23.10.2007
Alternative Libérale - Election internes 2007: libéraux à gauche, à droite ou réunis ?
Trois listes se présentent pour le bureau d’Alternative Libérale, lors d’élections qui auront lieu le dimanche 28/10. La tête de la liste élue deviendra Président du parti :
La Gauche Libérale, avec Saïd Bouaissi, entend “dédroitiser” le courant de pensée libéral et lui faire retrouver son positionnement originel, quand la gauche se définissait comme libérale pendant les lumières et au XIXème siècle. Des thèmes comme les institutions, pour des contre-pouvoirs, ou la défense des libertés individuelles, seront mis en avant. Cette liste souhaite multiplier les contacts avec l’actuelle gauche et les démocrates, pour dessiner une nouvelle opposition intelligente, donc libérale, à Nicolas Sarkozy.
Les Nouveaux libéraux, avec Christian Person, souhaitent incarner le courant des libéraux historiques français qui sont issus de Démocratie libérale, des Cercles Idées Actions. Les Nouveaux libéraux veulent renouer avec des alliances et un positionnement de droite, en accentuant le discours du parti sur les questions économiques, traditionnellement l’apanage des libéraux. Les Nouveaux libéraux entendent soutenir le gouvernement sur ses avancées libérales, mêmes timides.
Enfin, La liste Pour un libéralisme authentique, menée par Aurélien Veron, veut faire d’AL la « Grande maison » de tous les libéraux. Elle défend un libéralisme grand angle, ni de gauche, ni de droite et une position critique vis-à-vis du gouvernement. Parmi les membres de cette liste, Edouard Fillias, ancien candidat à la présidentielle d’Alternative Libérale, qui a choisi de faire tourner les responsabilités au sein du parti.
Pour le Conseil National, le « Parlement » d’Alternative Libérale chargé de voter sa ligne politique et de ses alliances, on compte au moins cinq listes en compétition, les dépôts officiels étant clôts dimanche prochain. A venir : la liste des Compagnons Libéraux de Vincent Pédoïa qui rassemble libéraux classiques et libértariens modérés, la liste des Femmes libérales de Sabine Herold, qui se veut anti-parité et la liste des libéraux européens de Ludovic Lassauce qui défend les valeurs du fédéralisme. La tendance “Gauche libérale” et “les Nouveaux libéraux” ont également le projet de déposer des listes pour l’élection au Conseil National.
Pour cette première élection interne à Alternative Libérale, c’est un foisonnement démocratique. Une richesse qui passionne et attire des adhérents variés à notre combat commun pour une société du libre choix.
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23:40 Publié dans Opinion(s), Scrutins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alternative, libérale, elections, internes, libéralisme
25.06.2007
"Libéral ?" par Daniel Riot
L’un des « scandales » (un mot qu’adorait Marchais !) de la campagne référendaire française vient du fait que des esprits intelligents ont réussi à transformer le mot « libéral » en « gros mot », en insulte, en repoussoir. C’est aussi l’un des signes les plus inquiétants sur l’état des esprits dans nos démocraties en crise.
Je dis « crise », oui. Une crise économique et sociale, c’est évident. Une crise médiatique et politique : c’est un truisme de le dire. Une crise identitaire : c’est flagrant. Une crise de la pensée, surtout. Une crise qui naît de cette « défaite de la pensée » que Finkielkraut dénonçait voilà près de vingt ans. Une crise qui se traduit bien sûr dans le vocabulaire. Par des détournements sémantiques.
Le mot libéral notamment est complètement détourné de sa signification, des valeurs qu’il incarne, comme ses dérivés, libéralisation et libéralisme.
Sans doute les indispensables traductions accentuent-elles les difficultés... Les mots n’ont pas le même sens, ni la même valeur, d’une langue à l’autre, surtout quand ils se rapportent plus à des concepts, des idées, des idéaux, qu’à des réalités, des faits, des choses... Il n’est pas « honteux » de s’afficher « libéral » en Belgique, en Allemagne, en Italie. On connaît l’importance du Parti libéral au Canada... Au Parlement européen, il existe un groupe « libéral ». En France, l’étiquette politique « libéral » ne fait pas recette, sans doute pour des raisons historiques. Le mot a été caricaturé, ou détourné, à la fois par ceux qui s’en sont réclamé et par ceux qui l’ont diabolisé.
Piégés, les mots ! A prendre « comme les ailes d’une mouche », redirait Pascal Guignard.
Les difficultés sont aggravées aussi par la confusion des genres : on confond trop volontiers libéralisme politique, libéralisme moral et libéralisme économique. Les trois expressions ont des racines communes, mais elles ne sont pas synonymes. Qui plus est, en France surtout, on leur donne souvent des significations qu’elles n’ont pas.
