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26/09/2007

L'immigration peut enrichir et revivifier l'Europe

Le Parlement européen a invité aujourd'hui la Commission européenne et le Conseil à concrétiser leurs promesses. Pour l'instant la Commission et le Conseil ont publié des rapports, avancé des propositions mais la véritable action et le financement ad hoc de Frontex font défaut.

59f1887c20f83c051169b2675505c9a6.jpgGraham WATSON (LibDem, Royaume-Uni) président de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, a interpellé la présidence portugaise : "Combien de personnes devront encore périr avant que les gouvernements ne s'aperçoivent qu'ils ne peuvent tout simplement pas relever le pont-levis de la forteresse Europe ?"

"La vérité est que n'avons pas d'alternative lorsque nous traitons avec les pays en voie de développement : soit nous acceptons leurs marchandises, soit nous acceptons leurs immigrants. Si nous ne voulons pas accueillir leurs travailleurs, alors il faut accepter qu'ils travaillent et produisent chez eux. J'invite la présidence portugaise à redoubler ses efforts afin de réduire les tarifs agricoles européens et faire en sorte que le cycle de Doha soit une réussite. Que la Commission établisse un ordre du jour généreux pour l'Afrique, en liant aide financière et ouverture des marché aux droits de l'homme et à l'Etat de droit et d'encourager des normes acceptables dans les pays d'origine."

"La migration ne va pas disparaître. Elle résulte d un cocktail fait de désespoir et d'espoir. Pourtant elle peut, si elle est correctement gérée, enrichir et revivifier l'Europe", a conclu Graham WATSON.

9400ea2d82f2a80b2d546ad700f6713a.jpgJeanine HENNIS-PLASSCHAERT (VVD, Pays-Bas), porte-parole de l'ADLE pour l'immigration et les questions de droit d'asile, a déclaré : "L'immigration est de par sa nature un problème frontalier et donc les Etats membres de l'Union européenne doivent agir ensemble. Une carte bleue européenne apportera de la clarté et serait un instrument de justice envers les gens qui veulent venir en Europe pour travailler. En termes économiques c'est une question d'offre et de demande."

"Frontex, l'agence de contrôle aux frontières de l'UE, a également besoin de ressources adéquates pour remplir sa mission. Les Etats membres doivent financer les projets qu'ils ont promis de financer", a-t-elle ajouté.

17ce6a66c451c01c4faaa1b6bad1d748.jpgJean-Marie CAVADA (UDF-Mouvement Démocrate, France), président de la commission parlementaire des Libertés civiles, s'est félicité que "l'on puisse enfin conjointement traiter l'immigration légale et illégale, les deux facettes d'une seule et même politique commune d'immigration, tant il est vrai qu'aucun pays ne peut à lui seul gérer les flux d'immigration". M. Cavada a réitéré son soutien aux dispositions du Traité modificatif en cours de négociation, assurant "qu'il est temps de mettre un terme au déséquilibre institutionnel actuel afin que l'immigration illégale devienne pleinement une politique commune et que l'immigration légale et l'intégration relèvent désormais de la majorité au Conseil et de la co-décision parlementaire".

05:05 Publié dans Stratégie économique et européenne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : europe, immigration | | |  Facebook |

12/09/2007

Le Parlement européen adopte des normes communes pour le retour des immigrés en séjour irrégulier.

La commission parlementaire des Libertés civiles, de la Justice et des Affaires intérieures a adopté le projet de rapport sur la directive relative aux normes et procédures communes applicables dans les États membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. La directive prévoit une procédure en deux étapes, menant à la cessation du séjour irrégulier. La priorité doit être accordée au retour volontaire. Si le retour volontaire d'un ressortissant d'un pays-tiers concerné échoue, les Etats membres recourront à un retour forcé au moyen d'un ordre de renvoi. La proposition prévoit une interdiction de réadmission valide dans l'ensemble du territoire européen  et prévoit la détention des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier si un risque d'évasion existe ou s'ils constituent une menace pour la sécurité publique. C'est la première fois que la procédure de co-décision est appliquée dans ce domaine.

