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07/06/2007

Energie nucléaire

"Contre l'effet de serre, la France a besoin de ses centrales nucléaires"

Avant le développement de nouvelles sources d’énergie renouvelable, le nucléaire est la principale filière disponible de production énergétique sans émission de gaz à effet de serre. Le débat sur le nucléaire, ses risques, ses déchets, doit pouvoir avoir lieu : François Bayrou demande donc la transparence.

"Les Français ne veulent ni des émissions de gaz à effet de serre, ni des déchets nucléaires.

Or il n’existe guère aujourd’hui qu’une énergie non émettrice de gaz à effet de serre, c’est l’électricité, pourvu qu’elle soit d’origine éolienne, solaire (dans ses débuts seulement aujourd’hui), hydro-électrique (importante en France bien que mise en difficulté par la baisse de la pluviométrie), ou nucléaire.

Je pense indispensable et juste de rechercher et de mettre en œuvre toutes les sources d’énergie renouvelables. Mais si nous voulons respecter nos engagements, ne racontons pas d’histoires sur le remplacement prochain du nucléaire.

Et méfions-nous en particulier d’un mouvement qui est en train de se développer : la mise en exploitation de nouveaux gisements de charbon à destination des centrales électriques. Car, avec un pétrole plus rare et un gaz plus loin, c’est le retour en force de l’ancien charbon. Et là où le gaz pollue 100, le pétrole pollue 150 et le charbon plus de 200 !

Nous avons fait de lourds investissements et maîtrisé, nous qui n’avons pas de réserves fossiles, une filière de production énergétique de haute qualité. Certes, le nucléaire ne résoudra pas tous nos problèmes énergétiques. Ne nous cachons pas la vérité : cette énergie n’est certes pas sans risque. Les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs -actuellement confinables et qui, espérons-le, pourront être un jour retraités. Mais, dans l’ordre des urgences, au moins cette énergie nous permet-elle pour les prochaines années de moins charger l’air de CO2.

Et il y a, à propos du nucléaire, une zone de consensus possible entre les 'pro' et les 'anti', alors même que c’est un sujet passionnel. Cette zone de consensus, c’est l’obligation de transparence. Je ne vois pas ce que les pro-nucléaires auraient à en craindre. Sur ces 4g1/2 de déchets nucléaires par an et par Français, qui sont déjà à La Hague, les pro nucléaires, affirmant que les problèmes sont maîtrisés, n'ont rien à craindre de la transparence.

La transparence, avec la publication des rapports, la possibilité de saisine directe de l’instance de sécurité nucléaire par les associations, avec obligation de réponse, c'est un devoir pour ceux qui considèrent que le nucléaire est une arme dans la bataille économique.

Les conditions du débat public concernant le projet de nouveau réacteur nucléaire EPR (Réacteur pressurisé européen) n'ont pas été satisfaisantes. J'en ai beaucoup parlé avec des experts. Je pense qu'une pause de réflexion est nécessaire avant de poursuivre. C'est une décision extrêmement importante, il faut être sûr que l'on prend la bonne décision."

Lien(s):
Déplacement à Caen, 1er mars 2007
Colloque "Environnement : pour un avenir durable", 22 avril 2006
"Projet d’espoir", mars 2007.

00:50 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : climat, nucléaire, énergie, démocratie | | |  Facebook |

03/06/2007

Développement

"Une nouvelle politique du développement, fondée sur un respect réciproque"

François Bayrou, en clôturant le 30 janvier le colloque "Co-développement et coopération partenariale", a défini la nouvelle conception politique qu'expriment ces termes : assurer ensemble l'équilibre de la planète, qui est à la fois l'équilibre des pays riches et celui des pays pauvres.

"Quand les riches imaginent que la misère est un problème pour les pauvres, ils ne comprennent pas ce qu'est désormais l'imbrication de l'humanité. Il y a un risque de non-assistance à humanité en danger.

La question de l'immigration ne peut se traiter que par le développement des pays dont la misère chasse ceux qui viennent chez nous. L'objectif, c'est que les femmes et les hommes de ces pays soient en situation de vivre et de travailler au pays. Dans le domaine agricole, si nous n'avons qu'une approche strictement économique, nous les arracherons à leur terre et les jetterons dans les bidonvilles. Conserver à la terre le plus grand nombre possible de paysans, cela impose une remise en cause du modèle des échanges agricoles.

Nous devons renoncer à des pratiques de déséquilibre comme le pillage des cerveaux - on va chercher des médecins pour pallier les carences qui sont les nôtres en France. Je mets en cause le concept "d'immigration choisie" défendu par Nicolas Sarkozy. Les meilleurs des pays africains, nous devons les encourager à porter le développement des pays africains. Les aider et non les trier.