Le libéralisme moral se fonde sur les vertus de la tolérance : ce qui ne veut pas dire qu’il se traduise par un laxisme sans borne. La tolérance suppose les limites du tolérable. Le fais ce que voudras de l’abbaye de Thélème du bon Rabelais s’arrête au respect de la liberté des autres. L’Homme est un animal social. En cela, le libéralisme n’est pas l’individualisme. « L’humain est un être qui n’est pas a priori indépendant ; il est un être social, intégré dans cette société, et c’est ce caractère social qui est le moteur naturel de l’interaction humaine et de la coopération volontaire. », comme l’écrit Hayek dans Vrai et faux individualisme. Le libéralisme est un humanisme, voire un personnalisme.
Le libéralisme politique n’est pas non plus la loi de la jungle et du plus fort. Avec dépérissement de l’Etat ? John RAWL, par exemple, n’est pas assez lu. Il n’y a pas de libéralisme politique sans droit et sans état de droit. Car c’est le droit qui donne du sens aux valeurs qui fondent le « vivre ensemble ». Or, qui dit droit dit structures, et procédures d’arbitrage, et moyens de les imposer.
Le libéralisme économique est plus difficile à définir, puisqu’il a inspiré des doctrines différentes. Entre sa version classique, qui s’est constituée en théorie aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous l’influence des philosophes des Lumières, principalement britanniques (John Locke, David Hume, Adam Smith) et français (Turgot, Condillac, Montesquieu), et sa version dite de l’école de Chicago, de Milton Friedman, en passant par l’utilitarisme de Bentham ou par les adeptes du « darwinisme social », qui déformaient déjà, à leur manière, le mot libéral.
Par paresse, on réduit le libéralisme économique aux convictions de l’Ecossais Adam Smith qui, en 1776, dans sa Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, voulait que tout se passât comme si une « main invisible » organisait les échanges et harmonisait les intérêts individuels et collectifs, ou aux idées de David Ricardo qui, dans Des principes de l’économie politique et de l’impôt, (1817), avancera sa célèbre théorie du libre-échange mutuellement avantageux (théorie des avantages comparatifs) pour tous les pays participant au commerce international.
Mais on oublie une chose essentielle : les règles d’or du libre marché définies par les pères du libéralisme ne se réduisent pas à la suppression des entraves en tous genres. Le « laisser-faire laisser-passer » n’est pas laisser faire et passer n’importe quoi n’importe comment. Ces règles d’or sont de vraies règles du jeu : transparence du marché, bonne information des acteurs, égalité des chances, obligation du meilleur rapport qualité-prix, absence de situation dominante donc monopolistique.
Plus précisément, en termes plus théoriques, ces règles du jeu prennent soin de garantir :
L’atomicité des agents : aucun d’entre eux n’est assez important pour influencer le marché par son seul comportement. Ceci suppose non seulement un nombre élevé d’offreurs ou de demandeurs, mais surtout l’absence, parmi eux, d’un « gros » agent capable d’agir sur le marché
La rationalité des agents : chacun d’entre eux est caractérisé par une « fonction de satisfaction » qui exprime sa satisfaction en fonction des quantités de chaque bien qu’il possède, et son comportement consiste à chercher à maximiser cette fonction
L’homogénéité du produit : seul le prix permet de distinguer les produits qui ont tous des caractéristiques identiques
La transparence du marché : tous les prix sont connus de tous, ainsi que toutes les quantités disponibles : l’information est supposée parfaite
La libre entrée sur le marché : seul le prix décide les agents à entrer sur le marché et aucune autre barrière juridique (brevet), technique (savoir-faire) ou économique (capitaux) ne s’y oppose
La mobilité des facteurs : en fonction du prix qui rémunère chaque facteur, les agents peuvent réorienter leurs capitaux ou leur travail vers les secteurs ou les activités les plus rémunérateurs.
Cela n’entraîne évidemment pas la suppression de l’Etat, de pouvoirs d’arbitrages, de forces de stimulation. La dénonciation de l’étatisme n’est pas la négation de l’Etat. Dans notre pays centralisé, caractérisé par un « césaro-républicanisme », comme le dit Legendre, les vieux débats sur « moins d’Etat ou plus d’Etat » devraient depuis longtemps être dépassés par une question : comment faire un « mieux Etat », selon la formule d’Edgar Pisani.
Trois confusions relèvent particulièrement de ce que Michel Rocard appelle justement un « déficit de culture économique et politique » : libéralisme, capitalisme, libre-échangisme...
Le premier congrès de la « Gauche européenne », qui vient de se terminer par une « Déclaration d’Athènes », généreuse dans ses objectifs mais naïve (donc dangereuse) dans ses formulations, illustre trop bien ces détournements de sens, ce kidnapping des réalités, et les fuites qu’ils trahissent...
Ce qui est nommé politiques néo-libérales et néo-libéralisme désigne en fait l’ hyper-capitalisme, ce « capitalisme financier et prédateur » qui n’est ni dans les traditions chrétiennes-démocrates, ni dans les traditions socialistes, humanistes, personnalistes, qui ont fait ce que « l’Europe » a de meilleur en elle.
