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27/12/2008

Retraites Madoff

madoff_web.jpgcharles-ponzi-tm.jpgL'affaire Bernard Madoff a remis sur l'avant scène le nom de Charles Ponzi, qui a bien injustement donné son nom aux escroqueries de type cavalerie financière dans les années 20, car les premières escroqueries de ce type connues remontent bien plus loin (on trouve des traces de fonds pyramidaux à Venise à la renaissance).

Le principe est simple : un gérant de fonds vous promet un rendement supérieur à la normale, et, ne pouvant obtenir effectivement un tel taux, il rémunère les épargnants avec l'argent des nouveaux entrants. Tant que les nouveaux sont toujours plus nombreux que les anciens, la pyramide tient debout. Seul problème, lorsque  les clients sont nombreux à vouloir retirer leurs billes, le système s'écroule. Une chaîne de Ponzi repose avant tout sur des promesses intenables.

Il est trop tôt pour chiffrer les pertes des investisseurs floués par Madoff, mais il est question de quinze à vingt milliards de dollars (pour un fonds censé en valoir 50), soit encore, en "nouvelles unités financières", un General Motors ou 0,66 Crédit Lyonnais. Pas une petite arnaque de rien du tout, donc.

Mais, "wait a minute", comme on dit dans les réunions de travail des multinationales du bouchonnois. Un système où on promet à ceux qui cotisent un retour sur cotisation intenable à terme, qui ne tient que par la grâce de l'expansion démographique, où l'argent des derniers arrivants sert à payer la promesse faite aux premiers, et dont les prestations ont été plusieurs fois revues à la bais(s)e, cela ne vous rappelle rien ?

Et oui : notre système de retraites. Voici ce que j'écrivais il y a quelques mois:

Imaginez une caisse d'épargne qui vous propose de rémunérer votre épargne à 8% sans risque (le double des emprunts d'état à 10 ans !), mais qui pour ce faire, se contente de rémunérer vos comptes avec les dépôts des nouveaux épargnants. Ce système, bien évidemment insoutenable dans le temps, a pour nom «cavalerie financière», «boule de neige» ou encore «arnaque de Ponzi». Il est viable tant que le nombre de nouveaux épargnants connaît une croissance forte. Il s'écroule et fait faillite lorsque le nombre d'entrants dans le système baisse et le nombre de sortants réclamant leurs intérêts augmente. La promesse de rémunération n'est qu'une fausse promesse. Un faux droit.

Notre système de retraite: une gigantesque arnaque de Ponzi !

De tels dispositifs sont interdits par le code civil depuis 1804, bien qu'à l'époque, Charles Ponzi ne leur ait pas encore légué son patronyme (l'arnaque qui le rendit célèbre fut montée en 1920). Pourtant, le système de retraite que nous venons de décrire fonctionne exactement comme une chaîne de Ponzi.

Ses instigateurs n'ont pas pu prévoir, en 1945, que l'espérance de vie croîtrait dans de telles proportions, et que les années 60-70 marqueraient l'essor de la contraception, marquant un changement décisif dans la structure démographique du pays. Mais dès la fin des années 70, des économistes ont alerté les pouvoirs publics sur les conséquences de ces changements, et les modifications qu'ils impliquaient.

Malheureusement, par manque total de courage politique, aucun pouvoir n'a voulu s'y attaquer, le comble de la démagogie étant atteint par François Mitterrand qui a, en parfaite connaissance de cause (l'homme était tout sauf bête...), abaissé l'âge de la retraite de 65 à 60 ans, dégradant brutalement le rapport actif/retraités, tellement essentiel pour le bon financement de la répartition...

Il est trop tôt pour chiffrer les pertes des salariés floués par nos retraites Madoff. Mais il est question, selon un obscur "Conseil d'orientation des Retraites",  d'un déficit de 24 Milliards d'euros en 2020 et de 70 Milliards de brozoufs en 2050 (à ce train, l'Euro ne vaudra plus un clou en 2050...). Soit encore, en nouvelles unités financières, 1 à 3 Madoff, bref, beaucoup beaucoup de pognon... Et nous ne sommes que la petite France.  Car la même arnaque est officiellement en usage dans de nombreux autres pays, à commencer par les USA, ou les déficits à terme du système de social security (la retraite) atteindraient plus de 120 madoffs.

Aux dernières nouvelles, aucun des politiciens qui ont créé, géré, renforcé et fait l'apologie de ce vaste schéma de Ponzi n'a été inquiété par la justice. Certains ont même des rues à leur nom. En France, tous les rapports et livres blancs écrits pour dénoncer cette arnaque ont valu à leurs auteurs disgrâce politique et malédiction syndicale. Des cohortes de politiciens, de syndicalistes, et de gogos abreuvés de propagande "ponziste" vouent un véritable culte au système, et malheur à qui voudrait le réformer dans ses principes.

Et oui, si Bernard Madoff avait été fonctionnaires du "service public", il serait une figure symbolique des acquis sociaux conquis de haute lutte par les travailleurs spoliés par le grand méchant capital. Peut-être aurait il une place, un square, ou une fontaine publique à son nom quelque part. On rebaptiserait un col des alpes le "Grand Saint Bernard Madoff".

La finance privée est complètement folle. Les finances publiques sont complètement Madoff !

[Objectif Liberté]

07/06/2007

Emplois francs

" Toute entreprise aura le droit de créer deux emplois nouveaux sans charges pendant cinq ans ".

Répondant le 3 février au site commentonfait.fr d'Alexandre Jardin, François Bayrou a fait "l'explication de texte" de la mesure d'urgence qu'il propose pour l'emploi.

"Je veux inciter à créer plusieurs centaines de milliers d’emplois dans les entreprises françaises en quelques mois, pour sortir notre pays de la dépression du chômage.

Toute entreprise : quel que soit son secteur d’activité, et quelle que soit sa taille. C’est évidemment très peu de chose pour une très grande entreprise, mais une aide déterminante pour une petite ou très petite entreprise. Or sur 2,7 millions d’entreprises en France, 1,5 million n’ont aucun salarié, 1 million ont entre 1 et 9 salariés.

Deux emplois nouveaux : on prendra le nombre d’emplois dans l’entreprise au 1 er juin et la mesure s’appliquera à deux emplois qui viendront en supplément de ce chiffre : si l’entreprise a 5 salariés au premier juin, la mesure s’appliquera au 6 e et 7 e emplois lorsqu’ils seront créés ; si elle en a 45, au 46 e et 47 e ; si elle n’en a aucun, au premier et deuxième.

Sans charges : sauf 10 % destinés à améliorer le financement des retraites, pendant cinq ans.

De quels emplois s’agit-il ? Tous les emplois sans exception, en CDI avec une période d’essai, avec un plafonnement pour éviter les abus (par exemple la mesure pourrait être plafonnée à 5000 €). Cela favorise évidemment les premiers emplois pour étudiants diplômés, et les emplois pour plus de cinquante ans, les uns et les autres étant souvent considérés comme coûtant trop cher à l’entreprise.

C'est une mesure compréhensible par tous, et on vérifiera en quelques mois, selon ses résultats, si oui ou non la question des charges pesant sur le travail est déterminante pour la création d’emplois. "

Lien(s):
Le site commentonfait.fr
Discours au colloque "Réussir ensemble la nouvelle économie", 8-9 novembre 2006

00:45 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : emploi, charges, entreprise, retraite | | |  Facebook |