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07/06/2007

Emploi

« En réduisant les charges qui pèsent sur le travail, on libérera l’emploi. »
Pour lutter contre le chômage, François Bayrou propose une mesure immédiatement applicable : la possibilité pour chaque entreprise de créer deux emplois sans charges. A moyen terme, il propose de réfléchir au transfert des charges sociales vers d’autres bases que le travail.

« Quand il s’agit de définir des priorités en matière économique, tout le monde parle de croissance, d’emploi, et, évidemment, à juste titre. Mais la croissance et l’emploi sont des résultantes : ce qui fait l’emploi, c’est l’entreprise. L’esprit d’entreprise et l’entrepreneur.

Or, si une entreprise, à production de richesse semblable, crée des emplois, elle paye le maximum de charges ; si elle n’en crée pas, elle paye très peu. Formidable injustice. Rien ne justifie que l’ensemble du financement de la protection sociale repose sur le travail, sur l’emploi.
 
En 1798, un fiscaliste, à la recherche d’une base fiscale juste, vérifiable, non délocalisable, avait trouvé ‘l’idée géniale’ : le nombre de portes et de fenêtres de chaque bâtiment. Ça a marché … 50 ans. Puis, un peu partout, on a muré les portes et les fenêtres. Quand vous concentrez un prélèvement sur une seule base, elle a tendance à s’enfuir. Ce qui s’est passé pour les portes et les fenêtres se passe aujourd’hui pour l’emploi.
 
Je propose cinq pistes pour transférer ces charges : une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, une hausse de la CSG, la TVA sociale, une taxe sur la consommation de carburants fossiles, enfin une taxe sur les mouvements financiers.
 
C’est une réflexion de long terme qui demande la participation de toute la société française. Mais il y a urgence, c’est pourquoi je propose une mesure immédiate : permettre à chaque entreprise de créer deux emplois sans charges (avec les charges de retraite : 10% en tout et pour tout). Tous les chefs d’entreprise que j’ai rencontrés m’ont dit : "dans ce cas, demain j’embauche". Il y a un continent des emplois gelés : je propose de les dégeler.
 
Ce qui recréera l’emploi, ce n’est pas l’augmentation continue de la précarité, c’est un coût de l’emploi redevenu abordable. En réduisant les charges qui pèsent sur le travail, on libérera l’emploi : les chefs d’entreprise auront à nouveau envie d’embaucher, et ils y auront intérêt. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006
Discours "La révolution civique" au conseil national du 10 juin 2006
Discours à l'université d'été de Giens, 30 août 2005

Emplois francs

" Toute entreprise aura le droit de créer deux emplois nouveaux sans charges pendant cinq ans ".

Répondant le 3 février au site commentonfait.fr d'Alexandre Jardin, François Bayrou a fait "l'explication de texte" de la mesure d'urgence qu'il propose pour l'emploi.

"Je veux inciter à créer plusieurs centaines de milliers d’emplois dans les entreprises françaises en quelques mois, pour sortir notre pays de la dépression du chômage.

Toute entreprise : quel que soit son secteur d’activité, et quelle que soit sa taille. C’est évidemment très peu de chose pour une très grande entreprise, mais une aide déterminante pour une petite ou très petite entreprise. Or sur 2,7 millions d’entreprises en France, 1,5 million n’ont aucun salarié, 1 million ont entre 1 et 9 salariés.

Deux emplois nouveaux : on prendra le nombre d’emplois dans l’entreprise au 1 er juin et la mesure s’appliquera à deux emplois qui viendront en supplément de ce chiffre : si l’entreprise a 5 salariés au premier juin, la mesure s’appliquera au 6 e et 7 e emplois lorsqu’ils seront créés ; si elle en a 45, au 46 e et 47 e ; si elle n’en a aucun, au premier et deuxième.

Sans charges : sauf 10 % destinés à améliorer le financement des retraites, pendant cinq ans.

De quels emplois s’agit-il ? Tous les emplois sans exception, en CDI avec une période d’essai, avec un plafonnement pour éviter les abus (par exemple la mesure pourrait être plafonnée à 5000 €). Cela favorise évidemment les premiers emplois pour étudiants diplômés, et les emplois pour plus de cinquante ans, les uns et les autres étant souvent considérés comme coûtant trop cher à l’entreprise.