Nous ne le disons pas assez ; Les États-Unis, par exemple, ne sont pas une puissance libérale, mais un empire capitaliste. Les néo-conservateurs de Londres, de Chicago et d’ailleurs, ne sont pas des libéraux mais des... conservateurs. Le marché et la démocratie ne sont pas synonymes : la Chine l’illustre trop bien.
L’autre confusion bien entretenue en France vient du fait qu’on considère le mot libéral comme un synonyme de conservateur. Pourtant, même Hayek, penseur libéral, traçait radicalement la différence entre les libéraux et les conservateurs : le libéral ne croit pas aux solutions collectivistes, totalitaires, pas plus de « droite » que de « gauche ». « Le libéral n’impose tout simplement pas ses valeurs aux autres ».
Dans cette perspective, l’hyper-capitalisme qui accroît les inégalités et voit la finance devenir une fin en sois et non un moyen, cet « économisme », comme le dit Jean-Claude GUILLEBAUD, qui fait que l’Homme lui-même est « marchandisé », est anti-libéral. La société actuelle « d’individualisme possessif de masse » n’est pas libérale.
Il est temps de réapprendre que le mot libéral se rapporte à la liberté et aux libertés.
Liberté : un mot phare. Un mot de Lumière. Qui peut se permettre de le salir, de l’insulter ? Celles et ceux qui ne veulent pas lui donner autant de sens que de valeur. Celles et ceux qui ne se rendent pas compte que la liberté est un combat incessant, et que les libertés sont des conquêtes sans cesse à consolider, à protéger, à renforcer. Que l’on se situe à droite, à gauche ou au centre.
Si « J’écris ton nom : LIBERTÉ », comment puis-je oser raturer, déchirer, insulter les mots « libéral » ou « libéralisme » ? Si les mots sont piégés, c’est la plupart du temps parce que, par facilité, donc par paresse, par ignorance ou méconnaissance, par souci de caricaturer, par soumission aux « doxa » à la mode, on les coupe de leurs racines et on pratique ces amalgames et ces confusions qui font tant de ravages...
Le Conseil de l’Europe a été bâti sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce au Droit, un Droit fondé sur ces droits de l’Homme que contestent tous les anti-libéraux, tous les ennemis de la liberté et des libertés, de droite et de gauche.
L’Union européenne a été construite sur l’idéal libéral, cet idéal de LIBERTE qui prend valeur et sens grâce à la paix, à la sûreté intérieure et extérieure, à une prospérité partagée, à une organisation sociale qui concilie épanouissement individuel et solidarité collective.
Que la géo-finance internationale et cette « économie casino », favorisées par les nouvelles technologies, une « globalisation » mal maîtrisée et une mondialisation... insuffisante, portent atteinte à ces mariages de la liberté et de la solidarité, du Droit et de la Justice, des intérêts particuliers et de l’intérêt général, c’est une évidence.
Que les « maîtres du monde » (qui ne siègent pas à Bruxelles) aient tendance à oublier que l’Homme doit rester -ou être mis- au centre de toute activité, c’est une réalité flagrante. Que les combats doivent être intensifiés, à tous les niveaux, pour instaurer plus de justice dans tous les secteurs, et pour placer l’Homme au coeur de toute action humaine, c’est un constat incontestable.
Mais la diabolisation du mot libéral et la mode de l’anti-libéralisme trahissent en fait des peurs et des refus. J’en retiens trois, qui sont souvent tus :
1) Une peur de la LIBERTE, associée à la RESPONSABILITE. C’est tellement plus facile de pratiquer une culture d’opposition, de revendication, de contestation, qu’une culture de l’action, de l’amélioration, d’un progrès qui ne devienne pas synonyme de régression.
2) Une peur de l’économie de marché, une méfiance devant cette économie de marché qui, dans une partie de l’opinion (de récents sondages le confirment), est plus subie qu’applaudie, qu’on accepte avec résignation plus qu’avec conviction.
3) Pire, peut-être, la caricature du mot libéral, en France plus qu’ailleurs, traduit un refus de la démocratie pluraliste. Le philosophe Pierre Legendre a raison de souligner que nous n’avons pas assez approfondi la question de « ceux qui démocratiquement renoncent à la démocratie ». Comme il a raison de dire qu’Hitler a été vaincu par les armes, et non par les arguments. Comme ont raison ceux qui, tel Alain Besançon, soulignent que les mirages des fausses démocraties, dites, faussement, populaires, restent dans bien des têtes qui se rassurent à peu de frais en estimant que le communisme d’Etat né du stalino-impérialisme soviétique n’est qu’un détournement d’idéal. Il suffit de voir, cette semaine, la levée de boucliers déclenchée par l’initiative du Conseil de l’Europe, qui veut enfin condamner les crimes commis au nom du communisme.
