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03/06/2007

Développement

"Une nouvelle politique du développement, fondée sur un respect réciproque"

François Bayrou, en clôturant le 30 janvier le colloque "Co-développement et coopération partenariale", a défini la nouvelle conception politique qu'expriment ces termes : assurer ensemble l'équilibre de la planète, qui est à la fois l'équilibre des pays riches et celui des pays pauvres.

"Quand les riches imaginent que la misère est un problème pour les pauvres, ils ne comprennent pas ce qu'est désormais l'imbrication de l'humanité. Il y a un risque de non-assistance à humanité en danger.

La question de l'immigration ne peut se traiter que par le développement des pays dont la misère chasse ceux qui viennent chez nous. L'objectif, c'est que les femmes et les hommes de ces pays soient en situation de vivre et de travailler au pays. Dans le domaine agricole, si nous n'avons qu'une approche strictement économique, nous les arracherons à leur terre et les jetterons dans les bidonvilles. Conserver à la terre le plus grand nombre possible de paysans, cela impose une remise en cause du modèle des échanges agricoles.

Nous devons renoncer à des pratiques de déséquilibre comme le pillage des cerveaux - on va chercher des médecins pour pallier les carences qui sont les nôtres en France. Je mets en cause le concept "d'immigration choisie" défendu par Nicolas Sarkozy. Les meilleurs des pays africains, nous devons les encourager à porter le développement des pays africains. Les aider et non les trier.

La coopération décentralisée coûte moins cher et est infiniment plus efficace pour le développement du tissu social, que les circuits politiques : j'ai depuis longtemps l'impression que des fleuves de subventions se perdent dans les sables. Bâtir une centrale électrique, une université, c'est à l'échelle des nations, mais j'insiste pour qu'on aille vers le "micro", la coopération à la base qui prend en charge des problèmes concrets, dont on peut voir de ses yeux comment ils sont résolus.

Les migrants qui sont chez nous sont des partenaires de ce développement équilibré, en sont coresponsables. Ils sont les plus capables, et de loin, de nous expliquer les réalités des pays d'où ils viennent, et où ils ont bien raison de conserver des liens. Ces femmes et ces hommes sont en situation de construire un nouvel équilibre du monde.

Le commerce équitable, basé sur une coresponsabilité dans le développement, est une des réponses les plus riches, qu'on ait trouvées ces dernières années. Un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que des intérêts financiers à court terme. Quand nous intégrons ces autres valeurs, que l'on pourrait dire éthiques, nous servons le tissu social des pays pauvres, nous servons notre propre équilibre social, nous offrons à nos enfants un autre visage de nous-mêmes, nous devenons responsables en étant consommateurs.

Un problème de notre famille humaine est la question du climat, de l'énergie. Il faut que nous réfléchissions avec ces pays à la façon dont ils se développeront tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Cela veut dire le partage des connaissances, des techniques, de la recherche - notamment en matière d'énergie solaire.

Tous les hommes ont droit à la démocratie, pas seulement les habitants des pays riches. On doit soutenir, ne serait-ce que les écoutant, les forces qui défendent une vision démocratique dans les pays qui sont nos partenaires. Cela fera le développement de ces pays, et ce sera un plus pour nous : les réseaux, les yeux fermés, la Françafrique, ça ne correspond pas à notre idée du développement démocratique de la France. L’aide internationale au développement à laquelle participe la France doit être conditionnée au respect de l'état de droit."

Lien(s):
Discours de François Bayrou au colloque "Co-développement et coopération partenariale", 30 janvier 2007.
Discours de François Bayrou en clôture du colloque : "Relations internationales, défense : quelle place pour la France ?", 22 juin 2006.

Dette du tiers-monde

"Il est anormal de faire rembourser aux peuples des sommes détournées par des tyrans."

François Bayrou est l’un des rares hommes politiques à s’être prononcé, très fortement, pour la suppression de la "dette odieuse". Un principe de transparence et d'honnêteté doit guider l’ensemble de la politique de codéveloppement.

" Il est anormal de faire rembourser aux peuples des sommes qui ont été détournées par les tyrans qui les opprimaient. Cette dette doit être annulée, ce qui servira de leçon à ceux qui prêtent de bon cœur à des dirigeants, en sachant à l'avance l'usage détourné qui en sera fait.

Ce principe de transparence, d’honnêteté, doit caractériser notre politique étrangère dans son ensemble.
Je veux assainir en profondeur la politique que mène la France avec les pays du Sud, en lui donnant désormais une seule ligne : la démocratie n'est pas le fruit du développement. La démocratie c'est le développement, et même dans un grand nombre de cas, la condition du développement. Tous les hommes y ont droit, pas seulement ceux qui ont la chance d'appartenir à un pays riche."

Lien(s):
Discours au colloque Relations internationales, 22 juin 2006

01/06/2007

Afrique

« Garantir aux Africains qu'ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail »

Dans son discours de Lille du 14 décembre 2006, François Bayrou évoque l’Afrique comme l’un des quatre grands sujets de politique internationale qui devront exiger du courage de la part des gouvernants, avec le Proche et le Moyen-Orient, le climat et la biodiversité et, naturellement, l’idéal européen.

« L’Afrique devrait être notre tourment. Pas seulement le tourment des plus généreux. Mais aussi le tourment des moins généreux. Ceux que l’ immigration tracasse et tourmente, ceux qui voient sans cesse un risque de déstabilisation pour la Nation.

En matière d’immigration, je ne crois pas aux murailles. Evidemment il faut prendre toutes les décisions du contrôle et de la régulation, conduire toutes les politiques de surveillance nécessaires. Il faut les prendre davantage encore au niveau européen qu’au niveau national.

Mais depuis que le monde est monde, chaque fois que les plus pauvres campent aux portes des plus riches, chaque fois la même mécanique se met en route : les pauvres, à pied, à la nage, en payant des passeurs, en rampant s’il le faut, les pauvres s’en vont chez les riches pour y trouver la subsistance de leur pauvre vie.

Tant que vous aurez les vingt pays les plus pauvres de la planète maintenus dans leur dénuement, à quelques centaines de kilomètres des dix pays les plus riches de la planète, vous aurez des vagues migratoires.

Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout.

C’est pourquoi la politique qui a été conduite, déversant sur l’Afrique des produits agricoles à prix bradés, artificiellement effondrés par des subventions américaines et européennes qui, par ailleurs, tendent à mettre nos agriculteurs européens et américains en situation de dépendance, ces politiques – il faut les appeler par leur nom - sont criminelles. Vous arrachez les paysans à leur terre, ils perdent en quelques mois dans des bidonvilles leurs repères, et leur savoir faire, et leur dignité d’hommes ! Cette politique est à la fois criminelle et suicidaire.

Une politique sérieuse doit avoir un but : que les Africains se voient garantir qu’ils pourront eux-mêmes nourrir et équiper l’Afrique, avec aide et protection internationale, comme les Européens l’ont fait, après la Guerre, en recevant l’aide du plan Marshall et la protection du marché commun. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006
Discours de Lille, 14 décembre 2006
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux", 11 février 2006