E24: Pensez-vous que les Assises de la consommation vont pouvoir renforcer les associations de consommateurs, comme le souhaite le gouvernement?
Robert Rochefort : Ces assises sont une vaste fumisterie. La seule chose qui puisse renforcer le rôle des associations de consommateurs est de permettre les actions de groupe, une "class action". Depuis des années, elles n'attendent que cela.
Or, le gouvernement a reculé sur ce sujet car le MEDEF s'y oppose. Ce-dernier fait un double chantage: il ne veut ni d'une judiciarisation de l'économie, ni que cette réforme se fasse pendant la crise. La vraie raison est que les entreprises ont peur des actions de groupe.
Aujourd'hui, dans plusieurs secteurs, il n'y a pourtant plus que trois ou quatre opérateurs. Dans cette situation d'oligopole, la théorie économique a prouvé qu'il y avait forcément des ententes. En outre, les ventes sont de plus en plus compliquées. Dans ce contexte, les pouvoirs des consommateurs doivent être renforcés.
Et ce renfort passe nécessairement par la "class action", pour vous?
Evidemment et sur ce sujet il n'y a pas que le modèle américain, les actions de groupe au Canada sont par exemple plus raisonnables.
Je suis d'accord avec le MEDEF, il faut privilégier la médiation mais ce n'est pas suffisant. Aujourd'hui, quand vous n'arrivez pas à résilier un abonnement, vous ne voulez pas vous lancer dans une bataille juridique pour 15 euros. Dès que les actions groupées seront possibles, l'enjeu sera différent : 10.000 ou 15.000 consommateurs pourront alors attaquer l'entreprise en même temps.
Hervé Novelli souhaite attendre la position du droit européen avant d'autoriser la "class action". Où est en l'Europe sur ce sujet?
La commissaire européenne en charge de la protection des consommateurs, Meglena Kuneva, devait présenter un projet il y a deux semaines devant un collège de commissaires. Le texte n'est cependant jamais arrivé. Elle préfère peut-être laisser ce dossier à la Commission à venir.
Pour plus de lisibilité, elle ne veut pas que les actions de groupe soient intégrées dans la proposition de directive sur les droits des consommateurs européens, dont je suis rapporteur.
Le texte est en effet déjà très compliqué: il veut unifier les 27 droits nationaux de la consommation. Etudié depuis un an, il devrait arriver devant le Parlement européen l'année prochaine mais reste difficile à mettre en œuvre. Nous voulions harmoniser par le haut et prendre les dispositions du pays le plus protecteur mais les entreprises sont très réticentes.




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Robert Rochefort, ancien directeur du CREDOC, député européen Modem et spécialiste des questions de consommation, réclame la mise en place d'une "class action" pour les consommateurs.
Guy Verhofstadt, président de l'Alliance des démocrates et de libéraux pour l'Europe au Parlement européen, a salué la nette victoire obtenue par les Libéraux lors des élections législatives. Il s'est félicité d'une augmentation de 50% du score du FDP depuis le dernier scrutin, avec 14.5% des voix, se donnant ainsi de bonnes chances de participer à la nouvelle coalition gouvernementale.
Graham Watson, président de l'ADLE, a déclaré : "A quelques jours de la présidence française, les chefs d'État et de gouvernement devraient se demander pourquoi on en est là. La Commission s'était donnée la peine d'un plan D comme dialogue avec les citoyens, les gouvernements des Vingt-Sept auraient été bien inspirés d'en faire autant. Parlement et Commission jouent leur rôle en expliquant l'UE, mais ce rôle aurait aussi du être quotidiennement assumé par chacun des gouvernements nationaux, et pas seulement dans les derniers jours d'une campagne référendaire"
Andrew DUFF (LibDem, Royaume-Uni), porte-parole de l'ADLE pour les Affaires constitutionnelles : "Cet après-midi le Parlement de Westminster achèvera la ratification du Traité de Lisbonne. Il sera encourageant de voir pour une fois la Grande-Bretagne dire oui à l'Europe. Cela restaurera l'autorité morale et la crédibilité politique du Royaume-Uni et aidera les Irlandais à chercher un nouveau consensus basé sur moins de Libertas et davantage de Veritas".
Marielle DE SARNEZ (MoDem, France) a déclaré : "Depuis le Traité de Rome, le monde a changé. Nous devons repenser, refonder le projet européen pour qu'il réponde aux grands défis du siècle: crise financières, crise alimentaire, crise de l'énergie. Comment créer une croissance qualitative, durable et juste ? Comment réduire les inégalités ? Comment parvenir à un nouvel équilibre du monde ? Voilà les questions auxquelles nous devons apporter des réponses, il est plus que temps que l'Europe se remette enfin à faire de la politique "
Marian HARKIN (Indépendante, Irlande) a souligné : "Il n'est possible de défendre la souveraineté irlandaise que si l'on reconnaît aussi la souveraineté des autres Etats membres. Le Traité de Lisbonne représente un vrai test pour le principe de l'unanimité et c'est bien là un défi pour les chefs d'Etat et de gouvernement! L'Irlande doit se voir reconnaître le droit de réfléchir sur son vote et répondre aux questions qu'il soulève. Quelque soient les solutions trouvées pour sortir de ce dilemme, l'Irlande devra demeurer au coeur de l'Europe".