Les détournements de vocabulaire, surtout quand il s’agit du mot liberté, sont en fait le reflet d’un détournement du regard : ce sont les réalités qui sont souvent difficiles à regarder. Bien des crises naissent des conflits entre l’imaginaire, qui nourrit la pensée idéologique, et le réel. Ce réel, on peut le changer en bien, grâce à des idéaux et à des idées qui partent des réalités, et ne les nient point. C’est sans doute à gauche, aujourd’hui, qu’il importe de réhabiliter le plus le mot libéral.
Je finirai en citant John Kenneth Galbraith, économiste, auteur du Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1968, et des Mensonges de l’économie, Grasset, Paris, 2004. « La philosophie libérale est profondément humaniste et optimiste, elle croit au potentiel de l’individu et aux bienfaits de la conjonction des actions humaines [...] Le libéralisme est l’antithèse de l’impérialisme, c’est l’humilité de se dire qu’on n’est pas parfait, et qu’on n’a pas à imposer ses valeurs, même celles qui ont trait à la démocratie, aux autres [...] La philosophie libérale est aussi essentiellement créatrice, axée vers l’avenir. » Autant dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche, si tant est que ces distinctions aient encore un sens aujourd’hui, alors que les vraies frontières séparent aujourd’hui ceux qui ont confiance en l’Homme et ceux qui fondent leur comportement sur la méfiance, ceux qui ont un esprit d’ouverture et ceux qui un esprit de fermeture, ceux qui pensent que l’Homme est authentiquement une personne, avec tout ce que cela implique. Mais nous entrons là dans un autre débat.
Daniel RIOT
janvier 2006
Extrait d’une conférence donnée dans les Tribunes et Débats de L’UNGE Péchine Alysé, Paris (12e)
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Liens :
relatio, l'Europe en revue
19:05 Publié dans A la Une, Libéralisme et démocratie, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : libéralisme, politique
23.06.2007
Les Echos à la tribune : le pluralisme, condition de la démocratie.
Une centaine de personnalités du monde économique et politique ont tenu à manifester leur « profond attachement à l'indépendance de ce titre et de son équipe rédactionnelle ». Parmi les signataires de la pétition de soutien aux Echos : François Bayrou, Marielle de Sarnez, Corinne Lepage, présidente de la formation Cap 21, adhérente au Modem mais aussi Jean Peyrelevade et l’économiste Christian Saint-Etienne qui ont fait partie de l’équipe de campagne de François Bayrou. Le groupe Pearson a annoncé sa volonté de vendre le titre et est actuellement en discussion avec le groupe LVMH, déjà propriétaire du quotidien économique La Tribune. François Bayrou a défendu, pendant la campagne, le pluralisme dans les Médias et leur indépendance par rapport aux pouvoirs économique et financier.
Liens :
La position de François Bayrou sur l'indépendance des médias
Le texte de la pétition parue dans le journal Les Echos du 22 juin 2007
La liste des premiers signataires
15:55 Publié dans Libéralisme et pluralisme, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pluralisme, media, presse
22.06.2007
Si Daniel Cohn-Bendit le dit...
Dans un entretien à l'hebdomadaire Télérama, Daniel Cohn-Bendit, député Verts européen, revenant sur la déroute électorale de son parti, confesse :
En 2002, vous dites : « Je n’ai pas réussi à m’ancrer dans la culture verte française »…
Un an plus tôt, j’avais écrit un texte sur la « troisième gauche verte ». C’est un texte prémonitoire sur l’impasse actuelle des Verts. Sur la manière dont ils auraient dû faire de la politique, ce qu’ils n’ont pas fait, parce qu’ils sont ancrés dans la culture gauchiste. Durant toute la campagne européenne de 1999, on a fait de moi un affreux libéral, parce que je me définissais comme « libéral libertaire ». Personne ne voulait comprendre ce que le libéralisme a apporté politiquement à la démocratie. On est dans une société contradictoire : on fête les écrits de Claude Lefort, de Castoriadis, de ces déconstructeurs du marxisme qui ont réinventé autour de la pensée de Hannah Arendt une idée de la liberté et de la démocratie, et à partir du moment où on appelle ça par son nom, le libéralisme politique, ça devient une horreur…
09:45 Publié dans Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écologie, politique, verts, cohn-bendit
13.06.2007
La TVA sociale, fausse bonne idée ?
Quelques repères :
- 26 mars 2007, "LES GRANDS DEBATS DES ECHOS". Dans le cadre de la campagne présidentielle, François Bayrou répond aux questions d'acteurs économiques et sociaux. Extrait :
Jean-Christophe Wiart : Où en êtes-vous dans votre réflexion sur la TVA sociale ?"Je ne me risquerai pas à la proposer comme "la" solution miracle. J'ai autour de moi autant d'ardents défenseurs [Jean Arthuis, Christian St-Etienne, NDLR] que d'ardents adversaires [Charles De Courson, NDLR] de la TVA sociale. La concentration des charges sur le travail est néfaste. C'est le problème de nos sociétés qu'on appelle bismarckiennes, du nom du chancelier allemand qui a inventé cette répartition des charges. Cela rappelle le vieil impôt sur les portes et les fenêtres. On l'avait inventé car c'était facile. Mais on a commencé à voir les portes et les fenêtres se murer. Pourquoi ? Parce que, comme toujours, lorsque l'on concentre une taxe sur une seule base, celle-ci a tendance à s'échapper. Sur la TVA sociale, je veux être prudent. Nous avons déjà une TVA élevée.. Le transfert d'une partie des charges sociales sur la TVA, c'est au moins cinq points d'augmentation de la taxe. Même si l'on explique qu'elle ne pénalisera que les produits importés, qui ne s'en inquiéterait ? J'examine ce qui se passe en Allemagne, où la TVA vient d'augmenter de trois points, sans créer d'inflation. On peut imaginer d'autres pistes, mais aucune d'entre elles n'est évidente..."
