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30/04/2010

Retraites : le scénario démagogique

jean-luc_melenchon-b74a5.jpgToute une mouvance qui se considère comme exprimant les valeurs de la “vraie gauche”, les économistes d’Attac, les amis de Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon lui-même, voire l’aile souverainiste du Parti socialiste proposent au problème du financement des retraites une solution démagogique.

Leur thèse est simple, en deux parties. Premièrement, il faut “couvrir l’augmentation des besoins sociaux par un accroissement des prélèvements collectifs sur la richesse produite”. Explicitons : nous ne devons ni reculer l’âge de la retraite, ni allonger la durée de cotisation, mais prélever davantage sur le revenu des actifs pour financer les pensions d’un nombre croissant d’inactifs.

Deuxièmement, il convient pour ce faire de ne pas toucher aux revenus du travail, mais uniquement à ceux du capital. “Cela est possible si le curseur de la répartition des revenus revient en faveur de la masse salariale. Celle-ci a connu trois décennies de dégradation, tandis que la part des dividendes dans le PIB est passée de 3,2 % en 1982 à 8,5 %. Un déplacement qui équivaut aux ressources supplémentaires pour financer les retraites (…).”

En démocratie, toute proposition mérite le débat. On voit bien ce que celle-ci a de plaisant. On ne touche pas aux “avantages acquis” et on fait payer par les seuls capitalistes (les bénéficiaires anonymes des revenus du capital) le coût que représente pour la collectivité l’allongement de l’espérance de vie dont nous bénéficions tous.

Malheureusement, cette solution séduisante repose sur des chiffres faux. Comme si, politiquement nécessaire, elle était si faible dans ses fondements qu’il faille, pour lui assurer une apparente plausibilité, travestir la réalité. Le capital doit prendre sa juste part du fardeau, il ne peut pas l’assumer tout entier.

Le mensonge, tellement répété d’une intervention à l’autre qu’il en devient lassant, est double :

1 - La répartition de la valeur ajoutée des sociétés non financières est, en ce qui concerne la part des salaires, stable depuis vingt ans : 65,3 % en 1988, 65,6 % en 2009, avec peu de variations intermédiaires. La dégradation ne s’étend donc pas sur trois décennies, mais se mesure par rapport à une seule, la plus éloignée dans le temps. La part des salaires dans la valeur ajoutée y avait atteint un maximum de 74,2 % en 1982, record historique absolu jamais égalé ni avant ni après, et qui intervint après les trois ébranlements majeurs que furent les chocs pétroliers de 1974 et de 1979 et la relance mitterrandienne de 1981.

DEUX PLANS DE RIGUEUR

Comme notre appareil productif supporta alors, en première ligne, le coût de l’ajustement (à la différence de ce qui se passa dans la plupart des pays développés), la part de l’excédent brut d’exploitation des entreprises dans la valeur ajoutée tomba à un minimum historique absolu de 23,9 % (contre 30 % aujourd’hui). A un tel niveau, une fois payés l’impôt et l’intérêt, on arrive à grand-peine à renouveler le capital existant. Inutile alors de parler d’investissement net, donc de croissance.

La thèse est-elle qu’il faut revenir aux ratios économiques de 1982, année de déséquilibre majeur débouchant sur deux dévaluations et deux plans de rigueur ? Si tel est le cas, il faut le dire et le justifier. Car, une fois de plus, après la correction imposée d’une trajectoire insoutenable, le partage salaires-profits est stable depuis deux décennies.

2 - Les dividendes net distribués par les sociétés non financières étaient bien en 1982 (année dont on a vu en quoi elle était exceptionnelle) égaux à 3,2 % de leur valeur ajoutée et sont depuis remontés jusqu’à 8 % en 2007. Mais ladite valeur ajoutée ne doit pas être confondue avec le PIB, dont elle ne représente que la moitié. Il faut être cohérent : rapportée au PIB, la distribution de dividendes est en fait passée de 1,6 % à 4 %, soit une variation du même ordre de grandeur que les ressources manquant au financement des retraites.

En gros, il faudrait supprimer la notion même de dividendes, donc de rémunération du capital, donc de capitalisme, pour financer les retraites. On rencontrerait sans doute quelques autres obstacles sur un chemin aussi enchanteur.