C'est une mesure compréhensible par tous, et on vérifiera en quelques mois, selon ses résultats, si oui ou non la question des charges pesant sur le travail est déterminante pour la création d’emplois. "

Lien(s):
Le site commentonfait.fr
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006

00:45 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emploi, charges, entreprise, retraite | | |  Facebook |

01/06/2007

CPE

« Le CPE est une fracture supplémentaire en France. »

François Bayrou s’est opposé au CPE, qui permettait de licencier un salarié sans justification. Il appelle à un contrat de travail simplifié et équilibré, à un financement public pour l’apprentissage de la vie en entreprise, et à une méthode de réforme fondée sur la concertation et le dialogue avec les partenaires sociaux.

«  Le CPE, contraire à tous nos engagements internationaux en matière de droit social, comportait deux points litigieux : le licenciement sans motif et la période d’essai de deux ans. Présenter comme un progrès que l’employeur puisse licencier sans la moindre explication, c’est perdre de vue les principes élémentaires de justice. Et si une réforme est injuste, elle est condamnée à échouer.

CNE et CPE concentrent toute la flexibilité et donc toute la précarité sur les plus fragiles : les plus jeunes et les plus petites entreprises. Une nouvelle fois, on a voulu séparer deux France : la France des plus protégés – la fonction publique, les grandes entreprises, les travailleurs à statut – et les "sans statut", ceux qui ne se défendront pas et qui vont devenir la variable d’ajustement des mouvements d’ emploi.
 
Si, au lieu de rechercher le passage en force, le gouvernement avait respecté la loi que cette majorité a voté le 4 mai 2004 - la loi Fillon - qui imposait la consultation des partenaires sociaux avant toute décision, on aurait évité bien des erreurs !
 
Pour aider les jeunes à entrer dans l’emploi, il faut une politique de formation et non de précarité. Arrêtons de multiplier les contrats, qui sont si nombreux aujourd’hui qu’aucun expert n’est capable de les citer tous : il faut un droit du travail simplifié, respectueux de nos principes et compréhensible par tous. Je propose donc un CDI universel à droits progressifs.
 
Et, pour les jeunes sans qualification, je propose un contrat de travail et de formation professionnelle, avec une prise en charge de la part du salaire consacrée à la formation.
 
Notre mission n’est pas de répandre la précarité, ni pour le salarié, ni pour l’ entreprise. Les Français et la France ont au cœur un tout autre modèle, où les rapports entre le salarié et l’entreprise sont équilibrés, où l’entreprise est libre et respectée. »

Lien(s):
Discours du 21 février 2006 lors du débat sur la motion de censure
Interview dans La Croix du 20 mars 2006 : "En maintenant le CPE, on prend le risque d'un accident social"
Interview par Pierre Weill sur France Inter, 27 mars 2006 : "Le contrat première embauche est une mauvaise mesure"

13:25 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emploi, syndicats, droit, travail | | |  Facebook |

Chômage et délocalisations

"Je ne raconterai pas d'histoires : celui ou celle qui vous dira "je vais interdire les délocalisations" ne vous dira pas la vérité."

À Noyelles-Godault (Pas-de-Calais) le 10 avril, après avoir visité plusieurs usines qui avaient subi des crises - l'une reprise avec succès, d'autres à l'abandon - François Bayrou a présenté ses propositions pour notre industrie : contre les délocalisations financières, pour associer flexibilité et sécurité, pour un comportement exemplaire des dirigeants envers leurs salariés.

Reprise d'activité
La première stratégie, c'est de rendre non seulement possible, mais obligatoire, la reprise quand il y a un repreneur. Il y a des entreprises qui ferment des usines, et dont la stratégie est d'empêcher ces usines d'être reprises. J'ai vécu le drame de Stora Enso,  immense papeterie qui arrête trois sur quatre de ses lignes de fabrication. Les salariés inventent un projet de reprise, consistant à fabriquer un papier de très grande résistance à partir de la fibre de chanvre qui peut être cultivée localement, et ils trouvent des financiers. Et on leur met des bâtons dans les roues. On avait, au début, parlé d'une reprise à l'euro symbolique ? On leur dit : "un million d'euros." Ils mettent un million. Cela ne suffit pas : "cinq millions", puis "neuf millions", ils mettent neuf millions et on s'aperçoit que ce qui est refusé, c'est le principe même de la reprise. Nous devrions avoir une législation qui dise : si vous voulez fermer l'entreprise, au moins, vous ne pouvez pas empêcher des repreneurs de faire repartir cette entreprise en acquérant les machines.