- Un document instructif (et confidentiel) : Séance Publique, n°3/2007 - La réforme du financement de la protection sociale
02:05 Publié dans A la Une, Libéralisme et économie, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : TVA, sociale, taxe, charges, travail, consommation
07.06.2007
Sondages, analyses et commentaires
Vos analyses et commentaires sur les enquêtes d'opinion, leur actualité et leur histoire. Entre conjoncture et induction...
En préambule, notions de pluralisme et pression de groupe :
Tout paraît avoir été dit sur le peu de crédibilité qu’il faut accorder aux sondages : la collecte par téléphone d’une « information donnée » - donc non fiable - , la difficulté d’interroger certaines catégories sociales, les méthodes arbitraires de correction des données propres à chaque institut, la marge d’inexactitude jusqu’à quatre points - selon l’échantillon interrogé - qui réduit à néant le classement des candidats en-deçà de cet écart. D’où vient donc pourtant qu’en période électorale, on en publie autant ? Depuis 1981, le nombre de sondages par élection présidentielle a doublé, passant de 111 à 220 au 12 avril dernier, selon « Le Monde »...
Quoiqu’on ne dispose pas - sauf erreur - d’études incontestées qui mesurent avec précision l’influence des sondages sur un corps électoral, deux données peuvent pourtant expliquer cette boulimie. L’une n’est qu’une approximation qui est souvent avancée : on estime à environ 30 % le nombre d’électeurs qui, sans opinion arrêtée, se détermineraient au dernier moment dans l’isoloir. L’autre, en revanche, est l’enseignement qui a été tiré des expériences menées par Solomon Asch dans les années 1953-1956 sur « la soumission de l’individu à la pression du groupe ».
L’individu seul face à la pression du groupe
Tout comme les chiffres de ventes de livres ou de films qui sont brandis - « 300.000 exemplaires déjà vendus » par-ci, « déjà 2.000.000 de spectateurs » par-là - les sondages visent, en effet, à placer l’individu isolé devant de prétendus groupes considérables donnés en modèle : « 80 % des Français pensent que... » Seul devant son poste de télévision, sa source souvent unique d’information, l’individu est livré sans défense à la pression du groupe qui s’exerce sur lui sans partage. Et c’est ici que les expériences de Solomon Asch sont éclairantes.
Des expériences éprouvantes
- Dans leur trame de base, elles consistent à accueillir des groupes d’environ 10 personnes pour une prétendue expérience sur l’acuité visuelle : il est, en effet, demandé à chacun de repérer sur une série de cartes comportant 3 segments verticaux celui qui est égal au segment solitaire présenté sur une autre série de cartes. Quoi de plus simple, surtout quand les différences sont sans équivoque ? Seulement, un seul des participants ignore que les autres obéissent à S. Asch dans leurs choix qui sont souvent absurdes ; il s’agit, en fait, d’étudier uniquement sa capacité à résister ou non à la pression d’un groupe dont l’opinion est pourtant manifestement contredite par l’évidence : le groupe, par exemple, prétend que des segments de 3, 4 ou 5 cm sont égaux à d’ autres de 10, 12 ou 15 cm ! C’est quand même dur à « avaler » !
- L’expérience est éprouvante pour le sujet. Elle le soumet à un conflit intense puisqu’il est écartelé entre deux représentations de la réalité rigoureusement contraires : sa propre représentation des égalités et inégalités de segments et celle de tous les autres participants qui soutiennent le contraire. Le sujet connaît un ébranlement psychologique d’autant plus profond que les deux représentations sont inconciliables. L’une a la force probante de l’évidence : les objets représentés, des segments, sont on ne peut plus simples, élémentaires, excluant toute ambiguïté. L’autre a la force probante du pluralisme des sources dont la convergence accrédite la fiabilité d’une information forcément plus que la source unique qu’est le sujet.
- Ainsi placé devant ce dilemme, ce dernier vit-il un trouble extrême que trahissent ses hésitations, ses silences, ses soliloques, ses sourires embarrassés. Il ressent une véritable angoisse ou bien il s’interroge sur son intégrité physique et psychique, qu’il ait adopté l’opinion du groupe ou qu’il ait maintenu la sienne.
Les enseignements de ces expériences
Ces expériences ont livré ainsi trois enseignements principaux.
