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01/06/2007

Chasse

« Chasseurs et écologistes demandent identiquement la protection des espèces. Il faut sortir de la guerre de religion ! »

La question de la chasse illustre, pour François Bayrou, les dégâts des décisions opaques et des clivages artificiels. Il lui semble nécessaire de réconcilier chasseurs et écologistes pour une gestion scientifique et efficace des espèces.

« Sur la chasse, il me paraît simple de trouver la voie de l’apaisement, au travers d’une gestion efficace des espèces. Chasseurs et écologistes demandent identiquement la protection des espèces !

Il faut donc mettre en place un plan dans lequel des scientifiques indépendants auront pour charge d’analyser l’évolution des espèces. Dans le cas où l’espèce évolue positivement, on peut être large et ouvert en matière de chasse ; dans le cas où l’espèce évolue négativement, il faut être drastique. Et si l’accord est réalisé à l’avance sur les marges que l’on se donne, la question est réglée et ne demande plus le déchaînement de passions entre les deux groupes.

La fameuse directive européenne sur la chasse, pour la protection des oiseaux migrateurs, c’est la France qui l'avait souhaitée  - et ceux qui l’avaient demandée l’ont ensuite piétinée ! On peut regretter que les députés européens français aient été absents au moment de l’examen de cette directive : nous aurions aisément empêché qu’elle  ne heurte certaines traditions des régions françaises. Je n'ai aucun besoin que l’Europe s'occupe de la chasse dans la Somme ou dans les vallées pyrénéennes.

Dans les Pyrénées, nous avons en cinq ans considérablement amélioré la remontée de saumons dans les gaves, simplement par une gestion participative avec les pêcheurs professionnels.

Associer les acteurs, écologistes, bergers, agriculteurs, chasseurs … cela fonctionne,
on a pu mettre en place des plans de protection efficaces, tandis que les démarches venues du sommet ne fonctionnent jamais.

Je veux qu’on sorte enfin de la guerre de religion de la chasse, en prenant comme arbitres les espèces elles-mêmes, et comme guides des experts scientifiques reconnus dans les deux camps. »

Lien(s):
Discours d'Amiens, 2 décembre 2001

12:40 Publié dans Les propositions de François Bayrou | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chasse, pêche, biodiversité, rural, Pyrénées | | |  Facebook |

Agriculture

« Je veux que la politique agricole soit à nouveau fondée sur les prix. »

Une politique sans vision a conduit les agriculteurs dans le mur. Ce qui est en jeu aujourd’hui, c’est la définition d’une nouvelle politique agricole. Un modèle à inventer et faire partager, pour retrouver l’inspiration et la force de l’agriculture française et européenne.

«  Cessons d’asphyxier les agriculteurs ! Cessons de leur intenter en permanence de faux procès !

Chute du revenu, chute du nombre des exploitations, chute de l’image des agriculteurs dans l’opinion, chute de l’image de l’agriculture auprès des agriculteurs eux-mêmes, voilà la réalité.

Les agriculteurs se vivaient comme des indépendants, des entrepreneurs, et comme les meilleurs et les plus proches amis de la nature. Ils ont subi, en quelques années, une double dévalorisation : passer du statut d’indépendants au statut de dépendants, en raison de l’obligation dans laquelle ils ont été mis de dépendre des aides publiques ; passer du statut de meilleur défenseur de la nature au statut de pollueur de l’environnement. Cette double accusation est une double injustice.

Les "subventions" sont en réalité des compensations, destinées à offrir artificiellement aux consommateurs les prix de plus en plus bas pour les produits agricoles. D’autre part, les règles de l’agriculture raisonnée ont fait baisser considérablement, par exemple, l’utilisation d’engrais azotés et de produits phytosanitaires.

La voie d'avenir, c'est de défendre un grand marché d'agriculteurs avec des prix garantis aux paysans. Pour cela, il faut organiser les marchés en trouvant des débouchés, par exemple pour les céréales.

Une organisation de la production agricole mondiale et la régulation de l’offre sans chute de prix paraissent désormais possibles : grâce aux biocarburants, à l’utilisation de la biomasse, à l’agrochimie. Bientôt, on pourra produire de l’ énergie, renouvelable et peu polluante, à partir des productions végétales. Dans le même temps, à moyen terme, les besoins alimentaires de la population mondiale seront comblés.

Il faut que la France s'engage en Europe pour la défense d'un tissu agricole dense, pour que notre pays redevienne un pays à identité agricole.

Ainsi peut être traitée, pour notre pays, pour l’Europe et pour la planète, la triple exigence d’une politique agricole : la sécurité des approvisionnements en produits sains, une conduite protectrice de l’environnement et le maintien d’un tissu dense d’agriculteurs.

Sans attendre, des améliorations sensibles à notre politique agricole sont possibles : défense de la diversité (filières multiples : grandes et petites exploitations, fermes biologiques et traditionnelles) ; gestion des risques agricoles ; organisation des professions pour améliorer les conditions de marché et équilibrer la puissance des centrales d’achat ; harmonisation et simplification des labels ; simplifications administratives et réglementaires ; clarification de la rémunération des fonctions non-productives de l’agriculture (préservation de l’écosystème, paysages).

On peut, on doit aussi organiser un système mettant en « symétrie » le pollueur-payeur et le protecteur-indemnisé, renforcer la politique de soutien à la production de biocarburants, et fortement impulser les politiques de recherche française et européenne dans le domaine des biomatériaux, des biotechnologies, du génome. »

 

Lien(s):
Discours au colloque "Demain, l'agriculture et les territoires ruraux" 11 février 2006
À la foire agricole de Barcelonne-du-Gers, 10 février 2007