Graham Watson, président de l'Alliance des Démocrates et des Libéraux au Parlement européen a condamné la décision de la commission électorale de Russie de refuser à M. Kassianov l'occasion d'affronter le Kremlin : "La décision des représentants des élections en Russie d'interdire le seul candidat présidentiel libéral - Mikhail Kassianov - à concourir n'est pas une surprise. Ce dernier épisode dans les annales de la démocratie russe prévoit sa mort lente et ne présage rien qui vaille pour les citoyens Russes lambda."
Annemie Neyts-Uyttebroeck (VLD, Belgique), porte-parole de l'ADLE pour les relations étrangères et présidente du parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs (ELDR) était également critique, après avoir organisé une conférence sur les relations UE-Russie à Bruxelles jeudi dernier, à laquelle a assisté M. Kassianov.
En préambule à ce débat, Anne LAPERROUZE (Mouvement Démocrate, France), présidente du groupe de travail sur l'énergie au sein du groupe ADLE et vice-présidente de la commission parlementaire de l'industrie et l'énergie compétente sur le fond pour ce dossier, a souligné la nécessité de faire des choix politiques et de préparer l'Europe à faire face aux priorités à court terme mais aussi à long terme concernant la sécurité énergétique.
Chris Davies (LibDem, Royaume-Uni), coordinateur de l'ADLE au sein de la commission parlementaire de l'Environnement, a souligné : "Personne n'a jamais dit que répondre au défi du réchauffement climatique serait facile mais nous devons appréhender ces mesures comme une opportunité et non comme une menace. Ce pas en avant vers une économie faible en carbone promouvra l'innovation et poussera à l'investissement et à la création d'emplois."
La porte parole de la commission temporaire sur le changement climatique Lena EK (Centerpartiet, Suède) a commenté :
Graham Watson MEP (RU, Lib Dem), leader du groupe des Démocrates et Libéraux Européens a commenté :
Jules Maaten (Pays Bas, VVD), a ajouté :
Jules Maaten invite la Commission européenne à être davantage proactive : "La liberté d'expression doit demeurer le fondement d'Internet. L'Europe devrait suivre l'exemple américain où les législateurs travaillent à une loi relative à la liberté globale sur Internet (Global Online Freedom Act). Nous exhortons la Commission européenne à suivre cet exemple et à présenter une version européenne de cette loi."
Henrik Lax a ajouté : "J'appelle de mes voeux l'établissement d'un Code de conduite européen pour les fournisseurs Internet dans l'UE. Nous devons être parfaitement clair sur ce que nous voulons. Le problème ne concerne pas principalement les compagnies de télécommunications, mais les régimes répressifs eux-mêmes. Reste que les conditions dans lesquelles se déroule le commerce des services de télécommunications dans de tels pays peuvent avoir une influence salutaire et que nous soutenons. Mais ce que nous ne pouvons tolérer, c'est que ces régimes tentent de nous intimider."
Anneli Jäätteenmäki (Suomen Keskusta, Finlande), membre de la commission parlementaire des droits de la femme, présidait cette audition au cours de laquelle elle a notamment déclaré : "Le faible taux d'emploi des femmes et le grand écart de salaire entre les sexes constituent une réalité honteuse pour l'Union européenne. Nous adoptions depuis maintenant 50 ans une série de directives relative à l'égalité entre les hommes et les femmes - conséquence tangible. Les Etats membres ne prennent pas leurs engagements suffisamment au sérieux et la question n'est pas soulevée au niveau de l'UE", a-t-elle ajouté.
Claire Gibault (UDF-Mouvement Démocrate, France), coordonnatrice de l'ALDE au sein de la commission des droits de la femme, a indiqué: "J'ai constaté pendant ma carrière de musicienne que la discrimination à l'encontre des femmes persistait dans cette profession et je sais que nous devons encore travailler très dur pour faire tomber ces tabous. La législation européenne sur l'égalité des sexes est un pilier central du modèle social européen ".
Jean-Marie CAVADA (UDF-Mouvement Démocrate, France) président de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures a observé:
Alexandre ALVARO (FDP, Allemagne), coordinateur ADLE pour la commission LIBE, a également mis en garde contre une approche rigide de la lutte contre le terrorisme :