- Premier enseignement : une vulnérabilité générale à la pression du groupe.
Le premier enseignement montre qu’à des degrés divers, nul n’échappe à la pression du groupe : l’individu tend à conformer sa représentation de la réalité à celle du groupe. Deux cas de figure se présentent :1- soit le sujet renonce totalement à sa propre représentation fondée sur sa propre perception pour épouser celle du groupe ; et cette attitude se rencontre chez 36,8 % des sujets, soit plus du tiers d’un groupe ! 2- Soit le sujet maintient sa propre représentation, mais au prix d’un profond déséquilibre psychologique qu’il tente d’atténuer par un essai d’explication rationnelle incriminant un problème d’acuité visuelle personnel ou même une illusion d’optique.
- Le deuxième enseignement : la force probante du leurre du pluralisme des sources.
Le deuxième enseignement éclaire ce déséquilibre qui demeure cette fois chez les sujets insoumis : il s’exprime par un état de doute profond sur leur propre représentation : « A moi, disent les sujets cités par Asch, il me semble que j’ai raison, mais ma raison me dit que j’ai tort, parce que je doute de pouvoir être le seul à avoir raison tandis que tant de gens se trompent. » Ce doute est fondé sur le mécanisme de l’hypothèse autovalidante suivante : 1- un groupe constitue un pluralisme de sources plus valide que l’unique source d’un individu ; 2- or, je ne vois pas ce que voit le groupe ; 3- donc je ne peux prétendre avoir raison seul contre tout le groupe.
Or, dans le cas d’espèce qu’est l’expérience de S. Asch, contrairement à la croyance du sujet, le pluralisme des sources n’est pas établi. Le sujet est placé à son insu devant un leurre de pluralisme des sources : les 8, 9 ou 10 participants ne constituent pas des sources autonomes, mais de simples relais dépendant d’une source unique qui dicte les réponses à tous, Solomon Asch. Ce modèle permet de mieux comprendre l’apparent pluralisme des sources qu’on peut observer dans un pays jouissant de plusieurs chaînes de télévision, de radio, ou d’une multitude de journaux, et d’éditeurs. Si ces multiples émetteurs sont dépendants d’une source unique, le pluralisme des sources n’est pas constitué et laisse la place au leurre.
- Le troisième enseignement : le groupe, indicateur de la normalité.
Le troisième enseignement est l’existence chez l’individu d’un profond désir d’accord avec le groupe qui est perçu comme la référence de « la normalité ». 1- Un dissident face à un groupe est considéré comme « anormal », c’est-à-dire hors norme et sa vision n’est pas légitimée : cette position est inconfortable, déstabilisante, énergétiquement coûteuse. 2- Au contraire, la conformité de perception d’un individu à celle du groupe confirme l’individu dans la normalité et légitime son opinion ou son action. Cette position est confortable et rassurante.
Que 38,6 % des personnes choisissent de se conformer à l’opinion même absurde d’un groupe, en dépit du témoignage contraire de leurs yeux, c’est plus qu’il n‘en faut pour modifier les résultats d’un scrutin, surtout quand 30 % environ des électeurs font leur choix au dernier moment ! Sur quels critères s’appuient-ils ? Il peut donc être intéressant de les soumettre à la pression du groupe par des sondages répétés qui indiquent aux plus conformistes d’entre eux « le bon choix » à effectuer.
Les groupes ont beau, dans l’Histoire, avoir multiplié les égarements tragiques, rien n’y fait. Dans « Cuisine et dépendances », une comédie d’Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri (2004), Georges n’a pas de mal à rembarrer son beau-frère qui lui vante les mérites du présentateur de télévision reçu à dîner, en soulignant que « 75 % des gens sont d’accord avec lui » et que, donc, « c’est la majorité.
- La majorité ? se moque Georges. Laquelle d’abord ? Celle qui pensait que la terre était plate, celle qui veut le rétablissement de la peine de mort, ou celle qui se met une plume dans le cul parce que c’est la mode ? »
René Descartes, bien avant lui, avait tranché dans son « Discours de la Méthode », paru en 1637 : « (...) La pluralité des voix n’est pas une preuve qui vaille rien pour les vérités un peu malaisées à découvrir, à cause qu’il est bien plus vraisemblable qu’un homme seul les ait rencontrées que tout un peuple. »
Jean de La Fontaine a renchéri en 1668 dans sa fable « Démocrite et les Abdéritains ». Les habitants d’Abdère traitent Démocrite de fou parce qu’il imagine que la matière est composée d’atomes : ils le "psychiatrisent" donc en invitant Hippocrate à l’examiner. Mais un bref échange avec Démocrite suffit au grand médecin pour découvrir que le fou n’est pas celui qu’on pense et La Fontaine de conclure : « Le peuple est juge récusable. / En quel sens est donc véritable / Ce que j’ai lu dans certains lieux, / Que sa voix est la voix de Dieu ? »
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04.06.2007
La position d'Alternative Libérale pour l'élection présidentielle
Pour une Révolution Légale (pourquoi je soutiens François Bayrou)
Le pouvoir n’appartient plus, depuis longtemps, aux Français. Ils en ont été dépossédés par une double oligarchie, politique et syndicale, qui ne représente plus ni les citoyens, ni les travailleurs, mais qui gère pourtant en leur nom un modèle économique et social à la dérive. L’échec continu du dialogue social et des réformes atteste de la faible assise des acteurs en présence, rendus pusillanimes par leur manque de relais dans le pays et d’inspiration dans leur vision. Les Français sont si las de cette absence qu’ils n’attendent plus rien de leur « classe politique ». Ils ne s’estiment plus représentés. Il serait trop commode de rejeter le médiocre bilan sur le seul Président sortant et d’excuser ainsi un système qui a fait long feu. Nous ne ferons pas l’économie d’une refondation de notre système politique et de notre représentation syndicale. Tant que cette double équation n’aura pas été résolue, la France restera paralysée, sous la coupe d’un pouvoir illégitime et impuissant, déconnecté du peuple et incapable de fixer un cap.