Deuxièmement, il faut que cette recherche de repreneurs soit une priorité des pouvoirs publics. J'ai promis aux ouvrières et aux ouvriers de Samsonite que, élu Président de la République, je nommerai une autorité en charge de rechercher les repreneurs. A Saint-Étienne, j'ai visité la première forge industrielle de France. Elle était, il y a dix ans, en liquidation. Une équipe courageuse l'a reprise, avec vingt-cinq salariés, et ils ont multiplié l'effectif par douze, parce qu'ils peuvent garantir à leurs clients des petites séries dans un temps très court.


Flexi-sécurité
Ce qui est frappant, c'est le risque de tout perdre. Les salariés de Samsonite m'ont dit : "on est entièrement adaptables. Le travail que l'on a fait dans l'entreprise, cela a toujours été de faire face à tous les postes de travail". Comment utiliser leurs compétences pour passer un cap difficile ?

Ni les Pays-Bas, ni la Suède, ni le Danemark n'ont réussi à empêcher les délocalisations, pas plus que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. En revanche, chacun de ces pays a réussi à faire descendre son taux de chômage très bas. Les pays scandinaves ont réussi à faire en sorte que l'on puisse à la fois remettre en cause le contrat de travail, et offrir une sécurité nouvelle aux salariés, en lui permettant de garder son salaire plus longtemps, ou en lui permettant de suivre une formation qu'il aura choisie, ou d'être embauché sur le même bassin de travail par des entreprises qui, au fond, auront mutualisé leurs capacités d'emploi.

Les centrales syndicales que j'ai rencontrées disent, et aussi le patronat évidemment : l'entreprise doit pouvoir en cas de baisse d'activité, remettre en cause le contrat de travail (sinon elle hésite à embaucher), et dans le même temps, cette flexibilité peut s'accompagner de sécurité. Pour la CGT, cela s'appelle la Sécurité Sociale professionnelle, pour d'autres, la sécurisation des parcours professionnels, d'autres encore emploient le mot de flexi-sécurité, mais tout cela veut dire la même chose. Cela veut dire que les droits du travailleur doivent être attachés au travailleur lui-même, et pas seulement au contrat de travail.

Il va falloir qu'on mette ces organisations au pied du mur, car c'est au pied du mur qu'on voit le maçon. Je mettrai à profit le mois qui sépare l'investiture du nouveau Président, de l'élection de la nouvelle Assemblée, pour ouvrir ce dialogue social, dire à l'ensemble des organisations représentatives : comment fait-on pour apporter du concret aux salariés ? Une négociation efficace, cela prendra le temps que cela prendra, mais c'est indispensable.


Assurance-chômage incitative (bonus-malus)
Il faut qu'il devienne, pour l'entreprise, intéressant financièrement de garder les salariés, et dissuasif de se débarrasser des salariés. Il n'est pas juste de faire payer les mêmes cotisations d'assurance-chômage aux entreprises qui font tout pour défendre l'emploi, et aux autres. Je propose que l'on mette en place un système de bonus/malus. Après tout, cela se fait pour les accidents du travail, et pour l'assurance auto. Je pense que cela doit se faire en matière d'assurance-chômage.


Le capitalisme financier : intéressements aux bénéfices et stock-options
On ne peut pas demander aux petits, aux ouvriers, aux salariés, de respecter les règles, et faire que les grands responsables d'entreprise se donnent, à eux-mêmes, des avantages tellement choquants que cela détruit l'image de l'entreprise auprès des citoyens.

