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01/06/2007

Banlieues

« Le tissu de notre société est en train de se défaire. »
Les habitants des cités de banlieues souffrent, tout comme ceux des villages, de la démission de l’Etat. Face à l’échec des politiques menées depuis vingt-cinq ans, François Bayrou appelle à une reconstruction en profondeur.

«  Les banlieues, c’est l’immense échec français. Comment peut-on laisser se "durcir" des zones de non-droit et de désespérance ?

Alors que l’État est omniprésent là où tout va bien (dans le centre de Paris, quelle profusion d’uniformes et de gyrophares !), il a complètement disparu des endroits où cela va mal : dans les banlieues sensibles comme dans les zones rurales en difficulté.

Alors l'Etat semble y arriver de l'extérieur, en position d'intrusion ou de contrôle. Et il y intervient pour réprimer, la situation tourne à l'affrontement. Tout le monde a peur : en lisant les articles sur les agressions des Tarterêts, on a appris que les policiers avaient pour consigne de ne pas entrer dans la cité et de se contenter de patrouiller autour !

Il y a trois directions à suivre.

En tout premier lieu, inverser notre politique et réimplanter l'Etat au coeur de ces quartiers, pour y incarner la sécurité et le service public. Pas seulement la police de proximité, mais l'Etat de proximité. Pas seulement l'Etat répressif, aussi l'Etat qui protège et qui aide.

Je propose qu'il y ait désormais un sous-préfet qui représente l'État dans chacun de ces quartiers. Avec si possible des fonctionnaires habitant dans les quartiers. Et je suis prêt à les recruter parmi les hommes et les femmes des quartiers, et ils entreront ainsi dans la fonction publique.

Je propose que des conseils de quartier soient désormais élus ; ils se réuniront sous l'autorité du maire, en présence du sous-préfet.

Deuxièmement, en profondeur, un travail de mixité sociale. Cela passe par la destruction des barres d’habitation qui doivent l’être. Ainsi pourra-t-on mélanger les populations : faire se côtoyer des conditions moyennes, des réussites et des situations de crise. Il importera aussi de proposer d’autres localisations d’ensembles de logement : défaire et éviter les ghettos, y compris dans l’architecture et la géographie.

Enfin, c’est par l’école et la famille que tout passe. Un très grand nombre de familles se trouvent sans repères face à l’éducation de leurs enfants. Dans les cités, le collège est en première ligne. Il faut y ramener le calme : en sortir les jeunes qui déstabilisent leur classe ou leur établissement, en créant des structures scolaires de recours ; et introduire des parcours d’excellence, des classes de réussite, précisément dans ces quartiers dit sensibles. Proposer dans ces quartiers-là les mêmes options qu’ailleurs, et faire en sorte qu’y enseignent les meilleurs de nos maîtres.

Il faut prouver que la réussite est possible partout. »

Lien(s):
Discours de Bordeaux, 7 février 2007
Interview dans Paris-Normandie, le 26 octobre 2006
Interview dans Libération, 26 octobre 2006

Activité universelle

"Chacun peut être utile à la société"

Pour François Bayrou, l’inactivité est source d’exclusion. Donner aux titulaires de minima sociaux l’occasion de se rendre utiles à la société, c’est faire le premier pas vers la réinsertion.

"A tous ceux qui sont bénéficiaires de minima sociaux, je forme le voeu que l'on propose pas seulement un chèque mais une activité au service de l'intérêt général, dans une association, dans une collectivité locale - en dehors du secteur concurrentiel. Pour que chacun retrouve la certitude de son utilité, de sa compétence.

On sait bien, en effet, quel mécanisme exclut - et cela va très vite - ceux qui perdent le contact avec le travail, et perdent en même temps la reconnaissance de ce qu'ils sont. L'une des clés est de rendre l'estime de soi, la reconnaissance dans le regard de l'autre, à ceux qui sont dans l' exclusion. Même dans cette pauvreté, nous trouverons autant de richesses que chez ceux qui "réussissent".

L'activité universelle, c'est offrir à chacun de ceux qui sont bannis sa place dans la société que nous formons ensemble, c’est une idée de révolution civique. Je sais bien que c'est extrêmement ambitieux, mais c'est à la dimension d'un pays comme le nôtre.

Tout le monde possède une compétence, un savoir-faire. Des informaticiens diplômés sont cantonnés au RMI ! Les familles de RMIstes de mon village, je les connais depuis l'enfance. Ils savent faire plein de choses. Chacun peut surveiller la sortie d'une école, veiller à la sécurité des enfants. Tout le monde peut conduire, s'il a le permis de conduire, aider des personnes pour faire leurs courses. Chacun peut jouer un rôle dans les aéroports, dans les gares ; les personnes âgées sont souvent désorientées dans ces grands ensembles. Il y a mille et une tâches que l'on peut assumer dans la société pour retrouver le sentiment de sa compétence.

Cette activité permettra aussi aux titulaires de minima sociaux d'arrondir leurs fins de mois : les collectivités locales et associations auront les moyens de leur apporter une contrepartie, cumulable un certain temps avec le RMI."

 

Lien(s):
Discours de Clermont-Ferrand, 19 janvier 2007
Discours au colloque "Nouvelles solidarités contre l'exclusion", 7 octobre 2006.

00:15 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : activité, associations, civisme, emploi, exclusion | | |  Facebook |