Avant même la nécessaire réforme de la vie syndicale, c’est une nouvelle donne politique dont les Français ont besoin. Le système est bloqué par son sommet : c’est d’en haut qu’il faudra trancher le nœud gordien, élaguer l’espace d’une respiration démocratique pour rendre ce pouvoir aux Français qui l’attendent dans tous les domaines de la vie. Une issue restée introuvable jusqu’à présent. La France est gouvernée par un monopole aux deux visages, socialiste et conservateur qui se succèdent au pouvoir en reproduisant les mêmes schémas coupables de l’immobilisme et de la jouissance des avantages acquis, marqués au coin de l’anti-libéralisme. Il est si confortable de se succéder à soi-même dans une République qui n’a plus de ses pères fondateurs qu’un lointain souvenir. Mais depuis un certain 21 avril, la façade électorale ne dissimule plus les lézardes de l’abandon aux extrêmes, de l’abandon tout court.
Alternative Libérale s’est bravement constituée en mars 2006 pour défendre une vision originale des réformes. Un an plus tard, nous sommes fiers du travail accompli : notre parti compte désormais plus de mille cinq cent adhérents, sur tout le territoire. C’est une jeune force politique qui assume avec audace et fierté son identité libérale. Paradoxalement, ce mot que beaucoup croient usé n’a jamais eu en France droit de cité : « libéral », c’est la caricature de l’homme du Capital, le paria antisocial défenseur des intérêts égoïstes, comme si toute notion de bien commun lui était étrangère. Alors que partout en Europe des partis libéraux existent de longue date et s’allient à d’autres formations dans des gouvernements de coalition, les libéraux restent en France des éclaireurs. J’ai tenté pendant le premier volet de cette campagne présidentielle, de faire aimer aux Français cette vision politique nouvelle qu’ils méconnaissent, en réalité, plus qu’ils ne redoutent.
Le libéralisme, c’est l’invitation à l’écoute de l’autre, à la tolérance en son sens le plus positif, à la recherche de solutions négociées où chacun tire le meilleur avantage en assumant ses responsabilités. Le libéralisme, c’est l’invitation à la différence, à la pluralité des hommes et des idées : tout le contraire d’un modèle figé qu’on plaquerait stupidement sur toute société. Il n’y a d’ailleurs pas de « modèle libéral », chaque pays acclimatant cette pensée, cette attitude politique, à ses moeurs. Le libéralisme, c’est aussi le refus de la démagogie : Jeter de l’argent sur les problèmes, comme disent les britanniques, comme si les électeurs n’étaient pas capables de comprendre que ce qui est donné ici est forcément pris là-bas. Etre libéral, c’est chercher à concilier la dignité due à chaque homme - et la misère est une indignité dans notre société d’abondance - avec la liberté économique, culturelle et sociale qui lui permet de bâtir sa vie en individu libre et responsable de ses choix. Pour nous, la liberté de s’oppose pas à la justice sociale, elle en est le socle.
Pour atteindre cet équilibre, nous ne croyons pas aux chimères interventionnistes : le désordre apparent des choses masque en réalité l’ordre qui s’organise. La justice ne se décrète pas depuis les ministères, mais s’organise dans la défense sans cesse renouvelée de valeurs essentielles : liberté, dignité, propriété, égalité en droit et en devoirs. C’est l’oubli de ces valeurs fondatrices qui fait le mal-être français, et non le défaut d’intervention d’un Etat qui s’est discrédité par sa volonté de tout assumer sans rien assurer.
Les libéraux veulent renouer avec le message authentique de la Révolution de 1789 : au cœur du Serment du Jeu de Paume, c’est la juste représentation du peuple et la fin des privilèges arbitraires, dépendant du fait du Prince, qui sont attendus. Ce sont de nouvelles Bastilles qu’il nous faut abattre, en 2007, pour renouer avec l’esprit de la liberté.