Je ne puis soupçonner tant de bons esprits, tellement attachés au bien public, d’incompétence. Ils savent ce qu’ils font et pourquoi ils travestissent les chiffres ou leur interprétation. La vérité économique leur importe peu, puisque leur thèse est politique.

 

[La refondation du capitalisme]

29/09/2009

Il existe un autre chemin

abus-copie-1.jpg"Lorsque le jour sera venu, la vague qui dira non aux dérives subies depuis des années devra se renforcer d'une vague qui dit oui. Donnez‑nous à espérer, disent les citoyens qui n'aperçoivent aucune issue. Or l'issue existe. Elle n'est même pas difficile à trouver. Il suffit d'en formuler les grands axes pour qu'elle s'établisse, se charpente, et entraîne l'adhésion.

Cela sera dit en peu de pages. Parce qu'il y a peu de choix à faire. Depuis des années, les gouvernements interviennent trop. Trop de lois, trop mal écrites, trop de décrets, circulaires, règlements, annonces, plans, mesures.

Le premier choix à faire est celui‑là : la force d'un pays est‑elle dans son État, dans ses politiques, dans ses gouvernants, ou bien dans la société qui le forme? Notre réponse est celle‑ci: la force d'un pays est dans sa société. La mission de l’État est donc de donner confiance à la société, aux familles, à la démocratie locale, aux entreprises, aux associations.

Au lieu de l’État toujours mis en scène, s'exposant sous les projecteurs, j'affirme la nécessité d'un État sobre. Il faut donc des règles stables et peu nombreuses, indiscutables du point de vue de la justice, qui laissent vivre la société et non pas qui l'empêchent de vivre. Il faut des principes fondateurs, respectés dans la longue durée, de manière que la société puisse peu à peu for­mer les cadres de son action, s'adapter, se rénover, inventer, comme l’oiseau fait son nid, son nid à lui, sous la poutre, s'adaptant à la forme du bois. L’État, c'est la poutre, mais c'est l'oiseau qui fait le nid. Au lieu de l'État qui s'occupe de tout, je demande des décisions qui font charpente. Pour le reste, cessez d'empêcher les gens de vivre, de créer, de faire marcher leur maison: ils savent le faire mieux que vous. Arrêtez de vous mêler de tout, à temps et à contretemps, simplement parce qu'un sondage de plus est venu alarmer la meute fiévreuse des conseillers et des attachés de presse."

François Bayrou "Abus de pouvoir" chap.8 extrait

27/12/2008

Retraites Madoff

madoff_web.jpgcharles-ponzi-tm.jpgL'affaire Bernard Madoff a remis sur l'avant scène le nom de Charles Ponzi, qui a bien injustement donné son nom aux escroqueries de type cavalerie financière dans les années 20, car les premières escroqueries de ce type connues remontent bien plus loin (on trouve des traces de fonds pyramidaux à Venise à la renaissance).

Le principe est simple : un gérant de fonds vous promet un rendement supérieur à la normale, et, ne pouvant obtenir effectivement un tel taux, il rémunère les épargnants avec l'argent des nouveaux entrants. Tant que les nouveaux sont toujours plus nombreux que les anciens, la pyramide tient debout. Seul problème, lorsque  les clients sont nombreux à vouloir retirer leurs billes, le système s'écroule. Une chaîne de Ponzi repose avant tout sur des promesses intenables.

Il est trop tôt pour chiffrer les pertes des investisseurs floués par Madoff, mais il est question de quinze à vingt milliards de dollars (pour un fonds censé en valoir 50), soit encore, en "nouvelles unités financières", un General Motors ou 0,66 Crédit Lyonnais. Pas une petite arnaque de rien du tout, donc.

Mais, "wait a minute", comme on dit dans les réunions de travail des multinationales du bouchonnois. Un système où on promet à ceux qui cotisent un retour sur cotisation intenable à terme, qui ne tient que par la grâce de l'expansion démographique, où l'argent des derniers arrivants sert à payer la promesse faite aux premiers, et dont les prestations ont été plusieurs fois revues à la bais(s)e, cela ne vous rappelle rien ?