d91ad049869c3fba8beca54a64d57faf.jpgJeanine Hennis-Plasschaert (VVD, Pays-Bas), porte-parole de l'ADLE pour l'immigration et le droit d'asile, a déclaré : "Une politique commune de retour est essentielle dans un système commun de demande d'asile et d'immigration afin de traiter le problème de l'immigration illégale. Dans la mesure où l'Union européenne bénéficie un marché intérieur sans frontières, il est nécessaire d'instaurer des règles européennes générales. L'immigration illégale est un problème transnational et exige donc une solution européenne."

"Aujourd'hui, les Etats membres appliquent des règles très diverses. La période maximum légale de rétention d'un clandestin varie de 32 heures à 12 mois. Quelques Etats membres n'ont aucune limite du tout. Le Parlement européen propose une règle générale de 3 mois, avec une période maximum de 18 mois, laissant ainsi  aux Etats membres le choix de périodes de rétention plus courtes s'ils le souhaitent."

Les normes communes de retour pour les immigrés en séjour irréguliers font partie du "programme de la Haye", adopté par le Conseil européen les 4 et 5 novembre 2004 à Bruxelles. Le Conseil a demandé à la Commission de formuler une proposition pour la définition de normes communes afin que les personnes concernées soient rapatriées d'une façon humaine et dans le respect intégral de leurs droits fondamentaux et de leur dignité.

Le rapport est accessible à l'adresse suivante .

03/06/2007

Développement

"Une nouvelle politique du développement, fondée sur un respect réciproque"

François Bayrou, en clôturant le 30 janvier le colloque "Co-développement et coopération partenariale", a défini la nouvelle conception politique qu'expriment ces termes : assurer ensemble l'équilibre de la planète, qui est à la fois l'équilibre des pays riches et celui des pays pauvres.

"Quand les riches imaginent que la misère est un problème pour les pauvres, ils ne comprennent pas ce qu'est désormais l'imbrication de l'humanité. Il y a un risque de non-assistance à humanité en danger.

La question de l'immigration ne peut se traiter que par le développement des pays dont la misère chasse ceux qui viennent chez nous. L'objectif, c'est que les femmes et les hommes de ces pays soient en situation de vivre et de travailler au pays. Dans le domaine agricole, si nous n'avons qu'une approche strictement économique, nous les arracherons à leur terre et les jetterons dans les bidonvilles. Conserver à la terre le plus grand nombre possible de paysans, cela impose une remise en cause du modèle des échanges agricoles.

Nous devons renoncer à des pratiques de déséquilibre comme le pillage des cerveaux - on va chercher des médecins pour pallier les carences qui sont les nôtres en France. Je mets en cause le concept "d'immigration choisie" défendu par Nicolas Sarkozy. Les meilleurs des pays africains, nous devons les encourager à porter le développement des pays africains. Les aider et non les trier.

La coopération décentralisée coûte moins cher et est infiniment plus efficace pour le développement du tissu social, que les circuits politiques : j'ai depuis longtemps l'impression que des fleuves de subventions se perdent dans les sables. Bâtir une centrale électrique, une université, c'est à l'échelle des nations, mais j'insiste pour qu'on aille vers le "micro", la coopération à la base qui prend en charge des problèmes concrets, dont on peut voir de ses yeux comment ils sont résolus.

Les migrants qui sont chez nous sont des partenaires de ce développement équilibré, en sont coresponsables. Ils sont les plus capables, et de loin, de nous expliquer les réalités des pays d'où ils viennent, et où ils ont bien raison de conserver des liens. Ces femmes et ces hommes sont en situation de construire un nouvel équilibre du monde.