Je souhaite une réflexion sur la manière dont, en France, on donne des stock-options, des parachutes dorés. Je suis pour qu'on invente un autre modèle, européen et français, un modèle d'exemplarité de l'entreprise par rapport aux salariés et au reste de la société. Au lieu de pousser dans le sens des stock-options, je souhaite qu'on pousse le sens de l'intéressement des salariés aux bénéfices. Comme, en matière de licenciement, il faut que défendre l'emploi rapporte à l'entreprise, il faut de la même manière que l'entreprise ait intérêt à partager son bénéfice avec les salariés.


Politique industrielle et commerciale européenne
L'Europe s'est beaucoup occupée de concurrence, sans doute avec raison, mais l'obsession de la concurrence va parfois trop loin. C'est notamment le cas pour la Poste, qui mérite d'être défendue en tant qu'une entreprise en charge d'un service public.

Je n'ai jamais trouvé génial que l'on remplace le 12, qui marchait, par une multitude de numéros dont je ne sais même pas à quoi ils correspondent, et vous non plus d'ailleurs. Ce que je sais, c'est que des centaines d'emplois sont partis à l'étranger.

Je pense nécessaire que l'Europe fasse son boulot de protection, défende le tissu des entreprises industrielles européennes. Car les usines c'est de l'exportation, et c'est de l'emploi. Il n'est pas imaginable que les Allemands soient en train de réussir un miracle économique et que les Français soient incapables d'envisager ce même miracle économique.
Il y a deux choses à faire.

La première est d'aborder la sous-évaluation de la monnaie chinoise, savamment entretenue. Évidemment si la France seule pose cette question, les Chinois vont nous dire que nos Airbus, nos voitures, on peut les garder ... Mais si nous tous, pays européens, premier marché de la planète, bientôt première monnaie de la planète, nous disons quelque chose, la musique changera.
La deuxième, c'est que l'Europe fasse respecter, par ses concurrents, les règles environnementales qu'elle impose à ses propres entreprises.

Cela ne s'appelle pas du protectionnisme au sens où l'on fermerait les frontières, cela s'appelle la loyauté des échanges. Si vous me choisissez comme président de la République, j'appellerai l'Europe à défendre ses industries et ses emplois, à imposer au moins la loyauté. "

Lien(s):
Rencontre de Noyelles-Godault, 10 avril 2007
Conférence de presse "Pour une social-économie", 23 février 2007

Activité universelle

"Chacun peut être utile à la société"

Pour François Bayrou, l’inactivité est source d’exclusion. Donner aux titulaires de minima sociaux l’occasion de se rendre utiles à la société, c’est faire le premier pas vers la réinsertion.

"A tous ceux qui sont bénéficiaires de minima sociaux, je forme le voeu que l'on propose pas seulement un chèque mais une activité au service de l'intérêt général, dans une association, dans une collectivité locale - en dehors du secteur concurrentiel. Pour que chacun retrouve la certitude de son utilité, de sa compétence.

On sait bien, en effet, quel mécanisme exclut - et cela va très vite - ceux qui perdent le contact avec le travail, et perdent en même temps la reconnaissance de ce qu'ils sont. L'une des clés est de rendre l'estime de soi, la reconnaissance dans le regard de l'autre, à ceux qui sont dans l' exclusion. Même dans cette pauvreté, nous trouverons autant de richesses que chez ceux qui "réussissent".

L'activité universelle, c'est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, c’est une idée de révolution civique. Je sais bien que c'est extrêmement ambitieux, mais c'est à la dimension d'un pays comme le nôtre.

Tout le monde possède une compétence, un savoir-faire. Des informaticiens diplômés sont cantonnés au RMI ! Les familles de RMIstes de mon village, je les connais depuis l'enfance. Ils savent faire plein de choses. Chacun peut surveiller la sortie d'une école, veiller à la sécurité des enfants. Tout le monde peut conduire, s'il a le permis de conduire, aider des personnes pour faire leurs courses. Chacun peut jouer un rôle dans les aéroports, dans les gares ; les personnes âgées sont souvent désorientées dans ces grands ensembles. Il y a mille et une tâches que l'on peut assumer dans la société pour retrouver le sentiment de sa compétence.

Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI."

 

Lien(s):
Discours de Clermont-Ferrand, 19 janvier 2007
Discours au colloque "Nouvelles solidarités contre l'exclusion", 7 octobre 2006.

00:15 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : activité, associations, civisme, emploi, exclusion | | |  Facebook |