Et oui : notre système de retraites. Voici ce que j'écrivais il y a quelques mois:

Imaginez une caisse d'épargne qui vous propose de rémunérer votre épargne à 8% sans risque (le double des emprunts d'état à 10 ans !), mais qui pour ce faire, se contente de rémunérer vos comptes avec les dépôts des nouveaux épargnants. Ce système, bien évidemment insoutenable dans le temps, a pour nom «cavalerie financière», «boule de neige» ou encore «arnaque de Ponzi». Il est viable tant que le nombre de nouveaux épargnants connaît une croissance forte. Il s'écroule et fait faillite lorsque le nombre d'entrants dans le système baisse et le nombre de sortants réclamant leurs intérêts augmente. La promesse de rémunération n'est qu'une fausse promesse. Un faux droit.

Notre système de retraite: une gigantesque arnaque de Ponzi !

De tels dispositifs sont interdits par le code civil depuis 1804, bien qu'à l'époque, Charles Ponzi ne leur ait pas encore légué son patronyme (l'arnaque qui le rendit célèbre fut montée en 1920). Pourtant, le système de retraite que nous venons de décrire fonctionne exactement comme une chaîne de Ponzi.

Ses instigateurs n'ont pas pu prévoir, en 1945, que l'espérance de vie croîtrait dans de telles proportions, et que les années 60-70 marqueraient l'essor de la contraception, marquant un changement décisif dans la structure démographique du pays. Mais dès la fin des années 70, des économistes ont alerté les pouvoirs publics sur les conséquences de ces changements, et les modifications qu'ils impliquaient.

Malheureusement, par manque total de courage politique, aucun pouvoir n'a voulu s'y attaquer, le comble de la démagogie étant atteint par François Mitterrand qui a, en parfaite connaissance de cause (l'homme était tout sauf bête...), abaissé l'âge de la retraite de 65 à 60 ans, dégradant brutalement le rapport actif/retraités, tellement essentiel pour le bon financement de la répartition...

Il est trop tôt pour chiffrer les pertes des salariés floués par nos retraites Madoff. Mais il est question, selon un obscur "Conseil d'orientation des Retraites",  d'un déficit de 24 Milliards d'euros en 2020 et de 70 Milliards de brozoufs en 2050 (à ce train, l'Euro ne vaudra plus un clou en 2050...). Soit encore, en nouvelles unités financières, 1 à 3 Madoff, bref, beaucoup beaucoup de pognon... Et nous ne sommes que la petite France.  Car la même arnaque est officiellement en usage dans de nombreux autres pays, à commencer par les USA, ou les déficits à terme du système de social security (la retraite) atteindraient plus de 120 madoffs.

Aux dernières nouvelles, aucun des politiciens qui ont créé, géré, renforcé et fait l'apologie de ce vaste schéma de Ponzi n'a été inquiété par la justice. Certains ont même des rues à leur nom. En France, tous les rapports et livres blancs écrits pour dénoncer cette arnaque ont valu à leurs auteurs disgrâce politique et malédiction syndicale. Des cohortes de politiciens, de syndicalistes, et de gogos abreuvés de propagande "ponziste" vouent un véritable culte au système, et malheur à qui voudrait le réformer dans ses principes.

Et oui, si Bernard Madoff avait été fonctionnaires du "service public", il serait une figure symbolique des acquis sociaux conquis de haute lutte par les travailleurs spoliés par le grand méchant capital. Peut-être aurait il une place, un square, ou une fontaine publique à son nom quelque part. On rebaptiserait un col des alpes le "Grand Saint Bernard Madoff".

La finance privée est complètement folle. Les finances publiques sont complètement Madoff !

[Objectif Liberté]

01/10/2007

Cette méfiance qui tue la croissance

Individualistes, corporatistes, les Français suspectent tout et tout le monde: voisins, patrons, justice, élus... Dans un ouvrage audacieux, deux chercheurs expliquent les effets ravageurs de cet état d'esprit sur l'économie.