Le commerce équitable, basé sur une coresponsabilité dans le développement, est une des réponses les plus riches, qu'on ait trouvées ces dernières années. Un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que des intérêts financiers à court terme. Quand nous intégrons ces autres valeurs, que l'on pourrait dire éthiques, nous servons le tissu social des pays pauvres, nous servons notre propre équilibre social, nous offrons à nos enfants un autre visage de nous-mêmes, nous devenons responsables en étant consommateurs.

Un problème de notre famille humaine est la question du climat, de l'énergie. Il faut que nous réfléchissions avec ces pays à la façon dont ils se développeront tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Cela veut dire le partage des connaissances, des techniques, de la recherche - notamment en matière d'énergie solaire.

Tous les hommes ont droit à la démocratie, pas seulement les habitants des pays riches. On doit soutenir, ne serait-ce que les écoutant, les forces qui défendent une vision démocratique dans les pays qui sont nos partenaires. Cela fera le développement de ces pays, et ce sera un plus pour nous : les réseaux, les yeux fermés, la Françafrique, ça ne correspond pas à notre idée du développement démocratique de la France. L’aide internationale au développement à laquelle participe la France doit être conditionnée au respect de l'état de droit."

Lien(s):
Discours de François Bayrou au colloque "Co-développement et coopération partenariale", 30 janvier 2007.
Discours de François Bayrou en clôture du colloque : "Relations internationales, défense : quelle place pour la France ?", 22 juin 2006.

01/06/2007

Afrique

« Garantir aux Africains qu'ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail »

Dans son discours de Lille du 14 décembre 2006, François Bayrou évoque l’Afrique comme l’un des quatre grands sujets de politique internationale qui devront exiger du courage de la part des gouvernants, avec le Proche et le Moyen-Orient, le climat et la biodiversité et, naturellement, l’idéal européen.

« L’Afrique devrait être notre tourment. Pas seulement le tourment des plus généreux. Mais aussi le tourment des moins généreux. Ceux que l’ immigration tracasse et tourmente, ceux qui voient sans cesse un risque de déstabilisation pour la Nation.

En matière d’immigration, je ne crois pas aux murailles. Evidemment il faut prendre toutes les décisions du contrôle et de la régulation, conduire toutes les politiques de surveillance nécessaires. Il faut les prendre davantage encore au niveau européen qu’au niveau national.

Mais depuis que le monde est monde, chaque fois que les plus pauvres campent aux portes des plus riches, chaque fois la même mécanique se met en route : les pauvres, à pied, à la nage, en payant des passeurs, en rampant s’il le faut, les pauvres s’en vont chez les riches pour y trouver la subsistance de leur pauvre vie.

Tant que vous aurez les vingt pays les plus pauvres de la planète maintenus dans leur dénuement, à quelques centaines de kilomètres des dix pays les plus riches de la planète, vous aurez des vagues migratoires.

Il n’y a qu’une politique juste et efficace de lutte contre l’immigration, que nous devrions imposer à la communauté internationale et à l’Europe : c’est de garantir aux Africains qu’ils peuvent vivre convenablement en Afrique, de leur travail, comme des hommes debout.

C’est pourquoi la politique qui a été conduite, déversant sur l’Afrique des produits agricoles à prix bradés, artificiellement effondrés par des subventions américaines et européennes qui, par ailleurs, tendent à mettre nos agriculteurs européens et américains en situation de dépendance, ces politiques – il faut les appeler par leur nom - sont criminelles. Vous arrachez les paysans à leur terre, ils perdent en quelques mois dans des bidonvilles leurs repères, et leur savoir faire, et leur dignité d’hommes ! Cette politique est à la fois criminelle et suicidaire.

Une politique sérieuse doit avoir un but : que les Africains se voient garantir qu’ils pourront eux-mêmes nourrir et équiper l’Afrique, avec aide et protection internationale, comme les Européens l’ont fait, après la Guerre, en recevant l’aide du plan Marshall et la protection du marché commun. »

Lien(s):
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006
Discours de Lille, 14 décembre 2006
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux", 11 février 2006