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01/06/2007

Commerce

"Un autre commerce est possible"

Pour François Bayrou, si des quartiers perdent leurs commerces, si les centrales d'achat dictent leur loi, ce n'est pas une fatalité : c'est le résultat d'une politique qui ne regarde que les intérêts financiers à court terme, et ignore les besoins durables des producteurs et des consommateurs.

" Il faut soutenir les commerces de proximité, la création ou le maintien d'entreprises dans les centres-villes. Dans beaucoup de quartiers, c’est les uns d’un côté et les autres de l’autre, la ségrégation, les commerces ont disparu. En France, par rapport à d'autres pays, on a laissé se défaire le tissu urbain. Si nous avions eu dans les décennies passées une autre politique de l’urbanisme commercial, le monde ne serait pas ce qu’il est.

Il faut améliorer les conditions de travail dans la grande distribution, en particulier pour les femmes qui doivent assumer plusieurs vies à la fois. Les contrats de travail doivent être équilibrés pour protéger les salariés - une piste serait d'avoir une durée plancher pour les contrats de travail à temps partiel. Il faut favoriser la création des crèches proches des lieux de travail (les grandes surfaces sont souvent loin des centres villes) - sans être liées à l’entreprise, pour éviter que les femmes ne soient corvéables à merci.

Je suis pour qu’il y ait un jour - le dimanche - où la consommation et l’argent ne soient pas rois. Si on généralise l’ouverture des magasins le dimanche, ce sont toujours les mêmes personnes, les plus fragiles et les plus pauvres, qui ne verront plus leurs enfants le week-end - car je sais que le "volontariat" dont on nous parle sera en fait un volontariat contraint ! Et la loi permet déjà d’ouvrir cinq dimanches par an.

Les centrales d'achat sont hyper-puissantes, forment un oligopole, elles imposent leurs conditions et écrasent les fournisseurs de produits agricoles, de produits frais. Il faut permettre aux producteurs de s'organiser en face des centrales d'achat, et pour cela modifier les règles européennes. En Martinique, en deux années, l’organisation des producteurs a permis de passer le prix de vente réel, avant intervention, de quelque 235 € la tonne à plus de 430 € !

Le commerce équitable est une des réponses les plus intéressantes qu'on ait trouvées ces dernières années. Il repose sur l'organisation des producteurs, et sur une distribution qui intègre les nécessités du développement, qui prend en compte les problèmes concrets des producteurs. Cela rend possible une garantie des prix, de la qualité, de la commercialisation. Cela montre qu'un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que les intérêts financiers à court terme. »

Lien(s):
- Chez FOG, France 5, 4 février 2007
Émission Le Duo BFM, sur BFM TV et Radio BFM, 7 décembre 2006
Discours au colloque "Co-développement et coopération partenariale", 30 janvier 2007
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux", 11 février 2006
Discours à l'Université d'été de Seignosse, 30 août 2003
Visite à Poitiers, 16 février 2007

13:20 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : commerce, entreprise, prix, famille, femmes, loisirs, travail | | |  Facebook |