Les Français n'ont pas volé leur mauvaise réputation : inciviques, méfiants, jaloux, ils le sont, et deux économistes le prouvent ! Plus grave, ils affirment que cet état d'esprit serait la source de tous nos maux. Chercheurs au Cepremap (Centre pour la recherche économique et ses applications), Yann Algan et Pierre Cahuc délivrent, les conclusions de leur dernier rapport, "La société de défiance. Comment le modèle français s'autodétruit", où l'on découvre les effets pervers d'un système paralysant, incapable de répondre aux attentes sociales. Miné par le corporatisme et un Etat omnipotent, l'Hexagone s'enlise. Pourtant, pointent les auteurs, les pays scandinaves ont prouvé que l'on pouvait marier avec succès efficacité et générosité. Si les Français acceptaient les mêmes réformes que les Suédois, "ils pourraient augmenter leurs revenus de 5% et baisser leur taux de chômage de trois points", affirment-ils.

Au coeur de leur raisonnement, la méfiance généralisée des Français, qui s'accrochent à leurs avantages individuels au lieu de négocier des améliorations collectives. "Si tu gagnes, je perds." Voici leur leitmotiv, ce "jeu à somme nulle, voire négative", déjà décrit par Alain Peyrefitte, en 1995, dans La Société de confiance : essai sur les origines du développement (Odile Jacob). "Il s'applique à la France plus qu'à tout autre pays", expliquent Pierre Cahuc et Yann Algan. Ainsi, plus de la moitié de la population pense que nul ne peut atteindre le sommet sans être corrompu (lire page 74). Parmi les 15 pays les plus riches de la planète, seuls les Japonais, les Polonais et les Russes se montrent plus méfiants. Tandis que moins de 10% des Norvégiens et à peine plus de 20% des Américains affichent cet état d'esprit.

En France, "l'Etat affecte la confiance"

Quand les deux tiers des Danois et des Néerlandais déclarent faire confiance aux autres, seul 1 Français sur 4 partage cet optimisme. Tous les sondages le confirment : en France plus qu'ailleurs, on se méfie de tout, de ses voisins, de son patron comme de la mondialisation. On doute des magistrats, du Parlement et des syndicats. Interrogés dans le cadre de la World Value Survey, l'une des plus vastes enquêtes d'opinion internationale, organisée tous les dix ans par l'université américaine du Michigan, les Français se sont montrés défiants à l'égard de la justice : près de 1 sur 5 d'entre eux déclarait n'avoir "aucune confiance" dans l'institution; à peine moins que les Belges et les Turcs (1 sur 5) et dix fois plus que les Danois (2%).

D'où vient cette suspicion généralisée ? "La Seconde Guerre mondiale, notamment l'Occupation et Vichy, nous a laissé en héritage le corporatisme et un Etat dirigiste", explique Yann Algan. A l'entendre, le cocktail est unique au monde et particulièrement nocif. En liant les droits sociaux aux statuts individuels et aux professions, le modèle français "institutionnalise les divisions", poursuit l'économiste. En intervenant à tous les niveaux de la société, "l'Etat affecte la confiance". Avec sa dizaine de régimes publics de retraite, la France se classe au premier rang des pays les plus corporatistes, observent Yann Algan et Pierre Cahuc. Avec 44% de la dépense publique consacrée aux fonctionnaires (traitements et retraites), elle compte parmi les plus étatistes. Or, plus d'Etat ne signifie pas forcément plus de solidarité ni plus d'efficacité. Les dépenses sociales françaises sont plus élevées qu'ailleurs, mais moins bien réparties que dans les pays scandinaves. Algan et Cahuc citent l'assurance-chômage en exemple : très généreuse en apparence (le plafond des allocations chômage est le plus élevé d'Europe), elle couvre en fait moins de la moitié des chômeurs et l'indemnité moyenne est beaucoup plus faible que dans les pays nordiques.

"La France est prise dans un cercle vicieux", affirment les économistes. Les inégalités attisent les jalousies. Les dérogations multiples freinent les élans de solidarité et érodent la cohésion nationale. L'interventionnisme de l'Etat vide l'action syndicale de son sens. Couvés mais insatisfaits, les Français ruminent leur rancoeur, se replient sur eux-mêmes et adoptent un cynisme à toute épreuve. De tous les pays riches, ils sont les plus inciviques. A peine 39% considèrent qu'il n'est "jamais justifié de réclamer indûment des aides publiques", contre 89% des Danois. Et, quand plus de 90% des Danois jugent impensable d'accepter un pot-de-vin, moins de 60% des Français les suivent: sur 21 pays riches sondés, ce taux est le plus bas.

