquet, 12 janvier 2007
Rencontre au Centre d'Aide par le Travail de La Bastide, 29 janvier 2007.

Banlieues

« Le tissu de notre société est en train de se défaire. »
Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur.

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !

Il y a trois directions à suivre.

En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l'Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l'Etat de proximité. Pas seulement l'Etat répressif, aussi l'Etat qui protège et qui aide.

Je propose qu'il y ait désormais un sous-préfet qui représente l'État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.

Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l'autorité du maire, en présence du sous-préfet.

Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.

Il faut prouver que la réussite est possible partout. »

Lien(s):
Discours de Bordeaux, 7 février 2007
Interview dans Paris-Normandie, le 26 octobre 2006
Interview dans Libération, 26 octobre 2006

Corse

« La démocratie doit l’emporter contre la violence. »

En 2003, François Bayrou a été le seul leader politique national à défendre le "non" à la modification de l'organisation institutionnelle de la Corse. Le "non" l'a emporté par 51% des suffrages des Corses.

« Je n’ai pas approuvé le projet de modification des institutions de la Corse soumis à référendum, au nom de l'idée, exigeante et précise, que je me fais des institutions régionales dont la France a besoin. Le fait de supprimer les conseils généraux et de les remplacer par des conseils territoriaux occupés par des conseillers régionaux, comme le proposait le référendum, aboutit à supprimer ce niveau de représentation du territoire. Il faut être attentif à la représentation des territoires. Dans une région aussi diverse que la Corse, on en a besoin.

Après la victoire du "non" au référendum, j’ai regretté que le gouvernement n’ait pas tiré les leçons du rejet qui était en train de naître en Corse.

Les gouvernements successifs ont failli en Corse parce qu’ils n’ont pas obtenu, ni même cherché à obtenir le désaveu de la violence de la part de ceux qui la pratiquent. Ils ont failli parce qu’ils ont laissé la place à une impression de ségrégation ethnique. Ils ont failli parce qu’ils ont laissé croire que désormais la Corse aurait sa loi qui ne serait plus celle de la France.

Le plus important est de préserver la paix civile. Je fais confiance à nos institutions républicaines pour faire respecter la loi et la justice. Rien ne pourra se faire de bon et de juste sans que, sur ce point, la situation soit assainie. »

Lien(s):
Discours à l'Université d'été de Seignosse, 31 août 2003
Interview dans Le Monde du 4 novembre 2003