C’est au nom du renouvellement des idées, des générations, des professions, des origines, des parcours de ceux qui nous gouvernent, au nom de tous ceux et celles qui sont aujourd’hui exclus du débat politique, que nous plaidons pour de nouvelles institutions, fondées sur trois principes essentiels : justice, transparence et égalité.
Pour la justice, nous voulons l’instauration d’un réel pouvoir judiciaire indépendant du pouvoir politique, succédant à une simple autorité de justice rudoyée à l’envie par le ministre de l’intérieur et le Garde des sceaux.
Pour la transparence, nous voulons que le Parlement exerce pleinement son devoir de contrôle de la dépense publique et qu’il fixe librement son ordre du jour. Nous voulons que les députés du peuple puissent bloquer un texte sans se voir opposer l’article 49-3, dit de « vote bloqué », qui permet au gouvernement de s’asseoir sur l’avis de la représentation nationale. Nous voulons un mandat unique pour tous les élus, afin que leurs électeurs sachent qui est responsable de quoi et puissent juger en conséquence. Nous voulons aussi que l’impôt soit prélevé là où il est dépensé : l’Etat, les régions et les collectivités locales doivent prélever l’impôt qu’ils ont à gérer, en vertu du principe « pas d’imposition sans représentation ».
Pour l’égalité enfin, nous voulons un mode de scrutin proportionnel, au moins partiel, aux élections législatives, seule voie pour réconcilier les Français avec le suffrage universel. Nous voulons le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales. Nous voulons rétablir l’égalité de droits entre les citoyens, qu’ils travaillent dans le privé ou l’administration : aucun statut ne doit diviser les Français dans leurs droits.
Ces quelques principes sont le canevas d’un nouveau pacte démocratique. Nous appelons à une Révolution légale qui mette un terme au clanisme de l’ancienne République, aux coteries et aux héritages politiques. Une nouvelle règle du jeu, qui donne toute sa place à la pluralité des idées, tout en préservant la qualité et la force de la prise de décision du Président de la République. Cette Démocratie ouverte préfigure un temps nouveau, loin d’un bipartisme présidocratique en fin de règne, si affaibli qu’il en est réduit à appeler au parrainage des extrêmes pour se sauver lui-même. Il s’agit d’un saut d’époque au moins aussi important que le passage du cens au suffrage universel ou l’accès des femmes au droit de vote.
Cette refondation démocratique, qu’Alternative Libérale a mise au premier rang de ses priorités, dès sa création, est aujourd’hui possible. Elle permettra aux libéraux d’accéder enfin à une représentation indépendante au parlement grâce au scrutin proportionnel. Mais surtout, elle est la condition sine qua non des réformes structurelles que nous espérons de longue date.
La réforme radicale de nos systèmes de protection sociale - sécurité sociale, retraites, assurance maladie - exigera une intense négociation, conjuguée avec une grande capacité de décision. Il en va de même pour l’organisation d’un syndicalisme plus efficace, pour la lutte contre les inégalités en droit et les statuts, pour l’achèvement d’une réforme fiscale de grande ampleur. Et puis, notre société a changé : certains interdits moraux anciens doivent être levés et une nouvelle vie sociale autorisée. Nos institutions, dans leur état de décrépitude actuel, ne permettront pas de mener de tels chantiers, quel que soit le locataire de l’Elysée. En effet, comment diriger un navire dans une tempête quand le gouvernail ne répond pas ?
C’est pourquoi je soutiens la candidature de François Bayrou à l’élection présidentielle.
Il est le seul candidat dans cette course à proposer le changement radical des institutions qu’Alternative Libérale appelle de nos vœux. Elu président, il ouvrira la voie à ce nouveau pacte démocratique. Il lancera cette Révolution légale, d’autant plus forte qu’elle sera portée par des gens raisonnables : la plus profonde des révolutions est toujours celle des modérés.
Emmené par les Français, affranchi des appareils, il incarne une voie inattendue et inespérée vers le changement. Une Révolution de velours dont les premières conséquences heureuses pourraient être l’engagement de vraies réformes pour réguler le déficit chronique du budget et juguler notre dette écrasante, mais aussi pour renouer avec une Union Européenne que nous, libéraux, considérons comme une opportunité historique.
François Bayrou n’est pas un libéral au sens où nous le sommes, où je le suis. Mais sa démarche est fondatrice. Il ouvre la porte d’un nouveau projet politique, où la concertation sera certes forte entre des courants d’idées et des personnalités différentes, mais où les libéraux sauront prendre toute leur part. Cette ouverture vaut bien mieux que le statu quo et la démagogie, seule perspective offerte par les duettistes conservateurs et socialistes.
Je m’engage avec Alternative Libérale, en toute indépendance et avec une vision claire de nos espérances, pour que 2007 soit une année utile.
La Révolution ne commence jamais là où on l’attend.
Librement,
Edouard Fillias
Président d’Alternative Libérale
13 mars 2007
01:25 Publié dans Itinéraires, Opinion(s) | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