"La défiance et l'incivisme freinent les réformes"

"Les réformes sont suspectées de ne profiter qu'à une poignée d'individus", note Yann Algan. Et la boucle est bouclée : "La défiance et l'incivisme freinent l'adoption de réformes qui permettraient d'améliorer le fonctionnement de notre marché du travail." Fort heureusement, tempère le chercheur, "cette situation ne résulte pas d'un atavisme. D'autres pays, notamment scandinaves, ont traversé avant nous la même crise existentielle". Il ne s'agit pas non plus d'une maladie orpheline : les Grecs sont, eux aussi, plus méfiants que la moyenne. Mais comment changer les moeurs ? En 1970 déjà, le général de Gaulle s'inquiétait de voir "les rapports sociaux empreints de méfiance et d'aigreur".

Yann Algan et Pierre Cahuc croient pourtant aux résurrections, du moins en économie. Même si, avant cela, quelques révolutions s'imposent. "La transparence, l'équité et l'efficacité doivent devenir la priorité de nos politiques publiques", estime Yann Algan. La liste des chantiers à ouvrir est donc très ambitieuse : réforme des syndicats; évaluation de l'action publique; abolition des régimes spéciaux de retraite; ouverture à la concurrence, etc. Mais pourquoi ferait-on aujourd'hui ce que l'on sait nécessaire depuis tant d'années ? "Le climat est propice, assurent les deux chercheurs, car les Français prennent conscience de leur retard." Seront-ils capables d'accepter de nouvelles règles du jeu ?

db7505941f4fc882087d3b65c6a2306c.jpg248cfe230c3c6c21883ec9c75697924b.jpgYANN ALGAN est professeur à l'Université Paris-Est et à l'Ecole d'économie de Paris.

PIERRE CAHUC est professeur à l'Ecole Polytechnique et chercheur au CREST-Insee.

 

Source : L'Express (20/09/07), par Julie Joly

10/07/2007

L'Europe a besoin d'un observateur indépendant pour lutter contre la bureaucratie

c454fad30ba64ee7898e70e562555519.jpgLe Parlement européen a invité aujourd'hui la Commission européenne à réduire drastiquement les coûts administratifs imposés par la législation de l'UE. Dans un rapport largement approuvé par la session plénière, Jan MULDER (Pays Bas, VVD) demande la nomination d'un observateur indépendant pour lutter contre la bureaucratie.

Jan MULDER a déclaré : "Demander aux fonctionnaires de jeter leur propre travail à la poubelle c'est un peu comme demander au serpent de se mordre la queue. Pour s'assurer que l'Union européenne remplissent ses objectifs, il faut des mesures plus transparentes et un observateur indépendant pour lutter contre la bureaucratie."

Le salaire de cet observateur est déjà disponible, en raison d'un amendement de l'ADLE - que le rapporteur a déposé l'année dernière au budget 2007 de l'UE. Mais il ne plaide pas seulement pour moins de législation à un niveau européen. Les Etats membres doivent aussi s'assurer qu'ils n'ajoutent pas de lois en plus de la législation européenne.

Jan Mulder a ajouté : "Nous devrions garder à l'esprit que 'Bruxelles' n'est pas la seule responsable de la bureaucratie. La réduction de la charge administrative est la responsabilité commune des différents Etats membres et de la Commission. Souvent, les Etats membres interprètent mal la législation européenne ou simplement agrémentent les textes de Bruxelles pour leurs propres comptes. Par conséquent, nous invitons les Etats membres à indiquer exactement ce qui est exigé par la législation européenne et ce que les gouvernements nationaux ajoutent par ailleurs."

Le Président de la Commission José-Manuel Barroso a fait de la simplification de la législation européenne, une des principales contributions à la Stratégie de Lisbonne. Une législation susceptible d'aller à l'encontre de la compétitivité et des objectifs de croissance doit être abandonnée ou récrite par son administration dont le mot d'ordre est "une meilleure législation" et "moins, mais meilleure".

Le rapport d'initiative "sur la réduction au minimum des dépenses administratives imposées par la législation" est la réponse du Parlement européen à cette initiative. Veuillez trouver l'adresse du rapport ICI