La coopération décentralisée coûte moins cher et est infiniment plus efficace pour le développement du tissu social, que les circuits politiques : j'ai depuis longtemps l'impression que des fleuves de subventions se perdent dans les sables. Bâtir une centrale électrique, une université, c'est à l'échelle des nations, mais j'insiste pour qu'on aille vers le "micro", la coopération à la base qui prend en charge des problèmes concrets, dont on peut voir de ses yeux comment ils sont résolus.

Les migrants qui sont chez nous sont des partenaires de ce développement équilibré, en sont coresponsables. Ils sont les plus capables, et de loin, de nous expliquer les réalités des pays d'où ils viennent, et où ils ont bien raison de conserver des liens. Ces femmes et ces hommes sont en situation de construire un nouvel équilibre du monde.

Le commerce équitable, basé sur une coresponsabilité dans le développement, est une des réponses les plus riches, qu'on ait trouvées ces dernières années. Un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que des intérêts financiers à court terme. Quand nous intégrons ces autres valeurs, que l'on pourrait dire éthiques, nous servons le tissu social des pays pauvres, nous servons notre propre équilibre social, nous offrons à nos enfants un autre visage de nous-mêmes, nous devenons responsables en étant consommateurs.

Un problème de notre famille humaine est la question du climat, de l'énergie. Il faut que nous réfléchissions avec ces pays à la façon dont ils se développeront tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Cela veut dire le partage des connaissances, des techniques, de la recherche - notamment en matière d'énergie solaire.

Tous les hommes ont droit à la démocratie, pas seulement les habitants des pays riches. On doit soutenir, ne serait-ce que les écoutant, les forces qui défendent une vision démocratique dans les pays qui sont nos partenaires. Cela fera le développement de ces pays, et ce sera un plus pour nous : les réseaux, les yeux fermés, la Françafrique, ça ne correspond pas à notre idée du développement démocratique de la France. L’aide internationale au développement à laquelle participe la France doit être conditionnée au respect de l'état de droit."

Lien(s):
Discours de François Bayrou au colloque "Co-développement et coopération partenariale", 30 janvier 2007.
Discours de François Bayrou en clôture du colloque : "Relations internationales, défense : quelle place pour la France ?", 22 juin 2006.

01/06/2007

Citoyenneté

« Je veux rendre le peuple acteur, remettre les citoyens au cœur du pouvoir. »

Pour François Bayrou, notre démocratie est malade, car les citoyens sont mis à l’écart. Remettre les citoyens au cœur du pouvoir, c'est leur permettre d'être représentés, c'est également leur permettre de participer directement aux décisions qui les concernent.

« Je suis très sévère sur la manière dont fonctionne la démocratie française. Nous sommes, comme peuple, exclus de la plupart des décisions. Si le peuple ne devient pas acteur, les puissants ne bougeront pas.

Il y a la manière démagogique de voir, et il y a la manière démocratique. La manière démagogique cherche des boucs émissaires, ou dit "je vous suivrai où que vous irez, vos décisions seront les miennes". L'autre manière, démocratique, consiste à prendre le peuple des citoyens comme un acteur de premier plan, à le placer en face du pouvoir, en situation de partenaire.

La démocratie a deux aspects : représentation et participation des citoyens.
Le temps où l'on pouvait gouverner sans la participation des Français, ou contre eux, est révolu.

Chaque citoyen doit pouvoir se faire une idée des enjeux, des choix. Lui, citoyen, elle, citoyenne, ont le droit de savoir. C'est pour que les cartes soient sur la table que des règles - la séparation et l'autonomie des pouvoirs - ont été fixées depuis des siècles. Elles interdisent l'arbitraire et imposent la transparence.

Sous cette Vème République épuisée, les vraies cartes sont sous la table : un réseau opaque d' intérêts partisans, claniques, économiques, médiatiques, impose son influence à l'État. Victime directe : le peuple français.

Je suis un défenseur du concept d' éducation populaire. Le film d’Al Gore sur le changement climatique, c'est de l' éducation populaire : prendre le citoyen au sérieux, faire de lui le premier responsable du pays dans lequel il vit.

Je suis partisan de réhabiliter le référendum pour donner la base populaire nécessaire à de grands projets. Le référendum, sur un grand sujet, c'est le moyen de donner conscience des enjeux et d'entraîner la mobilisation. Le référendum place le citoyen en position de responsabilité, de gouvernant. Et non pas en position de consommateur qui ne pense qu'à sa situation personnelle.  »

Lien(s):
Discours au colloque "Développement durable : passer aux actes", 21 octobre 2006
Discours "La révolution civique" au conseil national du 10 juin 2006